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Happy End

Critique de Mulder

  • Michael Haneke reste l’un des réalisateurs les plus intéressants actuels. Loin de vouloir proposer des films grand public et répondant à une demande précise, il préfère de loin livrer un cinéma d’auteur captivant et souvent d’une efficacité et originalité indéniable. Depuis son premier film Le Septième Continent (1989) à celui-ci, ce réalisateur nous a livré des films d’une émotion rare comme Funy Games (1997), La pianiste (2001), Caché (2005), Le ruban blanc (2009) et surtout le magnifique Amour (2012). On attendait donc de découvrir avec impatience son nouveau film lui permettant notamment de retrouver des comédiens avec lesquels il a déjà collaboré. On retrouve donc ici dans les rôles principaux Isabelle Huppert et Jean-Louis Trintignant.

    Une nouvelle fois le réalisateur et scénariste, Michael Haneke nous livre une peinture d’une famille bourgeoise européenne dans laquelle les faux-semblants sont pléthores. Des premières scènes du film tournées avec un téléphone aux nombreuses scènes filmées de manière traditionnelle, il nous montre un film acide dans lequel la vie et la mort s’entrecroisent de manière harmonieuse. Jouant parfaitement avec les nerfs des spectateurs les films de Michael Haneke n’ont de cesse de livrer un panorama de notre société actuelle.

    Cette recherche permanente de la perfection, le cinéma de Michael Haneke en regorge quitte à laisser sur place certains spectateurs par le rythme lent de ses films et cette contemplation permanente de l’humanité et de ses nombreux travers. Alors que le personnage incarné par Jean-Louis Trintignant souhaite mourir dignement et que sa famille semble nettement plus intéressée par les finances de celui-ci, le réalisateur nous livre une peinture d’une société en quête permanente de profits. Le cinéma de Michael Haneke n’a de cesse d’être viscéral et à chercher constamment à être différent. On aimerait juste qu’il cesse de chercher constamment à nous montrer des peintures mortes et tente de temps en temps à nous proposer un cinéma plus commercial et plus accessible. Ainsi son génie ne resterait pas visible que par certains spectateurs mais par une masse plus importante.

    Vu le 27 mai 2017 au Gaumont Opéra Capucines, Salle 1, en VO

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