Logo
Accueil > Reviews > Detroit

Detroit

  • Detroit
    Été 1967. Les États-Unis connaissent une vague d’émeutes sans précédent. La guerre du Vietnam, vécue comme une intervention néocoloniale, et la ségrégation raciale nourrissent la contestation. A Detroit, alors que le climat est insurrectionnel depuis deux jours, des coups de feu sont entendus en pleine nuit à proximité d’une base de la Garde nationale. Les forces de l’ordre encerclent l’Algiers Motel d’où semblent provenir les détonations. Bafouant toute procédure, les policiers soumettent une poignée de clients de l’hôtel à un interrogatoire sadique pour extorquer leurs aveux. Le bilan sera très lourd : trois hommes, non armés, seront abattus à bout portant, et plusieurs autres blessés…

Critique de Mulder

  • La réalisatrice Kathryn Bigelow ne cesse de nous surprendre et loin de préférer proposer des films hollywoodiens préfère de loin proposer des films qui lui ressemblent et montrant en exergue les différents traumatismes d’une société américaine prise à la peur entre un Président américain qui semble prôner des valeurs guères recommandables mais aussi face aux différents traumatismes de différents soldats. Comme ses précédents films Démineurs (2009) et Zero Dark Thirty (2009), Détroit traite de faits réels tout en essayant de combler les zones d’ombre de cette nuit d’été 1967 dans laquelle plusieurs civils afro-américains ont été maltraités par les forces de l’ordre.

    Le film place également de manière très convaincante l’histoire dans le cadre des émeutes qui se sont déroulées à Détroit le 23 juillet 1967. Il s’agit là des plus importantes des Etats-Unis derrière celles de Los Angeles (1982).On décompte quarante morts et plus d’une quatre centaines de blessés. Une nouvelle fois la mise en scène de Kathryn Bigelow s’oriente vers une approche quasi documentaire. Tournée dans la ville de Détroit en utilisant des moyens sophistiqués, la mise en scène parfaitement maitrisée de cette réalisatrice fonctionne parfaitement.

    Cette plongée en pleine horreur urbaine s’impose par sa violence et surtout par le fait que le scénario ingénieux de Mark Boal fidèle collaborateur de cette réalisatrice (Démineurs (2008), Zero Dark Thirty (2012)) réussit à trouver le juste rythme pour narrer cette histoire. On sent un réel lien entre ce scénariste et la réalisatrice qui confère à ce film instantanément toute sa force et sa noblesse. Loin de ce cinéma hollywoodien omniprésent dans nos salles, Détroit trouve la tonalité parfaite pour allier le cinéma d’auteur et le cinéma indépendant.

    On en ressort donc complètement conquis et on ne peut qu’applaudir Kathryn Bigelow qui après avoir marqué nos mémoires avec des blockbusters inoubliables (Point Break (1991), Strange days (1995), K19, le piège des profondeurs (2002)) s’oriente vers un cinéma libre et indépendant qui lui est plus proche.

    Vu le 29 septembre 2017 à l’UGC Normandie, salle 01, en VO

  • 4