Logo
Accueil > Reviews > Blade runner 2049

Blade runner 2049

  • Blade runner 2049
    En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies...

Critique de Mulder

  • Le chef d’œuvre de Ridley Scott Blade Runner sorti aux Etats-Unis le 25 juin 1982 (en France le 15 septembre) s’était imposé dès sa découverte comme un pur chef d’œuvre, un film révolutionnaire qui allait hanter à jamais la mémoire de nombreux cinéphiles et jeunes réalisateurs. En s’inspirant librement du roman de Philip K. Dick Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? le film nous présentait un Los Angeles futuriste dans lequel un ancien policier, Rick Deckard (Harrison Ford), reprenait du service pour traquer des réplicants (des androïdes d’apparence humaine mais possédant des capacités surhumaines). La musique inoubliable de Vangelis ainsi qu’une ambiance illustrant le déclin de l’humanité donnaient au film des attributs de film culte par excellence. En placant la thématique du questionnement de l’humanité, en laissant des doutes sur l’existence du personnage principal, humain ou réplicant, Blade runner est devenu au fil des ans un film majeur de l’histoire du cinéma et allait imposer Ridley Scott comme l’un des plus grands réalisateurs. Sorti après Alien, le huitième passager (1979), ce film a non seulement révolutionné le cinéma de science-fiction mais aussi lui a donné ses lettres de noblesses. A ce jour, il existe sept versions du film en tenant compte des différents director’s cut, final cut, version longue…

    Pour donner une suite à un tel film, il fallait trouver suffisamment de matière pour non seulement convaincre le réalisateur Ridley Scott de revenir à l’un de ses meilleurs films mais surtout répondre à certaines questions laissées en suspens. On retrouve ainsi le même scénariste Hampton Fancher que celui du premier film (on notera que le premier film a également Michael Green comme scénariste), le réalisateur Ridley Scott comme co-producteur et surtout le comédien Harrison Ford reprend le rôle culte de son personnage trente-cinq après (comme il l’avait fait aussi récemment pour Han Solo dans Star Wars VII et Indiana Jones…). La réalisation de ce film ambitieux et brillant revient au réalisateur surdoué Denis Villeneuve (Prisoners (2013), Enemy (2013),Sicario (2015), Premier contact (2016)) et prochainement Dune..). On comprend aisément la démarche de ce réalisateur d’avoir l’agrément de Ridley Scott afin de ne pas trahir son film et prolonger ainsi trente ans plus tard l’univers mis en place dans le premier film.

    Cette fois-ci le personnage principal n’est plus Rick Deckard mais un jeune Blade Runner qui mène une enquête active qui va le mettre peu à peu sur la recherche de ce Blade runner disparu trente ans plus tôt. Le réalisateur non seulement respecte parfaitement les thématiques du premier film mais propose un film de science-fiction d’une intelligence rare mené sans aucun temps mort et proposant enfin un véritable blockbuster intellectualisé et amenant les spectateurs à s’interroger sur leur mémoire, leur passé et ce qui caractérise un être humain d’un androide. La recherche du passé mais aussi la natalité sont au cœur de ce récit d’une émotion rare. Impossible de ne pas s’attendrir sur la romance entre l(officier K du LAPD (Ryan Gosling) et la créature virtuelle Joi (parfaite Ana de Armas) ni sur les relations entre ces deux Blade runner représentant les vestiges de deux époques distinctes.

    Une nouvelle fois le réalisateur Denis Villeneuve se révèle être un véritable passionné de cinéma de science-fiction. Chaque plan de son film atteint une réussite visuelle indéniable et semble faire de véritables tableaux en perpétuel mouvement. Loin de ces blockbusters américains aussi décérébrés que jouissifs, Blade Runner 2049 montre qu’il est encore possible de perpétrer la grande tradition d’un cinéma de science-fiction intemporel et inoubliable et surtout amenant la réflexion sur la mémoire universelle, de notre place dans une société. Alors que de nombreuses scènes du film semblent montrer une planète courant à sa perte, vide de vie et abimée par l’homme, le film semble montrer qu’il y a toujours de l’espoir comme donner la vie mais cela nécessite souvent des sacrifices surhumains. Blade runner 2049 s’impose ainsi comme une véritable prouesse, surpassant l’original tout en gardant sa force notamment par l’utilisation de la musique de Hans Zimmer et Benjamin Wallfisch. Le film reste aussi un hommage vibrant aux films noirs des années 50 notamment en faisant de l’officier K un être torturé.

    Alors que le retour de Ridley Scott à l’univers Alien nous avait assez déçus car il semblait montrer des limites et ne réussissait pas à retrouver toute la fragilité et force du premier opus, le fait que celui-ci s’efface et transmet son univers à un autre réalisateur montre que ce moyen est plus judicieux et donne toute sa force et noblesse à une suite dépassant largement nos attentes. De la même manière que l’expérience pendant le San Diego Comic-con de Blade runner 2049 nous a laissé des souvenirs inoubliables, le film marque sans aucun doute une nouvelle génération de spectateurs.

    Vu le 02 octobre 2017 au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO

  • 5