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Bright

  • Bright
    Dans un monde contemporain alternatif, humains, orcs, elfes et fées coexistent depuis le début des temps. Défiant les genres, Bright est un film d'action qui suit deux policiers issus de milieux différents, Ward et Jakoby. Confrontés aux ténèbres lors d'une patrouille nocturne de routine, ils voient leur avenir et leur monde se métamorphoser à jamais.

Critique de Mulder

  • “If you act like my enemy you become my enemy” - Bright

    Bright s’est imposé depuis sa très belle mise en avant au San Diego Comic Con comme l’un des films événements de l’année et surtout comme celui le plus attendu sur Netflix. En brassant différents genres de films, en passant du thriller au film fantastique, du film policier (buddy movies) au film socio-politique, le film tient ses promesses et peut prétendre facilement comme la production Netflix la plus aboutie et réussie. Pourtant, il faut bien reconnaitre qu’il y a certes une petite déception tant le tout manque cruellement de scènes dignes des meilleurs blockbusters du moment et semble plus proche du film indépendant que d’une grosse production hollywoodienne actuelle. Certes le casting permet de retrouver des comédiens que nous apprécions comme Will Smith (Daryl Ward), Joel Edgerton (Nick Jakoby), Lucy Fry (Tikka) et Noomi Rapace mais le scénario manque cruellement d’un climax et se contente de suivre lors d’une nuit la croisade à travers un Los Angeles futuriste d’un policier et son co-équipier un orc.

    En seulement sept films le réalisateur David Ayer a pu s’imposer comme l’un des réalisateurs les plus intéressants et surtout capable d’injecter à chacun de ses films un véritable style visuel. Aussi à l’aise pour décrire la noirceur de l’âme humaine que des thématiques importantes à ses yeux comme la lutte contre la corruption, le dépassement de soi ou le côté lugubre d’une ville tentaculaire transcendée par une action de nuit. Ainsi après Bad Times (Harsh Times) (2005), Au bout de la nuit (Street Kings) (2008), End of Watch (2012), Sabotage (2014), Fury (2014), Suicide Squad (2016) son nouveau film lui permet ainsi de continuer dans la veine de ces précédents. Une nouvelle fois ici l’action se passe majoritairement de nuit et met en avant la virée nocturne de ces deux policiers que tout semble opposer.

    Au scénario de ce film on retrouve Max Landis (fils du réalisateur John Landis) qui après avoir signé le scénario de Chronicle (2012), American Ultra (2015), Docteur Frankenstein trouve ici le moyen parfait de faire preuve de sa grande culture cinématographique en recyclant de manière ingénieuse de nombreux films. En découvrant ce film on pense certes aux précédents films du réalisateur David Ayer (notamment Bad times (2005)) mais aussi à de nombreux classiques du genre comme Robocop, Blade Runner, Willow, Le seigneur des anneaux et autres classiques du genre. En mixant aussi bien les contes que des thrillers fantastiques, Bright séduit par son ambiance proche de la fin du monde mais déçoit en même temps par son manque d’audace visuelle et surtout par l’absence d’un véritable climax et de scènes fortes telles que celles que l’on trouve régulièrement dans les blockbusters hollywoodiens. Avec un budget de 90 millions de dollars on aurait pu s’attendre à une déferlante de scènes spectaculaires, de courses poursuites dantesques et de scènes de combats comme celles que l’on trouve dans Bad Boys déjà avec Will Smith. On se retrouve ainsi ici comme bien souvent dans les productions Netflix avec des scènes dans des décors ou lieux immenses avec peu de personnes réellement présentes ou encore avec une succession de scènes intimistes suivies de scènes d’action de manière régulière. En cela le film manque par moment de rythme et surtout d’un scénario suffisamment original pour nous convaincre totalement.

    Dès la première scène sous forme de flashback mettant en avant une arrestation se déroulant mal et laissant presque pour mort le personnage joué par Will Smith à une scène se déroulant dans sa maison dans laquelle vit également sa femme et leur enfant. On découvre ainsi que dans ce monde alternatif, la terre se partage entre des humains, des orcs , des elfes et des fées dangereuses et ressemblant à des orcs miniatures ailés (on ne voit qu’une fée dans le film et uniquement dans une scène au début). On aurait aimé un meilleur traitement et surtout une véritable introduction expliquant pour quelles raisons notre univers se partage entre différentes espèces. Les orcs apparaissent ici comme des clans de gangsters sévissant dans les quartiers difficiles de Los Angeles.

    Bright sans être réellement l’événement Netflix qu’il aurait dû être et malgré une campagne publicitaire omniprésente n’arrive pas totalement à nous convaincre mais se laisse regarder et apprécier comme un honnête vod luxueux qui aurait amplement mérité un meilleur scénario et surtout une fin nettement plus marquante. Enfin on retiendra aussi l’excellente musique du film composé de morceaux de Logic & Rag'n'Bone Man, Bastille, Machine Gun Kelly, X Ambassadors & Bebe Rexha, Camila Cabello & Grey, Dolla $ign & Future, Migos & Marshmello, Meek Mill, YG & Snoop Dogg, Steve Aoki & Lil Uzi Vert, A$AP Rocky & Tom Morello, Portugal. The Man, alt-J, DRAM & Neil Young et Sam Hunt.

    Vu le 21 décembre sur notre page screeners Netflix

  • 3.5