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Barry Seal : american traffic

  • Barry Seal : american traffic
    L'histoire vraie de Barry Seal, un pilote arnaqueur recruté de manière inattendue par la CIA afin de mener à bien l'une des plus grosses opérations secrètes de l'histoire des Etats-Unis.

Critique de Mulder

  • Certaines histoires réelles paraissent tellement irréalistes qu’elles semblent être faites pour être portées au cinéma. Telle est celle de Barry Seal, ancien pilote de ligne de la TWA devenu informateur pour la DEA (Drug Enforcement Administration) et pour la CIA mais également trafiquant de drogues pour le cartel de Medellin. Assassiné à Baton rouge (Louisiane) en février 1986 par des hommes de main de ce Cartel par vengeance, son histoire a notamment inspiré le film Infiltrator (2016) et son histoire fut incorporée dans la série Narcos (2015). On comprend donc aisément que son histoire pleine de rebondissements et illustrant parfaitement la réussite à tout prix dans une société américaine en perte de repères a retenu l’attention du réalisateur Doug Liman et du comédien Tom Cruise qui voient ici l’occasion parfaite de retravailler ensemble après Edge of Tomorrow (2014).

    Sur un scénario particulièrement soigné de Gary Spinelli, le réalisateur Doug Liman nous propose tout simplement un thriller d’une efficacité redoutable montrant l’évolution de Barry Seal de sa période éphémère jalonnée de succès puis de son déclin réduit à négocier sa liberté en échange de devenir un informateur des Etats-Unis pour coincer Pablo Escobar. En plein centre du scandale Iran/contra, Barry Seal est l’exemple parfait de la réussite à tout prix aux Etats-Unis y compris en prenant des risques et en défiant les règles en place. Plutôt astucieux et sûr de lui cet excellent pilote à force de ne pas connaître ses propres limites finira abattu dans sa voiture et sacrifié sans aucune protection de l’Etat.

    Une nouvelle fois le réalisateur réussit à rendre crédible cette histoire allant de la fin des années 70 à 1986 et livre une véritable reconstitution historique sans chercher des effets de style inutiles. Sa réalisation assez proche d’un documentaire rend réaliste cette histoire et surtout bénéficie de la présence du comédien Tom Cruise dans l’un de ses meilleurs rôles. Alternant films d’action spectaculaire (sage Mission Impossible, Night and day (2010), Oblivion (2013), Jack Reacher, la momie (2017), et films d’auteur (Eyes wide shut (1999), Magnolia (1999)..) il démontre une fois de plus qu’il est bien un des meilleurs comédiens actuels aussi à l’aise dans des scènes dramatiques que des scènes d’action. On comprend aisément que ce film qui lui a permis de piloter lui-même plusieurs avions lui tient à cœur et de ce fait il s’est totalement investi pour rendre crédible son personnage.

    Barry Seal : American traffic est la fusion parfaite entre un cinéma indépendant dans lequel de véritables sujets sont traités mais également blockbusters hollywoodiens dans lesquels on retrouve au casting des comédiens trouvant suffisamment de matière pour rendre crédible leur personnage comme c’est le cas pour la comédienne Sarah Wright qui interprète l’épouse de Barry Seal et de Domhnall Gleeson (Monty Schafer) dans le rôle de celui qui l’engagea pour travailler pour la CIA et finit par lui tourner le dos. Ce film révèle également le fait que le gouvernement américain semble prêt à tout pour imposer un contrôle en dehors de ses frontières. Ce constat guère reluisant trouve dans ce film un véritable écho.

    Une nouvelle fois l'association Doug Liman / Tom Cruise fait des miracles et nous livre à travers une histoire inspirée de faits réels une peinture réaliste de ce qui caractérise les travers de l'Amérique actuelle (corruption, soif de réussite). Derrière cette satire et une réalisation rendant parfaitement palpable l'atmosphère de l'époque on ressort tout simplement heureux d'avoir découvert un grand Film d’auteur et surtout le comédien Tom Cruise inspiré et livrant une véritable interprétation forte.

    Vu le 25 aout 2017 à la Salle Universal, en VO
    Revu le 1 septembre 2017 au CID (Deauville) en VO

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