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Santa & Cie

  • Santa & Cie
    Rien ne va plus à l'approche du réveillon : les 92 000 lutins chargés de fabriquer les cadeaux des enfants tombent tous malades en même temps ! C'est un coup dur pour Santa (Claus), plus connu sous le nom de Père Noël... il n'a pas le choix : il doit se rendre d'urgence sur Terre avec ses rennes pour chercher un remède. À son arrivée, il devra trouver des alliés pour l'aider à sauver la magie de Noël.

Critique de Mulder

  • A l’esprit de Noël

    De nombreux films américains ont mis en avant le personnage du père Noël avec plus ou moins de succès. Que cela soit les comédies américaines Santa Claus (1985) de Jeannot Swarc, Super Noël (1994) de John Pasquin, Hyper Noel (2002) et Super Noel 3 : méga givré de Michael Lembeck, Elf (2003) de Jon Favreau, Frère Noel (2007) de David Dobkin, Mission: Noël - Les Aventures de la famille Noël (2011) de Sara smith. On pourrait aussi retenir le très réussi Le père noel est une ordure (1982) de Jean-Marie Poiré et Père Noel Origines (2010) de Jalmari Helander. Alain Chabat pour son cinquième long métrage après Didier (1997), Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002), RRRrrrr!!! (2004) et Sur la piste du Marsupilami (2012), revient aux sources mêmes du personnage et nous livre une comédie fantastique à l’américaine très rythmée, aux effets spéciaux réussis et surtout reposant sur un excellent casting. On comprend aisément la volonté du scénariste et réalisateur Alain Chabat de bâtir la comédie de Noël parfaite et reposant sur le contraste entre le personnage principal Santa Claus vivant avec sa compagne Wanda et ses 92 000 lutins et les parisiens…

    Ainsi après que l’intégralité des lutins tombe malades d’un seul coup à cause d’un virus, Santa Claus (le père Noel) n’a d’autre choix que de se rendre sur terre afin de trouver de la vitamine C en énorme quantité et permettre à sa tournée de se dérouler normalement. Dès les premières images et une descente spectaculaire en surf, le film nous présente donc Santa Klaus en véritable chef d’entreprise, sa compagne et les nombreux lutins, de véritables clones. Alors que Sur la piste du Marsupilami (2012) manquait par moment cruellement de rythme et à s’imposer comme une excellente comédie inspirée, Santa & Cie retrouve toute la magie des films de Noëls et surtout à proposer une comédie digne de celles mettant en scène ce fameux personnage et son anachronisme avec les humains. Entre un duo de policiers aux dialogues irrésistibles, la famille campée par un avocat d’office (Thomas), son épouse et leurs deux enfants, le film réussit à donner suffisamment d’épaisseur à chacun des personnages.

    On appréciera notamment aussi la volonté du scénariste de proposer un Père Noël habillé en vert et non en rouge comme celui revisité dès les années 30 par Coca Cola et mettant le rouge (la couleur de cette marque) comme couleur vestimentaire. De la même manière et à contrario de nombreuses productions françaises, Santa & Cie réussit à trouver le juste équilibre entre le film fantastique et la comédie. Ce n’est donc pas un hasard fortuit de retrouver au casting les comédiens David Marasis et Grégoire Ludig du Palmashow, dignes héritiers de l’humour décalé des Nuls dont faisait partie Alain Chabat. On appréciera aussi la volonté du réalisateur de ne pas tomber dans une comédie débilisante comme c’est souvent le cas avec les comédies reposant sur le monde enchanté du Père Noël. De la même manière, l’idée d’inventer un langage pour les rennes fonctionne parfaitement et apporte aux films certaines de ses meilleures scènes.

    Loin de faire du Père Noël un être parfait, le film brocarde aussi bien son comportement en société en montrant que malgré son poste important d’être à l’écoute des enfants et de leur livrer les jouets qu’ils ont demandés, celui-ci les connait assez mal en final vu que selon la légende il travaille la nuit du 24 décembre pendant que les enfants du monde entier dorment calmement. Entre une scène au parc amenant l’un des meilleurs gags du film, Santa & Cie nous charme par son univers magique, ce père Noël pouvant apparaitre et disparaitre à sa convenance, ses lutins se donnant à fond de manière bénévole pour créer les plus beaux jouets demandés par ses multitudes de listes qu’il gère.

    Santa & Cie s’impose ainsi comme le film d’Alain Chabat le plus réussi à ce jour. On appréciera aussi le grand soin apporté au casting dans lequel on retrouve la trop rare et magnifique Audrey Tautou dans une second rôle important mais aussi dans les rôles principaux Alain Chabat, Golshifteh Farahani et Pio Marmai et dans des rôles secondaires la propre fille du réalisateur Louise Chabat (Lutine), Jean-Pierre Bacri (clin d’œil à l’un de ses films Didier ?) et Bruno Sanches. Santa & Cie apparait donc le film parfait pour célébrer Noël en famille et vous envoutera par son excellente ambiance, ses nombreux dialogues qui font mouche et surtout on retrouve enfin un comédien, réalisateur et scénariste en pleine forme et on ne peut donc que conseiller ce film, l’un de nos préférés de cette fin d’année 2017…

    Vu le 3 décembre 2017 au Gaumont Opéra Capucines, Salle 3 place B6

     

  • 5