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Atomic Blonde

  • Atomic Blonde
    L'agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté ; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s'associe avec David Percival, le chef de station local, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers.

Critique de Mulder

  • Rares sont les adaptations cinématographiques qui transcendent les comics dont ils s’inspirent. En adaptant le roman graphique The Coldest city d’Antony Johnston (scénario) et Sam Hart (dessins),édité par Oni press, le scénariste Kurt Johnstad (300 (2006), 300 : rise of an Empire) réussit avec audace à en garder la trame mais à y injecter tout ce que devrait être une histoire d’espionnage rappelant par sa trame aussi bien la saga Jason Bourne que les derniers James Bond. Alors que le comics original en noir et blanc se lisait certes avec curiosité et intérêt le film que nous découvrons dépasse aisément le simple exercice de style pour nous proposer toute simplement l’un des meilleurs films de l’année mené sans aucune fausse note et surtout proposant une structure avec des retours dans le temps liés à une scène d’interrogation de l’espionne Lorraine Broughton par un cadre exécutif du MI6 (Eric Gray,Toby Jones) et un agent de la CIA (Emmett Kurzfeld, John Goodman). Lorraine Broughton se remémore donc sa mission qui l’a amenée à Berlin suite à l’assassinat d’un agent MI6 (James Gasciogne, Sam Hargrave) pourchassé par le KGB car en possession de documents compromettants.

    Ancien cascadeur, le réalisateur David Leitch après avoir co-réalisé avec Chad Stahelski John Wick (2014) maitrise totalement chaque aspect de son film aussi bien en nous présentant des scènes chorégraphiées à la perfection que des scènes d’une intensité et d’un esthétisme apuré imposant dès sa première découverte ce film comme l’un des meilleurs films d’action de l’année. Certes, les nombreuses scènes d’action nous rappellent par leur style celles de Jason Bourne mais la présence d’un héroine au caractère fort apporte une véritable sensation de renouveau. Non seulement co-productrice du film, la comédienne Charlize Theron témoigne une fois pour toute qu’elle est bien l’une des meilleures actuelles. Loin de ces premières apparitions de simples seconds rôles féminins (L’associé du diable (1997), Sweet november (2001), Braquage à l’italienne (2003)) à des rôles plus importants dans différents genres (Monster (2003), Loin de la terre brûlée (2009), Young adult (2011), Prometheus (2012)), elle s’est révélée au fur et à mesure de sa filmographie comme parfaitement à l’aise dans des rôles dramatiques et des rôles d’action (sa présence dans Mad Max Fury, Imperator Furiosa est une des clés importantes du succès de ce film). Atomic Blonde constitue l’accomplissement de sa volonté de montrer qu’à 42 ans elle est encore parfaitement à l’aise pour s’imposer comme l’action girl par excellence. Ses nombreuses scènes d’action dans ce film arrivent même à supplanter dans notre cœur celle de Hit Girl dans Kick- ass.

    Impossible de ne pas voir aussi dans Atomic la volonté du réalisateur de redonner comme ce fut le cas avec John Wick toute la noblesse d’un cinéma d’action qui a connu son heure de gloire dans les années 80. En replaçant l’histoire au moment de la chute du mur de Berlin, la nostalgie de cette époque nous touche et nous rappelle de nombreux films qui ont marqué notre mémoire de cinéphile. La force également d’Atomic blonde est de reposer sur un scénario astucieux et donnant à chacun des personnages suffisamment de moyens pour prendre réellement vie devant nos yeux.

    Il serait par contre critiquable de limiter ce film qu’à une succession de scènes d’action toutes réussies et magnifiées par une utilisation de chansons parfaitement sélectionnées. On retiendra notamment les scènes sur la musique de Father figure (George Michael) et de 99 Luftballons (Nena) témoignant une fois de plus que David Leitch n’est pas qu’un excellent coordinateur de cascades mais aussi assistant réalisateur, il a su au fur et à mesure de son expérience trouver sa propre manière d’aborder une réalisation qui lui est plus proche. Comme dans John Wick, il réussit avec l’aide de son fidèle directeur de la photographie Jonathan Sela a créé un univers qui lui est proche et surtout des plans visuellement inspirés par l’univers des comics. Il donne aussi à Charlize Theron moyen de faire de son personnage une véritable héroïne au caractère fort et prête à tout pour réussir sa mission. La force de ces scènes d’action doit aussi beaucoup à cette comédienne qui s’est totalement investie et a passé de longues heures à s’entrainer notamment avec l’un de ses anciens partenaires à l’écran Keanu Reeves (ce dernier incarnait John Wick dans le film précédent du réalisateur).

    Comme pour John Wick, la musique occupe une place importante dans la volonté du réalisateur à créer une véritable ambiance à son film notamment en retravaillant avec le compositeur Tyler Bates (300 (2006), Le Jour où la Terre s'arrêta (2008) , Sucker punch (2011), Les Gardiens de la Galaxie (2014), Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 (2017)..) . Les musiques C*cks*cker, Demonstration, Finding the UHF Device et un duo mémorable avec Marilyn Manson donne au film une véritable patine. De la même manière les nombreuses chansons axées années 70-80 apportent une véritable ambiance et tonalité (David Bowie, George Michael, The Clash et surtout Queen).

    Alors que le film d’espionnage revient à la mode avec des sagas comme James Bond, Jason Bourne et surtout Mission Impossible, il est véritablement rafraichissant de donner enfin à une comédienne le rôle principal. Impossible en suivant le parcours de Lorraine Broughton et sa présence électrisante de ne pas penser à Hit-Girl dans Kick ass. Un caractère fort, un sex-appeal indéniable et surtout d’excellentes comédiennes transformées en véritable hégérie d’un genre cinématographique pourtant trop masculinisé. En cela Atomic Blonde s’impose aisément comme l’une des meilleures surprises de cet été. Les scènes avec Sofia Boutella et Charlize Theron font partie des plus sensuelles et envoutantes découvertes récemment. Atomic Blonde pourrait à ce titre pratiquement être perçu comme un film féministe laissant enfin à des comédiennes des postes clés dans une industrie hollywoodienne relayant malheureusement trop souvent la gente féminine à des seconds rôles..

    Le réalisateur bénéficie également d’un casting parfaitement maitrisé dans lequel on retrouvera pour les rôles les plus importants James McAvoy (David Percival), Sofia Boutella (Delphine), Toby Jones (Gray), Bill Skarsgård (Merkel), John Goodman (Emmett Kurzfeld). Le soin apporté aux nombreux seconds rôles y compris dans la scène anthologique finale montre que David Leitch s’impose comme l’un des meilleurs nouveaux réalisateurs actuels et son nouveau film sur lequel il travaille actuellement Deadpool 2 risque de s’imposer comme l’un des événements forts de 2018.

    Vu le 14 2017 au Gaumont Disney Village, Salle 9, en VF

     

  • 5

Critique de Faith

  • Après une première vie en tant qu’acteur, cascadeur et responsable des cascades, David Leitch revient sur le grand écran derrière la caméra avec son Atomic Blonde dans la sortie en salles est prévue le 16 août prochain. Inspiré du roman graphique d'Antony Johnston et Sam Hart intitulé « The Coldest City », le film suit les aventures de Lorraine Broughton, espionne anglaise, envoyée à Berlin pour une mission de la plus haute importance. En pleine guerre froide, personne n’est fiable, rien n’est tout blanc, ni tout noir ; Lorraine en fera très vite les frais!

    Débuté en 2015 à Budapest en Hongrie, le tournage d’Atomic Blonde a continué en Allemagne, à Berlin et aux studios de Babelsberg mais également à Londres en Angleterre. C’est dans ces décors de ville(s) qu’évolue Lorraine Broughton, espionne britannique envoyée en mission à Berlin, dans les années 1980, pendant la guerre froide. Chargée de démasquer un agent double, l’agente doit également récupérer un dossier ultra secret révélant le passé sombre et les erreurs des espions du monde entier. Pouvant déclencher la 3e guerre mondiale, ces informations ne doivent pas tomber dans de mauvaises mains.

    Impressionnantes de réalisme, les scènes de combat qui rythment le film ont bénéficié du passé de cascadeur chevronné de David Leitch. Ancienne doublure de Brad Pitt (Troie, Mr and Mrs Smith) et coordinateur des cascades de nombreux films (dont Matrix Reloaded, V pour Vendetta ou Hitman Agent 47), ce dernier dévoile une vraie philosophie de mise en scène de l’action, entre rythme, montage et découpage. Le réalisateur s’appuie également sur l'implication physique totale des acteurs : Charlize Theron a bénéficié de l'aide de 8 coachs personnels et s’est entrainée avec Keanu Reeves afin de préparer son rôle.

    Sublimé par un casting international plein de talent, le film réunit Charlize Theron (Fast & Furious 8, Mad Max : Fury road, Monster…), James McAvoy (X-men apocalypse, X-men le commencement, le dernier roi d’Ecosse…) et Sofia Boutella (Le défi, Street dance 2, Star Trek sans limites…) dans les rôles principaux. Apparaissent également Toby Jones (Alice de l’autre côté du miroir, Sherlock…), Bill Skarsgård (ça, Divergente 3 : au delà du mur…), John Goodman (Valérian et la cité des mille planètes, Argo…), Eddie Marsan (Blanche neige et le chasseur, Sherlock Holmes…) et James Faulkner (Game of Thrones, Braquage à l’anglaise…).

    A contrario des films classiques d’espionnage et de l’icône du genre James Bond où les femmes n’ont de rôle que celui d’accessoire, David Leitch détonne avec Atomic Blonde. Sous ses commandes, l’héroïne prend une nouvelle dimension et incarne une icone féminine d'action badass dans un genre qui en compte si peu. Dans le film, intervient un écosystème de personnages centré autour d’un triangle entre intrigues et séduction : Lorraine Broughton, espionne glaciale à la personnalité double, barbare mais qui prend aussi des coups, élégante mais jamais à l’abris de se faire mettre en pièce ; David Percival, chef de la station locale, fourbe, rebelle et refusant toute autorité ainsi que Delphine, jeune espionne française, entre douceur et naïveté, dépassée par la situation.

    Afin de sublimer l’esthétique du film, Jonathan Sela, directeur de la photographie, a imaginé un univers tout en teintes métalliques et fluos, représentatif de l’esprit « comic book ». Faisant écho à l’infini, dans un Berlin désaturé, la photographie rend la violence du film aussi esthétique que brutale. Elément important de l’ADN d’Atomic Blonde, la bande son, composée de classiques des années 80 (« Blue Monday » de New Order, « 99 Luftballons » de Nena ou encore « Behind the Wheel » de Depeche Mode), ajoute un shot d'adrénaline aux scènes d'action, parfois de manière surprenante.

    Hyperviolent et hyperstylisé, Atomic Blonde se révèle être un Kick ass féministe dans un Berlin historique avec Charlize Théron aussi envoutante qu’effrayante. Précurseur dans la volonté de casser les codes du genre, Atomic Blonde est remarquable par la virtuosité magistrale de ses scènes d'actions, l’implication de ses acteurs ainsi sa dimension esthétique et musicale. Bien que le film puisse décevoir par la facilité de l’intrigue, il n’en reste pas moins que l’on passe un agréable moment, sursautant au moindre rebondissement. A voir donc !

    Vu le 11 juillet 2017 au MK2 Bibliothèque François Mitterrand

  • 3.5