Logo
Accueil > Reviews > Get out

Get out

  • Get out
    Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose  filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable.

Critique de Mulder

  • Rien ne laissait deviner que le comédien et humoriste Jordan Peele plutôt connu pour ses nombreuses apparitions dans des séries et émissions télévisées (Key & Peele, MadTV, Fargo, Life in Pieces, modern Family) allait un jour s’imposer comme un scénariste et réalisateur surdoué capable de livrer tout simplement la meilleure comédie horrifique de cette année. Son premier film rejoint la courte liste des films sachant jouer autant sur le registre de la comédie que du film d’horreur traditionnel. Ainsi Get out nous rappelle par certains côtés Tucker et Dale fightent le mal, Re-animator, Evil Dead et autre Scream et Chucky dans lequel le film d’horreur est dilué avec une bonne dose de comédie. On comprend aisément la volonté de ce réalisateur de vouloir remettre en cause la règle selon laquelle c’est souvent l’afro-américain qui figure parmi les premières victimes (revoir Scream 2 si besoin est) mais aussi jouer sur la thématique de l’asservissement des afros-américains relégués encore aujourd’hui pour la plupart du temps dans des tâches secondaires. C’est par cette approche que Jordan Peele vise parfaitement juste et nous livre un film social montrant un jeune afro-américain en proie avec une famille aisée de l’Alabama qui se révèle être une famille cachant des occupations lugubres.

    En découvrant Get-out et à sa volonté d’aborder des questions raciales (le couple campé par Chris et Rose est mixte) tout en abordant un thème plus profond comme celui de l’intégration et des stéréotypes, on pense évidemment à de nombreux films de genres des années 70 comme la nuit des morts-vivants de George Romero (1968) mais aussi à Six degrés de séparation de Fred Schepisi (1995). De la même manière, on sent la réelle volonté du réalisateur de nous livrer un récit proche de celui d’un épisode de la quatrième dimension dans lequel le personnage principal se rend au fur et à mesure compte que des petits détails clochent (l’attitude de la gouvernante, celle des convives dans le cadre d’un weekend..). En cela, Jordan Peele témoigne de la même volonté de proposer un scénario parfaitement maitrisé et surtout une mise en scène inspirée. Alors que le film Get out aurait pu être un simple film d’horreur, celui-ci se révèle autant relié au registre de la comédie que celui de la thématique de Frankenstein dans lequel un savant fou souhaite recréer un homme amélioré.

    En mélangeant habilement la comédie et l’horreur on aurait pu s’attendre à des effets amoindris et à des rebondissements affaiblis pourtant il n’en est rien et le film se révèle être une excellente surprise tant celui-ci joue habilement avec les règles du film d’horreur (porte cachée, comportements surprenants de certains individus). Alors que la bande annonce semblait proposer un thriller glacial, le résultat tend nettement plus vers la comédie horrifique originale que vers un énième home invasion dans lequel un jeune personnage doit à tout prix s’échapper d’une maison. Une nouvelle fois la méthode Blumhouse Productions réussit son pari de surprendre les spectateurs, de leur livrer un film d’une efficacité redoutable malgré un budget limité.

    Get out bénéficie également d’un casting autant original que solide avec notamment dans les deux rôles principaux Daniel Kaluuya (Chris Washington) et Allison Williams (Rose Armitage) et dans les seconds rôles Catherine Keener (Missy Armitage), Bradley Whitford (Dean Armitage), Caleb Landry Jones (Jeremy Armitage), Marcus Henderson (Walter), Betty Gabriel (Georgina), et Lakeith Stanfield (Andrew Logan King).

    Le producteur Jason Blum a mis en place un système selon lequel les films du studio Blumhouse ne devaient pas dépasser le montant de cinq millions (contre dix si il s’agit d’une suite) Get Out rejoint ainsi la liste des réussites de ce studio comme Insidious (2011), sinister (2012), Dark skies (2013), The purge (2013), The visit (2015) et récemment Split (2017). Le savoir-faire indéniable de ce studio dans le domaine du film de genre trouve avec Get out un de ses meilleurs ambassadeurs. Derrière cette mécanique d’une efficacité redoutable se trouve aussi une vision plutôt juste de la société américaine pleine de préjugés et dont l’intégration de certaines minorités continue à être difficile. On attend donc avec impatience les prochaines productions de ce studio notamment The Belko Experiment, Amityville: The Awakening, Halloween.

    Vu le 02 mai à l’UGC Ciné-cité Les Halles, salle 10, en VO

  • 5