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Epouse moi mon pote

  • Epouse moi mon pote
    Yassine, jeune étudiant marocain vient à Paris faire ses études d’architecture avec un visa étudiant. Suite à un événement malencontreux, il rate son examen, perd son visa et se retrouve en France en situation irrégulière. Pour y remédier, il se marie avec son meilleur ami. Alors qu’il pense que tout est réglé, un inspecteur tenace se met sur leur dos pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un mariage blanc…

Critique de Mulder

  • Epouse-moi mon pote marque les débuts à la réalisation de Tarek Boudali fidèle acolyte de Philippe Lacheau qu’il retrouve ici également comme partenaire. Ainsi après le cultissime Babysitting (2014), Babysitting 2 (2015) et Alibi.com (2017) réalisés par Philippe Lacheau, c’est à son tour de livrer sa première création et surtout d’aborder des thématiques qui lui tiennent à cœur : l’intégration, l’amitié et le mariage pour tous. Egalement scénariste de son film, Tarek Boudali s’octroie ainsi le rôle principal d’un jeune étudiant marocain parti faire ses études à Paris mais qui suite à une sortie trop arrosée rate son examen et ainsi son visa. Se retrouvant en situation irrégulière, il devra trouver une idée pour pouvoir rester en France et c’est ainsi qu’il décide de se marier avec son meilleur ami alors que ce dernier est déjà en couple avec Lisa (Charlotte Garis vue dans Babysitting 1 et 2). S’ensuit alors une série de péripéties dans lesquelles son personnage rencontrera de nouveau son ex Claire (Andy Rowki), un voisin aveugle (Julien Arruti, fidèle de la bande à Fifi) mais aussi un policier prêt à tout pour démasquer leur supercherie (Philippe Dusquesne (déjà vu dans Babysittig et Alibi.com).

    Certes la finesse ne caractérise pas la qualité première de ce premier film. Certes de nombreux défauts apparents sont clairement visibles notamment en ce qui concerne l’éclairage de certaines scènes. Pourtant, le résultat obtenu nous a conquis car révèle une véritable liberté de ton. Rarement dans les premiers films les réalisateurs ont leur mot à dire et doivent respecter à la lettre un cahier des charges. Heureusement pour Tarek Boudali, le fait d’être dans l’ombre de son fidèle compère Philippe Lacheau lui a permis de bénéficier d’une réelle liberté. A l’image de la scène du pont devant permettre à Yassine (Tarek Boudali) d’apparaitre comme un sauveur d’une personne souhaitant se suicider (Fred, Philippe Lacheau) et qui se déroulant mal fera de celui-ci un héros involontaire d’une vidéo sur youtube.

    La véritable découverte du film est la jeune comédienne Nadège Dabrowski (plus connue sous son nom de youtubeuse Andy). Dès les premières scènes du film où elle représente une jeune étudiante obèse au surnom révélateur d’hippopotame à son total relooking en jeune cadre dynamique au physique parfait, elle illumine chacune des scènes de ce film par une véritable présence. De la même manière ses nombreuses scènes avec Tarek Boudali fonctionnent parfaitement et apportent au film une bonne dose de comédie romantique. Alors que la plupart des youtubers actuels sont d’une débilité navrante et confonde narcissisme et professionnalisme, voir Andy interpréter si brillamment son rôle montre qu’elle mérite réellement de trouver sa place dans le monde du cinéma. On est donc loin de cette comédie irritante que fut Le Manoir montrant à quel point les youtubers les plus suivis actuellement sont de piètres comédiens et ne plaisent qu’à un jeune public.

    Cette comédie dans l’air du temps joue aisément avec les stéréotypes relatifs aux homosexuels pour mieux les dénoncer avec ferveur. Loin d’abuser des clichés homosexuels, le film se révèle être une comédie réussie menée de main de maitre. On attend donc avec impatience le second film de Tarek Boudali en espérant que celui-ci continuera dans sa lancée à nous faire rire avec autant de talent.

    Vu le 24 novembre 2017 au Gaumont Disney Village, Salle 6 place A19

  • 3.5