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The Bad Batch

  • The Bad Batch
    Au Texas, une histoire d'amour située dans un terrain vague habité par des cannibales.

Critique de Mulder

  • The bad batch s’impose comme le second film autant original que réussi d’une réalisatrice passionnée par le genre horrifique et par une approche différente de celui-ci. Après A Girl Walks Home Alone at Night (2014) qui abordait le mythe du vampire moderne son second film nous présente une société post-apocalyptique dans laquelle de nombreux cannibales font régler un véritable climat de violence. Agressée physiquement par ceux-ci et ayant perdu la moitié d’un bras et une jambe, la jeune Arlen après avoir été séquestrée va décider de se venger à son tour et se retrouvera confrontée à de nombreux personnages aussi loufoques qu’excentriques.

    Abandonnant le noir et blanc de son précédent film, la réalisatrice et scénaristique garde pourtant intact les qualités de son précédent film c’est-à-dire peu de dialogues, un climat oppressant et surtout la même addiction pour la chair humaine ici découpée, tranchée et dégustée (certaines scènes sont réellement très violentes). On ressent chez cette réalisatrice une véritable attirance guère éloignée de David Cronenberg voire David Lynch pour proposer un cinéma décalé dans lequel chacun pourra se faire sa propre idée. On ne saura donc pas ce qui a amené notre société à une telle ère post-apocalyptique (si ce n’est une politique aussi douteuse que mauvaise pour notre planète) ni réellement où se situe l’action hormis en plein désert et loin de tout.

    On suit donc le parcours de Arlen qui après s’être vengée de son bourreau, laisse pourtant la vie sauve à la jeune fille et part avec elle dans une ville décadente. The Bad Batch est une véritable expérience cinématographique intense dans laquelle la réalisatrice nous livre une vision guère prometteuse de notre avenir et dans laquelle elle réussit à créer des rôles atypiques pour des comédiens que nous apprécions. On retrouve ainsi au casting Jason Momoa (Miami Man), Keanu Reeves (The Dream), Jim Carrey (Hermit), Suki Waterhouse (Arlen), Giovanni Ribisi (Bobby) et Diego Luna (John). Rien que ce casting improbable mérite réellement de découvrir ce film surtout que la comédienne Suki Waterhouse (divergente 2 : l’insurrection (2015), Orgueil et Préjugés et Zombies (2016))) révèle un véritable potentiel pour capter notre attention et donner vie à son personnage mutilé.

    Malgré des moyens que l’on sent réduits, The Bad Batch réussit son pari audacieux d’être un western post-apocalyptique très sombre et qui bénéficie d’un grand soin au niveau de sa forme. Certes il aurait gagné à être un tant soit peu plus court car son rythme très lent pourrait ne pas convenir à tous. Pourtant la réalisatrice et scénariste Ana Lily Amirpour confirme tout le bien que nous avons pensé de son premier film et nous attendons donc avec impatience son prochain.

    Vu le 12 juin en VO (lien vidéo presse)

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