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Annabelle 2 : la creation du mal

  • Annabelle 2 : la creation du mal
    Elle est de retour ! Encore traumatisés par la mort tragique de leur petite fille, un fabricant de poupées et sa femme recueillent une bonne sœur et les toutes jeunes pensionnaires d'un orphelinat dévasté. Mais ce petit monde est bientôt la cible d'Annabelle, créature du fabricant possédée par un démon…

Critique de Mulder

  • Le cinéma horrifique actuel a tendance à chercher par tous les moyens à déverser des litres de sang et à étouffer les spectateurs par des spectacles très visuels mais souvent vides de sens au point de ne plus arriver à réellement effrayer les spectateurs. Cette surenchère d’effets spéciaux à outrance cherchant le plus souvent à masquer un scénario insipide est malheureusement un cas trop récurrent. Ces films oublient souvent à quel point un bon scénario propice à de nombreux rebondissemenst, un bon réalisateur capable réellement de créer l’effroi et surtout des comédiens parfaitement en phase avec leur personnage sont pourtant des clés essentielles à la réussite d’un film de genre. Dans ce sens, Annabelle : création, une préquelle à Annabelle (lui-même spin-off de Conjuring) montre la volonté des producteurs Peter Safran et James Wan de revenir à l’essence même du cinéma horrifique des années 70 et 80 dans lequel les spectateurs ressentaient une véritable peur à suivre les aventures de ces personnages confrontés à des forces diaboliques, des tortionnaires et autres monstres en tout genre. Le succès mondial du premier Annabelle (257 millions de dollars de recettes mondiale) allait inévitablement amener la création d’un autre film.

    Ce premier volet réalisé par John R. Leonetti avait su trouver tout naturellement son public et cette suite signée par David F. Sandberg témoigne que ce dernier s’impose aisément comme l’un des maitres de l’horreur. Il n’aura fallu qu’un court métrage pour témoigner de la virtuosité du réalisateur suédois David F. Sandberg et surtout imprégner le spectateur d’un véritable effroi permanent et d’un réel envoutement. Son premier film Dans le noir qui réussissait brillamment le passage du court au long métrage tout en gardant la même ambiance et surtout à créer un véritable climat de terreur sans recourir à des effets inutiles l’imposa comme un réalisateur à suivre de près. Son nouveau film Annabelle : Création démontre une nouvelle fois que David F. Sandberg est le digne successeur de John Carpenter tant par sa manière d’aborder le fantastique que par sa volonté de manier à la perfection l’image et la musique du film. Ce réalisateur retrouve pour l’occasion le compositeur Benjamin Wallfisch avec lequel il avait déjà travaillé sur son premier film.

    On découvre dans cette préquelle les origines de cette poupée diabolique qui contrairement à Chucky n’est pas animée ni une poupée tueuse mais plutôt un élément lié à une entité diabolique qui n’a de cesse de vouloir reprendre vie et posséder ainsi une jeune enfant. Le prologue au film nous présente donc un fabricant de poupée et sa femme et leur jeune fille qui suite à un accident terrible perdra la vie. Ces parents en prise au mal qui les ronge vont se tourner vers une entité diabolique permettant à ceux-ci de revoir leur fille (les apparences sont souvent trompeuses) mais malheureusement les plonger dans l’horreur pure. Des années plus tard, une bonne sœur et des enfants orphelins vont trouver refuge dans la maison de ce couple et ainsi devoir se confronter à des forces supernaturelles et diaboliques. Le scénario ingénieux de Gary Dauberman (Ca (2017)) nous rappelle aisément la force émotionnelle de la série culte La Quatrième dimension dans laquelle l’ambiance créée permettait une réelle immersion angoissante dans un univers parfaitement maitrisé.

    Annabelle : Création montre une nouvelle fois que pour proposer un thriller horrifique réussi il faut proposer des éléments novateurs et surtout éviter toutes redites. Dans ce sens, le casting de ce film permet de retrouver les comédiens Anthony LaPaglia (Samuel Mullins), Miranda Otto (Esther Mullins), Stephanie Sigman (Soeur Charlotte ),Talitha Bateman (Shanice) dans des rôles intéressants et surtout laissant dessiner aisément les fêlures de leur personnage. Il faut aussi reconnaitre au réalisateur un véritable talent pour diriger les jeunes comédiens et les mettre dans des situations inquiétantes et originales. Après Dans le noir (2016), David F Sandberg confirme tout le bien fondé d’un réalisateur livrant des films dignes héritiers des maitres de l’horreur. Mission amplement réussie de proposer un véritable rollecoaster horrifique dans lequel chacun des spectateurs passionnés de thrillers horrifiques retrouvera tout le plaisir à découvrir un classique du genre instantané. En abandonnant le récit basé sur des faits réalistes de cette poupée racontée dans The Conjuring, ce spin-off réussit à trouver ses propres repères et surtout à distiller un climat aussi envoutant que diaboliquement efficace. Alors que I wish- faites un vœu réalisé par celui qui avait donné vie au premier film Annabelle nous a laissé sur notre faim, Annabelle : création dépasse aisément nos espérances et s’impose tout simplement comme l’un des meilleurs films de genre de cette année.

    Enfin, on vous conseillera de rester jusqu’à la fin du générique de fin pour ne pas rater une scène très importante. On attend également avec une réelle impatience le nouveau film de David F. Sandberg.

    Vu le 19 juillet 2017 au San Diego UA Horton Plaza 8 Theaters

  • 5