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Alien: Covenant

  • Alien: Covenant
    Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.

Critique de Mulder

  • Débuté en 1979 la saga cinématographique aura connu une gestation longue et réussit à s’imposer comme l’une des plus intéressantes. Composée de six films à ce jour, elle aura permis également à plusieurs réalisateurs d’apporter leur propre vision de cet univers graphique aussi particulière soit elle. Ainsi Alien, le huitième passager en 1979 nous avait fait découvrir le personnage d’Ellen Ripley (Sigourney Weaver) et de sa lutte permanente contre cette espère extraterrestre particulièrement hostile et capable de s’adapter à toutes les situations possibles (mutations génétiques, transformations diverses..). Le second film Aliens le retour en 1986 réalisé par un jeune réalisateur du nom de James Cameron avait réussi à mixer à la perfection film de science-fiction et film de guerre avec des combats titanesques. Le troisième volet Alien 3 de David Fincher préférait mettre l’accent sur une approche métaphysique du mythe au lieu de recourir comme le second volet à une action violente et omniprésente. Le quatrième volet nettement moins réussi signé par le réalisateur Jean-Pierre Jeunet avait pratiquement marqué la fin d’une saga par son manque d’originalité et de complexité. Il aura fallu plus de quinze ans entre le quatrième volet et le cinquième pour découvrir sous forme d’une préquelle l’univers relatif à Alien (on ne tiendra pas compte des spin-off manquant d’envergure et nettement plus portés sur l’action que le développement de cet univers). Prometheus avait permis à Ridley Scott de revenir à cette saga tout en proposant une approche différente et l’origine de cet univers tant apprécié des fans. Le film certes parfaitement réalisé ne bénéficiait pas d’un scénario suffisamment maitrisé (signé par Damon Lindelof et Jon Spaights) et surtout ne mettait pas assez en avant cette créature mythique tant appréciée des fans. On attendait avec une certaine curiosité ce nouveau film que Ridley Scott voulait nettement plus proche de l’univers Alien que l’était ce film précédent.

    Alien : Covenant surpasse aisément le volet précédent et marque aisément la volonté du réalisateur de créer un univers dense lui permettant de mettre en avant les nombreuses thématiques qui lui tiennent à cœur. Dès la scène d’introduction, un long et passionnant échange entre le créateur Peter Weyland (Guy Pearce) et son androïde David (Michael Fassbender), le film aborde la thématique de l’humanité et surtout de l’évolution humaine qui sera l’élément principal de ce nouveau chapitre dense et passionnant. Malheureusement dès la séquence suivante, le scénario de Michael Green, John Logan et Jack Paglen n’arrive pas à retrouver ni le charme du premier volet ni son ambiance clautrophobique et surtout tente de nous proposer à travers les différentes scènes un ensemble sans véritable âme et profondeur reprenant les idées fortes des précédents volets. En cela Alien : convenant s’avère à la fois un film réussi mais aussi manquant d’une véritable sincérité du point de vue d’un réalisateur surdoué et visionnaire. Les scènes d’exploration et d’affrontements se succèdent donc avec un véritable rythme et laisse apparaitre ce qu’aurait pu être réellement Alien : Covenant si il avait pu proposer une certaine originalité et non une volonté de proposer un blockbuster traditionnel avec son quota d’effets spéciaux, sa musique d’ambiance et ses comédiens inter-remplaçables.

    Alien : Covenant n’est pas dénué de qualités bien au contraire notamment par sa photographie très soignée et donnant à certaines scènes l’impression d’être de véritables tableaux dantesques mais aussi par ses effets spéciaux nombreux et permettant de donner aux films l’impression d’être plus devant un film d’horreur guère éloigné de celui des sagas Hellraiser (mentions à certains monstres à l’apparence humaine) et autres Vendredi 13. Les scènes de monstres se succèdent ainsi avec sa profusion de sang à outrance enlevant malheureusement toute la force du premier volet. A force de vouloir trop répondre à un cahier des charges et aux diktats d’un grand studio américain les bonnes idées du film perdent malheureusement de leur force de narration.

    De la même manière alors que le premier volet d’Alien jouait la carte d’une ambiance d’une noirceur totale, ce film semble vouloir se complaire dans la démonstration d’un budget confortable et non de l’urgence d’un réalisateur que l’on apprécie pour son immense talent à sa filmographie très intéressante. En voulant trop se conforter aux standards actuels de la science-fiction, Alien : convenant n’arrive pas à se différencier des autres productions identiques (on pourrait ainsi préférer Life-Origine inconnue (2017)) nettement plus intéressant. On comprend certes la volonté de Ridley Scott de retrouver toutes les ferveurs de ses nombreux fans mais on préfère nettement ses films précédents un seul sur mars (2015), Robin des bois (2008), Gladiator (2000), Thelma et Louise (1991) et surtout Black Rain (1989) dans lequel l’originalité, la maitrise de l’espace et une direction de comédiens parfaites en ont fait des films cultes et incontournables encore pour longtemps.

    On retiendra aussi de ce film un casting aussi surprenant qu’inégal. En effet certes Michael Fasebender dans un double rôle témoigne une fois de plus qu’il est l’un des meilleurs comédiens actuels mais le reste du casting n’arrive pas à retrouver la grâce et la force des comédiens des films précédents. Il est en effet difficile de remplacer dans le cœur des spectateurs le personnage d’Ellen Ripley (inoubliable Sigourney Weaver) par des comédiens manquant pour certains cruellement d’épaisseur. James Franco (Capitaine Branson) n’a le droit ainsi qu’à une petite scène sur un écran que consulte l’un des personnages et celle de sa mort arrivant malheureusement trop rapidement et bêtement. Le reste du casting permet notamment de retrouver les comédiens Katherine Waterston (Daniels), Billy Crudup (Oram), Danny McBride (Tennessee), Demian Bichir (Lope), Carmen Ejogo (Karine), Jussie Smollett (Ricks), et Callie Hernandez (Upworth).

    Alien : Covenant constitue donc un divertissement réussi mais bien loin de la qualité des œuvres précédentes du réalisateur Ridley Scott et surtout nettement moins consensuelles et formatées pour plaire au plus grand nombre. On attend donc les prochains volets que l’on espère nettement plus angoissants et originaux.

    Vu le 10 mai 2017 au Gaumont Disney Village, Salle 11, E19 en VF

     

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