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Tour Sombre (La)

  • Tour Sombre (La)
    Le dernier Pistolero, Roland Deschain, est condamné à livrer une éternelle bataille contre Walter O’Dim, alias l’Homme en noir, qu’il doit à tout prix empêcher de détruire la Tour sombre, clé de voûte de la cohésion de l’univers. Le destin de tous les mondes est en jeu, le bien et le mal vont s’affronter dans l’ultime combat, car Roland est le seul à pouvoir défendre la Tour contre l’Homme en noir…

Critique de Mulder

  • A mon père

    Comme beaucoup nous avons grandi en lisant les nombreux livres de Stephen King avec un véritable plaisir car il est malgré ce que certains pensent l’un des plus grands auteurs américains. L’un des seuls aussi à avoir réussi un véritable univers à travers ses nombreux ouvrages et surtout à nous faire connaitre en lisant certaines histoires une véritable peur et aussi de nombreux plaisirs à dévorer véritablement un livre pendant de longues heures. Que cela soit des thrillers (Misery (1987), Jessie (1992), Dolores Clairbone (1993),, Duma key (2009), des récits fantastiques (Christine (1984), Insomnie (1995), La ligne verte (1996), Dome (2011)..) voire de véritables récits horrifiques inoubliables (Dead zone (1979), Ca (1986), La part des ténèbres (1989), Dreamcatcher (2001) mais aussi un véritable cycle cher à cet auteur La Tour sombre. Cette série de huit romans qui s’étale sur plus de quarante ans d’écriture de cet auteur prolifique débuta en 1982 par le roman Le pistolero qui trouve son inspiration dans un poème de Robert Browning (« Le chevalier Roland s'en vint à la Tour noire »).

    La tour sombre peut apparaitre comme la volonté de Stephen King de créer comme J. R. R. Tolkien pour le Seigneur des anneaux un véritable univers cher à cet auteur et mélangeant parfaitement différents genres tels l’héroic fantasy, l’horreur, le western et la science-fiction. Les sept autres romans Les Trois Cartes (1987) (The Drawing of the Three), Terres perdues (1991) (The Waste Lands), Magie et Cristal (1997) ((Wizard and Glass), Les Loups de la Calla (2003) (Wolves of the Calla), Le Chant de Susannah (2004) (Song of Susannah), La Tour sombre (2004) (The Dark Tower), La Clé des vents (2012) (The Wind Through the Keyhole) imposèrent cette saga littéraire comme une des plus appréciées et suivies mondialement (plus de 30 millions d’exemplaires vendus dans 40 pays). Une telle fresque devait, comme beaucoup de romans de Stephen King, être adaptée sur grand écran même à la télévision en mini-série comme Ca (1990), Le Flérau (1994), Shining (1997).. Un récit d’une telle ampleur permettait aisément de créer une véritable saga cinématographique sur grand écran au rythme soutenu et aux nombreuses ramifications. Approcher un tel récit entrainait aussi la prise en compte d’une véritable complexité tant cet univers permettait à Stephen King de faire de nombreuses allusions à d’autres de ses romans.

    Le résultat obtenu après une telle longue gestation montre à tel point qu’approcher un tel univers fut une véritable difficulté tant les pistes possibles furent nombreuses. Certes le résultat n’est pas parfait et la durée du film trop courte ne lui permet pas une assise suffisante pour s’imposer comme un des films de l’été. Pourtant malgré tout, l’univers de cette saga est bien retranscrit et le film mélange de manière convenable l’héroic fantasy, la science-fiction et le western et surtout repose sur un affrontement totalement dantesque entre le pistolero Roland de Gilead (Idris Elba) épaulé par le jeune humain Jake Chambers (Tom Taylor) contre Walter Padick, l’homme en noir (Matthew McConaughey). Le plaisir pris par ses deux grands comédiens d’interpréter ces deux personnages se ressent à chacune des scènes et permet au film malgré ses faiblesses scénaristiques de retenir toute notre attention. Il est également intéressant de voir les nombreux clins d’œil des scénaristes Nikolaj Arcel, Anders-Thomas Jensen, Akiva Goldsman et Jeff Pinkner aux romans du cycle La tour sombre que cela soit le Shining et également une scène dans laquelle le pistolero fait allusion à des animaux doués de la parole.

    On peut comprendre aisément la frustration de plusieurs critiques relatives à ce film car le nombre de livres et de pistes proposées par cette saga littéraire aurait pu aboutir à un film d’une longueur équivalente à un des films de la saga du seigneur des anneaux (plus de deux heures..). La durée trop courte du film laisse à montrer aisément qu’il manque une bonne demi-heure et surtout des scènes nettement plus spectaculaires. Certes la scène du gun fight parfaitement amenée nous rappelle aisément celle du premier Matrix et en quoi le genre du western permet de livrer des scènes mémorables voire inoubliables. En voulant retenir de cet univers que le combat éternel entre le bien et le mal, le lien être deux univers distincts, La tour sombre manque d’ampleur et ne peut s’imposer comme l’un des événements majeurs de cette années (il aurait aisément pu avec un meilleur scénario). Reste que le film peut aisément s’apparenter au premier volet d’une trilogie et être plutôt une excellente introduction à une longue série américaine (ce qui semble à l’heure actuelle plus probable). On regrettera aussi l’absence d’une scène post-générique permettant de montrer clairement qu’il ne s’agit ici que de la mise en place d’une saga.

    Enfin, le film a au moins le grand mérite de donner envie de se replonger totalement dans cette fresque littéraire et de lire de nouveaux livres de Stephen King qui reste malgré le poids des années et depuis plus d’une trentaine d’années mon écrivain préféré.. Dire que l’on attend avec impatience les séries Mr Mercedes (dès demain soir), Castle Rock et le film ça d’ Andrés Muschietti (20 septembre en France) est peu dire.

    Vu le 08 août 2017 au Gaumont Disney Village, Salle 5, en VF

     

  • 3.5