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La Villa

  • La Villa
    Dans une calanque près de Marseille, au creux de l’hiver, Angèle, Joseph et Armand, se rassemblent autour de leur père vieillissant. C’est le moment pour eux de mesurer ce qu’ils ont conservé de l’idéal qu’il leur a transmis, du monde de fraternité qu’il avait bâti dans ce lieu magique, autour d’un restaurant ouvrier dont Armand, le fils ainé, continue de s’occuper. Lorsque de nouveaux arrivants venus de la mer vont bouleverser leurs réflexions…

Critique de Mulder

  • Le nouveau film du coscénariste et réalisateur Robert Guédiguian s’impose dès sa découverte comme un cinéma d’auteur à la mise en scène douce et amère. Pour son vingtième film, il est difficile de ne pas voir en celui-ci une manière de rendre hommage non seulement à la ville de Marseille (comme l’une des scènes en pleine mer le montre si bien) mais surtout à la volupté du théâtre qui permet autant d’inspirer l’esprit que marquer son temps. Ce n’est pas un hasard non plus de retrouver dans la modeste demeure du personnage Benjamin de nombreuses affiches représentant les moments forts de la carrière du personnage d’Angele.

    L’intrigue de ce huis clos est plutôt simpliste en soi et permet de réunir deux frères et une sœur autour de leur père vieillissant et mourant. Lorsque Angèle, Joseph et Armand se réunissent non seulement ils se rappellent leur passé et coups de gueule mais surtout témoignent de leur passé douloureux à chercher leur place dans la société. Comme dans ses films précédents, le réalisateur capte à merveille les petits bonheurs de la vie, une fraternité retrouvée et un bonheur accessible. Loin de ce cinéma commercial qui habite en permanence nos salles obscures, La Villa trouve son propre équilibre et parle tout simplement de la vie, de notre société actuelle et surtout aborde des thématiques importantes comme la mort, les réfugiés et la générosité du cœur sous toutes ses formes.

    Une nouvelle fois le réalisateur donne un très beau rôle à sa muse et compagne Ariane Ascaride (Angèle) et s’entoure d’excellents comédiens comme Jean-Pierre Darroussin (Joseph), Gérard Meylan (Armand), Jacques Boudet (Martin) et surtout la ravissante et trop rare Anaïs Demoustier (Bérangère). Le réalisateur continue donc à travers son vingtième film à nous livrer un film au ton authentique dans lequel tout sonne juste et est aussi beau qu’émouvant. Jamais un film n’aura été aussi émouvant et n’aurai pu aborder le deuil avec une véritable noblesse d’âme. Aussi triste que beau, ce film résonne comme la vie avec ses moments de bonheur éphémère et la tendresse débordante d’un regard, une geste, d’un simple mot.

    Loin d’être uniquement un film sur le temps qui passe, sur le ressac de ces moments forts et tristes, c’est un véritable message humanitaire à l’intensité rare qui s’échappe des scènes fortes. On en ressort aussi triste et heureux mais reconnaissant d’avoir pu enfin redécouvrir un réalisateur que nous apprécions qui a su garder intact son univers de film en film.

    Vu le 27 novembre 2017 au Club 13

     

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