Logo
Accueil > Reviews > Mary

Mary

  • Mary
    Un homme se bat pour obtenir la garde de sa nièce, qui témoigne d'un don hors du commun pour les mathématiques.

Critique de Mulder

  • A force de voir plusieurs films chaque semaine on devient de plus en difficile sur sa sélection et sur ce qu’on attend réellement. Avec ce choix de films de plus en plus importants, on essaye de trouver celui qui retiendra toute notre attention, qui saura nous surprendre et surtout nous émouvoir non pas par le fait d’être un tire-larme mécanique et puéril mais plutôt par le fait de trouve l’alchimie parfaite pour narrer une histoire simple et réaliste et non pas un énième thriller ou blockbuster aussi bruyant que lourd à digérer.

    Dans ce sens le nouveau film de Marc Webb (500) jours ensemble (500 Days of Summer) (2009), The Amazing Spider-Man (2009) et The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros (The Amazing Spider-Man 2) (2014) marque le grand retour du réalisateur à un genre qu’il affectionne le drame et l’étude de caractères. On avait été totalement conquis par son premier film et un peu moins par son approche de l’univers de Spiderman trop mécanique et surtout manquant cruellement du regard d’un réalisateur préférant la complexité à la simplicité. Certes passer après la trilogie signée par Sam Raimi ne devait pas être chose aisée et surtout réaliser des scènes d’action spectaculaires à la demande sans en être réellement habitué. En revenant à un cinéma qu’il affectionne et en se libérant des carcans dictés par un autre grand studio américain, le réalisateur retrouve son plaisir intact et nous livre tout simplement son meilleur film à ce jour.

    Le scénario signé par Tom Flynn figurait sur la black list 2014 des scénarios les plus réussis mais pas encore adapté au cinéma. Celui-ci nous présente Mary une surdouée en mathématiques qui vit avec le frère de sa mère depuis le décès de celle-ci. Lorsque sa grand-mère décide de gagner ses droits de garde, un conflit important s’ouvre entre Franck (son père adoptif) et Evelyn (la mère de celui-ci).

    Le cinéma indépendant américain dont Fox Searchlight Pictures est le plus beau des étendards (voir aussi My cousin Rachel) permet souvent à des réalisateurs et à des comédiens de travailler librement et ainsi de livrer soit de grands films ou de grandes interprétations. Dans le cas présent, le réalisateur ne pouvait pas rêver d’un meilleur casting que Chris Evans (Frank), Mckenna Grace (Mary), Lindsay Duncan (Evelyn), Octavia Spencer (Roberta), Jenny Slate (Bonnie), John M. Jackson (Judge Edward Nichols), Glenn Plummer (Greg Cullen), John Finn (Aubrey Highsmith) pour donner vie à ses personnages. La force émotionnelle de Mary nous rappelle l’un des meilleurs films de Gus Van Sant Will Hunting (1997) dans lequel un autre surdoué et orphelin nettement plus âgé était aussi au centre du récit. Mary permet aussi de montrer l’envers de la société américaine dans laquelle l’argent roi permet à certains de manipuler la loi à leur guise. L’affrontement au sein d’un tribunal entre Evelyn, la grand-mère de Mary et Frank en est l’exemple parfait.

    On ressort donc du film Mary les larmes aux yeux en nous disant que rarement un film nous avait autant émus et touchés. En donnant tout simplement à Chris Evans l’un de ses meilleurs rôles (même si celui de Captain America reste comme le plus important de sa carrière) et en nous faisant découvrir une jeune comédienne au potentiel sans limite (McKenna Grace parfaite), Mary S’impose aisément comme l’un des meilleurs films de cette année.

    Vu le 14 juin 2017 au siège 20th Century Fox France , en VO

  • 4.5