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Paddington 2

  • Paddington 2
    Installé dans sa nouvelle famille à Londres. Paddington est devenu un membre populaire de la communauté locale. A la recherche du cadeau parfait pour le 100e anniversaire de sa chère Tante Lucy, Paddington tombe sur un livre animé exceptionnel. Il se met à multiplier les petits boulots dans le but de pouvoir l’acheter. Mais quand le livre est soudain volé, Paddington et la famille Brown vont devoir se lancer à la recherche du voleur…

Critique de Mulder

  • Ce film s’impose dès sa découverte comme un véritable hymne à la famille, à l’entraide et surtout au dépassement de soi. Créé en 1958 par l’écrivain Michael Bond, ce petit ours qui tient son nom d’une des gares de Londres est rentré dans nos vies depuis de nombreuses années à travers différentes adaptations inspirées des nombreux livres qui relatent ses aventures (série britannique culte de 1975..). La première adaptation cinématographique déjà réalisée par Paul King avait trouvé la juste tonalité pour donner vie à cet ourson aussi maladroit qu’attachant.

    De son départ d’une grande forêt du Pérou où il laisse sa tante Lucy, à son intégration dans une famille londonienne, les Brown, sa première aventure au cinéma nous avait convaincus et permettait de voir que le cinéma européen pouvait aisément concurrencer l’hégémonie du cinéma américain en terme de film fantastique familial. Derrière des effets spéciaux tellement réussis que l’on oubliait que cet ourson n’était que des images de synthèse incrustées, on s’était pris d’affection pour Paddington et surtout pour ce scénario parfaitement ficelé qui créait une véritable immersion dans un Londres haut en couleur et aux personnages originaux. Derrière cette fable familiale, le premier film dressait avec un regard plutôt juste les travers de notre société actuelle, de l’intégration, des abus autoritaires et le manque de moralité de certains. Un tel succès public et critique se devait de voir se prolonger par une suite tout aussi réussie…

    Paddington 2 reprend donc pratiquement où se terminait le premier volet. Après un préambule d’une force émotionnelle rare liée au passé de Paddintgton, on retrouve le quartier de Windsor Gardens avec la famille Brown au complet, chacun de ses membres a vu sa vie un peu changé avec l’arrivée de Paddington comme le montrent les premières images du film. Cette fois-ci l’histoire tourne autour d’un livre animé que souhaitait offrir Paddington à sa tante Lucy pour ses 100 ans. Quand ce livre est volé, tout semble accuser Paddington qui se voit alors jeté en prison et devra compter sur sa famille d’accueil et sur son instinct pour trouver le coupable de cet acte criminel. Loin d’éviter la redite et une succession de scénettes, le réalisateur et co-scénariste épaulé par Simon Farbaby met en place une véritable comédie policière brocardant avec un humour survitaminé le métier de comédien. Le personnage de Phoenix Buchanan, ancien comédien adulé réduit à faire de la publicité pour de la nourriture pour chiens est une des nombreuses excellentes idées qui font de Paddington 2 la comédie familiale parfaite pour la période des fêtes de Noël. On appréciera tout autant la présence du comédien Brendan Gleeson dans un contre-rôle de prisonnier cuistot dans la prison dans laquelle Paddington va se retrouver.

    Les suites de films à succès ont souvent tendance à s’appuyer sur les meilleurs éléments du film auxquels ils font suite sans réellement chercher à en améliorer le contenu. Pourtant, Paddington 2 dépasse aisément le premier volet car il réussit à trouver un méchant nettement plus original et intéressant que celui interprété par Nicole Kidman dans le premier volet. De la même manière, en jouant sur différents registres, la comédie, le film de prison, la comédie musicale, le film carbure avec une telle énergie qu’il est incapable d’y résister. Non seulement Paddington 2 s’impose comme l’un des films les plus attachants et réussis de cette année mais réussit à enfin retrouver tout le charme des grands comédies fantastiques qui nous manquent réellement actuellement.

    Il serait injuste de qualifier ce film comme un simple divertissement pour un jeune public tant les différentes idées et pistes présentes dans ce film nous amène à une véritable réflexion sur notre société actuelle, sur nos actions et notre entourage. On apprécie de retrouver dans la version française la voix de Guillaume Gallienne qui apporte à Paddington une véritable émotion et une force certaine. On apprécie tout autant le plaisir pris par l’ensemble du casting pour donner à leur personnage des racines profondes et une même émotion. Paddington 2 s’impose donc comme un classique instantané, un film que l’on aimerait protéger et partager avec notre entourage pour montrer que le cinéma tient souvent de la magie pour arriver à un résultat aussi parfait.

    On ressort de ce film la larme à l’œil et heureux d’avoir passé un excellent moment de cinéma ce qui est plutôt rare actuellement. Alors que la plupart des blockbusters actuels nous laisse sur notre faim et semble n’ être que des modèles marketing afin de maximiser les produits dérivés à outrance, Alors que Justice league nous a complètement déçu et semble plus s’apparenter à un jeu vidéo qu’à un véritable film, Paddington 2 retrouve toute la magie du cinéma. La magie d’un cinéma familial non dénué de sens, pétri avec amour et attention, à l’image de cet ourson qui restera à jamais dans notre cœur de cinéphile passionné..

    Vu le 19 novembre 2017 à l’UGC Normandie, salle 01

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