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The Rider

  • The Rider
    Le jeune cowboy Brady, étoile montante du rodéo, apprend qu'après son tragique accident de cheval, les compétitions lui sont désormais interdites. De retour chez lui, Brady doit trouver une nouvelle raison de vivre, à présent qu'il ne peut plus s'adonner à l'équitation et la compétition qui donnaient tout son sens à sa vie. Dans ses efforts pour reprendre en main son destin, Brady se lance à la recherche d'une nouvelle identité et tente de définir ce qu'implique être un homme au coeur de l'Amérique. 

Critique de Mulder

  • A force de découvrir plusieurs films chaque semaine depuis plus de vingt ans ma passion pour le cinéma dès ma naissance est devenue à mes yeux comme une partie intégrante de moi. En grandissant avec une autre passion pour le cinéma américain et après plus d’une vingtaine d’aller-retour entre mon pays de cœur et celui d’adoption mon média reste certes pour certains un simple blog anecdotique (la connotation me semble par moment injurieuse à la vue de manquement rédactionnel de certains, presse web serait nettement plus juste). Dans le cadre du festival du cinéma américain de Deauville que notre média couvre depuis dix ans, nous avons eu la chance de découvrir le second film de la jeune scénariste et réalisatrice Chloé Zhao (Les chansons que mes frères m’ont apprises (2015)) The Rider qui sortira enfin au cinéma le 28 mars 2018 (un grand merci au distributeur Les films du Losange pour permettre au plus grand nombre de découvre cette hymne à la véritable Amérique).

    The Rider nous parle donc de cette Amérique éloignée des grandes villes, de ces derniers véritables cow-boys qui ont su garder un véritable équilibre avec leur milieu naturel et qui tentent de gagner leur vie dans de multiples compétitions de rodéos (événements typiquement américains et très prisés dans certains Etats d’Amérique). Brady est l’un de ces cow-boys mais lorsqu’un brutal accident survient il se voit contraint d’abandonner ce qui est partie intégrale de sa vie, de son équilibre et de tenter une autre vie. The rider réussit à trouver le juste équilibre entre le documentaire et le drame social. Il nous touche par sa sincérité et surtout montre des comédiens non professionnels. A l’image du dernier film de Clint Eastwood 15h17 pour Paris les principaux personnages sont interprétés par eux-mêmes (le seul changement notable est le nom de famille Jandreau devant à l’écran Backburn). Cette amalgame entre réalité et récit imagée renforce le film et lui donne autant des airs de documentaires passionnants sur ces héros américains abîmés par des rodéos sauvages.

    La jeune réalisatrice nous livre un drame social profond dans lequel la jeunesse américaine est sacrifiée et donnée viscéralement au divertissement de masse. Les scènes entre Brady accidenté et son ami Lane handicapé à vie sont celles qui nous a les plus touchées et inspirées un véritable sentiment d’humilité. En s’approchant aussi près de la vie de ces cow-boys le film nous parle de la véritable Amérique celle de ceux encore en paix avec la nature loin de cette industrialisation de masse à double tranchant. Loin des moyens de technologie actuelle, il y a dans la famille Jandreau / Blackburn une véritable osmose et un sentiment d’appartenir à la même famille avec ses blessures et cette envie admirable de vivre sa passion malgré des moyens financiers réduits.

    Rarement sont également les films abordant le lien entre les hommes et les chevaux et The Rider réussit à montrer l’importance de ces animaux pour ces cow-boys. Une des scènes les plus éprouvantes du film est celle dans laquelle le cheval de Brady est gravement blessé et celui-ci se voit obligé de le tuer. En faisant le rapprochement avec lui-même ce héros moderne s’interroge sur le fait que tuer sa moitié, son meilleur ami alors qu’il a les mêmes blessures est une pure injustice. Brady meurtri devra continuer à porter son fardeau alors que son cheval mort restera dans sa mémoire à jamais. Cette scène est une des raisons pour laquelle ce film doit être vu et apprécié à sa juste valeur.

    Le cinéma américain indépendant trouve avec The Rider l’un de ses plus beaux étendards. On comprend donc aisément que celui-ci ait reçu le grand prix du festival du cinéma américain de Deauville et nous ne pouvons que vous encourager à le découvrir en mars prochain. Un tel film doit être vu, aimé et défendu. Dire que nous attendons avec impatience le prochain film de Chloe Zhao est une pure évidence.

    Vu le 4 septembre 2017 au Centre International de Deauville, en VO

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