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My cousin Rachel

  • My cousin Rachel
    Angleterre, début du XIXème siècle. Philip, un jeune noble anglais, apprend la mort mystérieuse de son cousin en Italie, survenue peu après son mariage secret avec la jeune et jolie veuve Rachel. Il n’a qu’une idée en tête : découvrir les véritables raisons de sa mort afin de le venger par tous les moyens. Mais la visite inattendue de cette nouvelle cousine va tout bouleverser.

Critique de Mulder

  • Le nouveau film écrit et réalisé par Roger Michell retrouve toute la puissance d’un cinéma d’antan qui reposait sur un savoir-faire indéniable de grands réalisateurs qui tels des artisans paufinaient leur création pour n’en garder que le meilleur. Loin de ce cinéma actuel Hollywoodien dans lequel le scénariste semble de plus en plus relayé après des effets spéciaux spectaculaires ou des comédiens adulés par leur public en roue libre et en sur-jeu. L’attirance que ressent le réalisateur et scénariste envers le personnage féminin principal féminin Rachel Ashley (Rachel Weisz parfaite une fois de plus) est visible à chacun des plans du film où celle-ci semble apparaitre comme ayant plusieurs visages et être une véritable veuve noire aussi troublante que manipulatrice.

    Dans cette Angleterre du début du 19ème siècle, Philip, un jeune noble apprend la triste nouvelle de la mort suspecte de son cousin en Italie et voit apparaitre dans sa vie la veuve de ce dernier. Ne pouvant expliquer cette mort, il décide de mener sa propre enquête et voir si Rachel est l’investigatrice de cette mort ou non. Pourtant, Philip va tomber littéralement sous le charme de Rachel et malheureusement se retrouver pris au piège et manipuler malgré lui. My cousin Rachel nous renvoie à ce cinéma britannique indépendant dans lequel les comédiens ne pouvaient se cacher derrière différents subterfuges et se devaient d’être convaincants dès la première minute. Le rythme assez lent du film permet ainsi de dresser une véritable étude de caractères et sociale de la noblesse britannique.

    Une nouvelle fois le réalisateur Roger Michell nous confond par son scénario parfaitement maitrisé et une mise en scène aussi noble et simpliste qu’elle est d’une efficacité redoutable. Après avoir signé en 1999 une comédie romatique devenue culte Coup de foudre à Notting Hill (avec Hugh Grant et Julia Roberts), dérapages incontrôlés (pur thriller américain avec Ben Affleck), on sent sa volonté de revenir à des réalisations nettement plus intimistes et plus proches de ce qu’il apprécie au cinéma. Ses deniers films Week-en Royal (2012) et un Week end à Paris (2013) possédaient le même charme que My cousin Rachel.

    Il faudra pourtant attendre quinze minutes pour que le personnage de Rachel à l’écran et pour que le charme du film agisse réellement. Une fois celle-ci apparue, le film trouve son rythme, son efficacité et surtout s’apparente à une véritable expérience cinématographique dans laquelle chaque scène ressemble à un tableau et dans lesquelles les personnages sont tous parfaitement maitrisés et aux apparences trompeuses. On ressort de ce film avec des souvenirs mouvementés et surtout une véritable envie de vivre et trouver sa moitié aussi diabolique soit elle. Derrière cette relation trouble entre deux êtres, se dresse tout un portrait d’une génération qui tente à trouver sa moitié mais à force d’hésiter, de ne pas essayer finit par échouer. La fin marquante du film va dans la même direction et montre que le roman de Daphne Du Maurier reste d’actualité et méritait bien une seconde visite après le film d’Henry Koster avec Olivia de Havilland et Richard Burton. (1952)

    Vu le 24 juin 2017 au Gaumont Champs-Elysées Marignan, Salle 1, en VO

  • 3.5