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Ghostland

  • Ghostland
    Suite au décès de sa tante, Pauline et ses deux filles héritent d’une maison. Mais dès la première nuit, des meurtriers pénètrent dans la demeure et Pauline doit se battre pour sauver ses filles. Un drame qui va traumatiser toute la famille mais surtout affecter différemment chacune des jeunes filles dont les personnalités vont diverger davantage à la suite de cette nuit cauchemardesque. Tandis que Beth devient une auteur renommée spécialisée dans la littérature horrifique, Vera s’enlise dans une paranoïa destructrice. Seize ans plus tard, la famille est à nouveau réunie dans la maison que Vera et Pauline n’ont jamais quittée. Des évènements étranges vont alors commencer à se produire…

Critique de Mulder

  • “La chose la plus miséricordieuse en ce bas monde est bien, je crois, l'incapacité de l'esprit humain à mettre en relation tout ce qu'il contient. » HP Lovecraft

    Ghostland témoigne d’un véritable attachement d’un scénariste et réalisateur au genre horrifique. Après les remarqués Martyrs (2008) et The Secret (2012) Pascal Laugier nous livre simplement l’un des meilleurs thrillers horrifiques que nous avons pu découvrir récemment. Jouant à la perfection sur les nerfs des spectateurs il nous livre simplement trois beaux portraits de femmes vivant un véritable cauchemar. On peut y voir non seulement un hymne à la liberté, au cinéma horrifique mais surtout à la création artistique.

    Il y a dans Ghostland derrière l’hommage rendu à l’un des plus grands écrivains de la littérature fantastique Howard Philips Lovecraft dès la première image du film, une volonté d’un réalisateur de retrouver l’essence pure du cinéma de genre, loin de ces excès sanguinolants à outrance, c’est la psychologie des personnages qui occupe ici une place importante. Alors que le cinéma horrifique a tendance à se répéter malencontreusement actuellement quitte à proposer des séries horrifiques avec plus ou moins de succès (Saw, Scream, Hellraiser), le scénariste et réalisateur Pascal Laugier est resté fidèle à lui-même et s’impose enfin ici comme l’un des maitres de l’horreur comme le furent Wes Craven, David Cronenberg, Tobe Hooper, John Carpenter. Il ne suffit donc pas de montrer un flot incessant de litres de sang coulé mais plutôt de proposer aux spectateurs une ambiance malsaine sans aucune échappatoire.

    En livrant un film de genre volontairement féminin et magnifié par trois comédiennes parfaites dans leur rôle Crystal Reed, Anastasia Philips et Mylène Farmer (avec laquelle le réalisateur avait déjà travaillé le temps d’un vidéoclip City of Love (2015)), le réalisateur et scénariste non seulement magnifie le genre et retrouve toute la noblesse d’un genre de cinéma qui sait jouer parfaitement avec nos peurs. Les différents niveaux de lecture du film (dont nous ne dirons rien pour ne pas gâcher votre plaisir) permettent de porter un regard d’une certaine manière novatrice sur le home invasion mais aussi d’échapper aux facilités des maisons hantées par des esprits malsains. Comme ce fut le cas pour Martyrs, Ghostland est aussi interdit au moins de 16 ans et se doit d’être vu par un public aimant autant les thrillers urbains que les films d’horreur bénéficiant d’un scénario aux multiples retranchements.

    Ghostland s’impose ainsi comme une véritable expérience cinématographique à découvrir dans les meilleures conditions possibles. On appréciera notamment l’excellente travail fait sur le son et la présence de Mylène Farmer parfaite dans un second rôle de mère meurtrie. Une fois de plus le réalisateur Pascal Laugier nous surprend et réussit à exploiter son genre de prédilection sans aucune redite. On pensera certes au film Misery en découvrant ce film mais surtout que le cinéma horrifique n’est pas un sous genre et qu’il mérite toute notre attention. Loin du cinéma hollywoodien purement mercantile, Ghostland est un véritable film événement à découvrir au cinéma et à partager entre amis en souvenir de ces grands films qui ont marqué à jamais notre mémoire de cinéphile averti. On a enfin de nouveau peur dans une salle de cinéma et que cela fait du bien…

    Vu le 19 février 2018 au Club Marbeuf

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