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Bienvenue à Suburbicon

  • Bienvenue à Suburbicon
    Suburbicon est une paisible petite ville résidentielle aux maisons abordables et aux pelouses impeccablement entretenues, l’endroit parfait pour une vie de famille. Durant l’été 1959, tous les résidents semblent vivre leur rêve américain dans cette parcelle de paradis. Pourtant, sous cette apparente tranquillité, entre les murs de ces pavillons, se cache une réalité tout autre faite de mensonge, de trahison, de duperie et de violence... Bienvenue à Suburbicon.

Critique de Mulder

  • De l’association des frères Coen et de George Clooney au scenario et à la réalisation on aurait pu s’attendre à un grand film mixant à la perfection le thriller et la satire sociale. On comprend aisément ce qui a pu motiver le comédien et réalisateur George Clooney à placer l’histoire de son film au fondement de l’Amérique actuelle. Durant cet été 1959 dans la petite ville résidentielle et accueillante de Suburbicon l’arrivée d’une famille afro-américaine va rompre totalement la tranquillité et provoquer le mécontentement du voisinage de voir arriver dans leur ville des personnes différentes.

    Les nombreuses preuves de racisme des habitants qui sont disséminées à travers le film cotoie un crime tout aussi abject d’un homme ayant assassiné sa femme et préférant vivre avec la sœur jumelle de celle-ci. On voit à travers ce film, une véritable position politique du co-scénariste et réalisateur et sûrement une volonté de rester dorénavant derrière la caméra et pourquoi pas tenter une véritable vie politique dans un pays gouverné par un Président incohérent, raciste et foncièrement malhonnête. En cela le nouveau film du réalisateur de Confessions d'un homme dangereux (Confessions of a Dangerous Mind) (2002), Good Night and Good Luck (2005), Jeux de dupes (Leatherheads) (2008), Les Marches du pouvoir (The Ides of March) (2011), Monuments Men (The Monuments Men) (2014) réussit à nous convaincre à défaut d’être exempt de défauts.

    Brillant comédien, George Clooney n’arrive toujours pas à nous convaincre en qualité de réalisateur ne serait-ce que par le fait de maintenir réellement un climat à son film voire à sortir du cadre. Certes l’idée d’action dans deux lieux différents peut sembler bonne à l’écrit. Pourtant, dans le cas présent entre les attaques subies par cette famille afro-américaine tandis que ce père de famille après avoir orchestré la mort de sa femme aidé par deux truands de pacotille, décide également de tuer un agent d’assurance trop suspicieux et s’attaquer enfin à tuer son propre fils cela a tendance à ralentir le rythme du film plutôt qu’à en accentuer la force.

    Certes on pense aisément à une manière de rendre hommage au grand réalisateur Alfred Hitchcock notamment par les jeux d’ombre lors d’une scène d’un homicide ou par le biais de tourner certaines scènes mais cela sous entend également un manque d’audace visuelle pour créer son propre univers. On ressort donc du film bienvenue à Suburbicon un peu déçu malgré un casting prometteur composé notamment de Matt Damon (Gardner), Julianne Moore (Margaret / Rose) et Oscar Isaac (Bud Cooper).

    Vu le 2 novembre 2017 au Club 13 , en VO

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