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Garde alternee

  • Garde alternee
    Sandrine, mariée depuis quinze ans, deux enfants, découvre que son mari Jean a une relation extraconjugale. Passé le choc, elle décide de rencontrer sa rivale, Virginie, et lui propose un étrange marché : prendre Jean en garde alternée. Les deux femmes se mettent d'accord et imposent à leur homme ce nouveau mode de vie. 

Critique de Mulder

  • Garde alternée est le cinquième film écrit et réalisé par Alexandra Leclère après Le Grand Partage (2015), Maman (2011), Le Prix à payer (2007) Les soeurs fâchées (2004). Comme dans ses films précédents inspirés ou non de ses expériences personnelles, la réalisatrice s’interroge sur notre société moderne dans laquelle de nombreux couples sont confrontés à des infidélités conjugales. Alors que dans la plupart du temps cela débouche sur un divorce voire sur de nombreuses thérapies de couples, Garde alternée soumet l’idée plutôt originale que le mari qui a une relation extraconjugale soit partagé une semaine sur deux et à la demande de son épouse entre celle-ci et sa maitresse. Sandrine, la femme de Jean voit en cette proposition le moyen de retrouver son mari en lui montrant son ouverture d’esprit et surtout de recréer une véritable relation amoureuse entre eux deux. Cette idée intéressante et parfaitement illustrée débouche sur une comédie dramatique montrant à quel point la vengeance d’une femme peut être aussi originale que lente et violente.

    Ce trio romantique se trouve ici parfaitement amené car repose sur trois comédiens que nous apprécions Didier Bourdon (Jean), Valérie Bonneton (Sandrine) et surtout l’irrésistible Isabelle Carré (Virginie). Dans les seconds rôles on retrouve Hélène Vincent (Mère de Sandrine), Laurent Stocker (Michel), Michel Vuillermoz (Félix), Jackie Berroyer (Père de Sandrine). Loin d’être une comédie de boulevard avec des dialogues inconsistants et des scènes à l’humour plutôt mal amené, Garde alternée trouve la juste tonalité et surtout nous permet de découvrir l’une de nos comédiennes françaises préférées Isabelle Carré dans des scènes irrésistibles et surtout le temps d’une danse suave faisant éclater son charme irrésistible.

    Filmer par un homme, cette comédie sur l’adultère n’aurait pas eu la même consistance ni la même subtilité pour traiter cette garde partagée d’un homme devenu malgré lui un simple moyen d’échange entre deux femmes souhaitant le garder pour elle toute seule. On ne peut que compatir au personnage de Jean qui se retrouve manipulé malgré lui et aussi pris au piège telle une victime entre ses deux femmes. Entre la pâté pour chien que lui fait manger sa femme et le harcèlement sexuel de sa maitresse, Jean finit par sombrer et aller jusqu’à perdre sa motricité. D’une comédie grand public, le film se transforme peu à peu en descente aux enfers d’un homme adultère pris à son propre piège.

    Certes la dernière partie du film aurait gagné à être différente et surtout à ne pas aboutir sur un cadre paradisiaque d’un homme handicapé et devenu un simple instrument entre les mains de deux femmes qui tiennent là leur vengeance personnelle. En s’unissant ces deux femmes se trouvent différents points communs et finissent pas s’apprécier, Jean quant à lui ayant définitivement perdu son indépendance.

    Vu le 15 décembre 2017 au Pathé Beaugrenelle, Salle 1, place B9

  • 3.5