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Le crime de l'Orient Express

  • Le crime de l'Orient Express
    Le luxe et le calme d’un voyage en Orient Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau. D’après le célèbre roman d’Agatha Christie.

Critique de Mulder

  • Le roman d’Agatha Christie Le crime de l’Orient Express après une première adaptation mémorable par Sydney Lumet en 1974 se voit de nouveau adapté sur grand écran par le réalisateur et comédien Kenneth Branagh. Celui-ci livre ici un thriller parfaitement maitrisé à défaut de faire preuve d’une véritable originalité et d’une recherche esthétique pour narrer cette histoire connue par tous. Le scénario de Michael Green (Logan (2017), Blade Runner 2049 (2017)) réussit à redonner toute la force du roman et surtout d’y apporter certaines idées originales comme cette introduction en Syrie permettant de mettre en avant le flegme légendaire du détective belge et son sens aiguisé d’analyse. Incarné par Kenneth Branagh ce personnage retrouve ici toute sa force et réussit à capter toute notre attention durant pratiquement deux heures.

    Alors que les grands studios Hollywoodiens sont dans une spirale inflationniste mettant en exergue les effets spéciaux à outrance au lieu de s’attacher à proposer une véritable intrigue et des personnages attachants, Le crime de l’Orient Express retrouve le charme suranné de ces grands films d’aventure des années 80 dans lesquels les espaces naturels, le scénario et des comédiens parfaitement investis occupaient une place prépondérante. Même si le dénouement est connu, le scénariste trouve la bonne approche pour proposer une véritable galerie de personnages dans lesquels on retrouve Kenneth Branagh (Hercule Poirot), Johnny Depp (Edward Ratchett), Michelle Pfeiffer (Caroline Hubbard), Josh Gad (Hector MacQueen), Derek Jacobi (Edward Masterman), Penélope Cruz (Pilar Estravados),Willem Dafoe (Gerhard Hardman) et Daisy Ridley (Mary Debenham).

    Après de nombreuses adaptations de William Shakespeare et des thrillers marquant en passant par l’adaptation très réussie d’un super-héros de la maison des idées (Marvel Thor (2010)), Kenneth Brannagh trouve ici manière à proposer une mise en scène très inspirée et surtout permettant de proposer le plus long plan Steadicam jamais réalisé en 65mm. Cette prouesse technique montre le plaisir que prend ce réalisateur et comédien à donner vie à une intrigue passionnante faite de faux semblants et de rebondissements en tout genre. En s’octroyant le rôle principal, Kenneth Brannagh montre qu’il n’est pas seulement un réalisateur inspiré mais aussi un véritable comédien capable de donner vie à une multitude de personnages.

    Le scénario plutôt astucieux permet à Kenneth Branagh de rendre hommage au théatre dont il est l’un des plus fidèles défenseurs mais aussi d’aborder l’âme humaine en distinguant la frontière souvent mince entre le bien et le mal. On sent aisément que l’intrigue aux yeux du réalisateur est secondaire et que l’important élément est bien cette galerie de personnages et les liens les unissant. La réflexion sur le deuil occupe également une place importante dans le récit et on saisit au passage la volonté du studio américain 20th Century Fox de proposer d’autres aventures de ce détective si le succès est au rendez vous. Ce n’est donc pas un hasard fortuit si à la fin du film est évoqué l’Egypte et son Nil.

    Le crime de l’Orient Express montre bien l’importance d’avoir des fondations solides pour proposer un cinéma certes commercial mais surtout créé avec soin et un véritable respect de l’œuvre d’un grand écrivain. Malgré le fait que ce film soit aussi classique et académique par sa force, on se laisse aisément immerger dans cette histoire. On en ressort donc heureux d’avoir passé un bon moment de cinéma même si l’originalité fait cruellement défaut et que le film semble n’ être qu’un vecteur propice à redonner à la 20th Century Fox une aura entachée par une multitude de suites ou de projets manquant cruellement d’âme comme Assassin’s Creed

    Vu le 13 décembre 2017 au Gaumont Disney Village, Salle 4, en VF
    Note 3.5/5

  • 3.5