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On l'appelle Jeeg Robot

  • On l'appelle Jeeg Robot
    Poursuivi par la police dans les rues de Rome, Enzo plonge dans les eaux du Tibre et entre en contact avec une substance radioactive qui le contamine. Il réalise bientôt qu'il possède des pouvoirs surnaturels : une force et une capacité de régénération surhumaines qu'il décide de mettre au service de ses activités criminelles. Du moins jusqu’à ce qu'il rencontre Alessia, une jeune fille fragile et perturbée qu’il sauve des griffes de Fabio, dit "Le Gitan", un mafieux déjanté qui a soif de puissance.Témoin des pouvoirs d’Enzo, Alessia est persuadée qu’il est l’incarnation de Jeeg Robot, héros de manga japonais, présent sur Terre pour sauver le monde. Mais Enzo va être forcé d’affronter Le Gitan qui veut savoir d’où vient cette force surhumaine. Parviendra-t-il à sauver la ville de la folie meurtrière de Fabio et être le super-héros qu’Alessia voit en lui ?

Critique de Mulder

  • Il aura fallu un seul film au réalisateur Gabiele Mainetti pour s’imposer comme l’un des plus intéressants réalisateurs italiens du moment. Après plusieurs courts métrages remarqués (Il produttore (2004), Ultima spiagga (2006), Bassette (2008)) et un, Toger boy (2012) qui fut en lice pour l’Oscar dans la catégorie court-métrage, On l’appelle Jeeg Robot lui permet de proposer son premier long métrage.

    Non seulement, il s’agit d’un excellent hommage à de nombreux super-héros mais aussi une manière d’ancrer dans notre réalité quotidienne un être mutant et invulnérable. Anti-héros par excellence, Enzo Ceccotti est un petit malfrat préférant passer son temps à regarder des films pour adulte sur sa télévision et servir comme homme de main à un dangereux truands que d’aider son prochain et défendre sa ville. Rien ne le prédestinait à devenir un mutant à la force considérable et pratiquement indestructible. C’est par un hasard fortuit, pour échapper à la police, qu’il se retrouve à plonger dans les eaux du Tibre et à rentrer ainsi avec des substances radioactives. De la même manière que Peter Parker fut piqué par une araignée radioactive, que Bruce Banner rentra en contact avec des rayons gamma que Enzo se retrouve après une face d’adaptation physique à avoir des super pouvoirs comme une force de régénérations mais aussi herculéenne. Comme Peter Parker qui décide dans un premier temps de faire du catch et de se faire de l’argent avec son pouvoir, Enzo préfère l’utiliser pour continuer ses larcins (arrachage de distributeurs bancaires..).Malgré tout sa rencontre avec une jeune fille dont le père s’est fait tuer devant les yeux d’Enzo que celui-ci va commencer peu à peu de mettre ses pouvoirs au service du bien.

    Alors que le cinéma américain a trouvé dans l’univers des comics matière suffisante à livrer de nombreux approches sous formes d’adaptations cinématographiques de qualité variable et que des séries en live ou animées, des jeux vidéo célèbrent ces super héros DC comics ou Marvel comics avec la même volonté de respecter l’œuvre originale, on n’avait jusque-là pas connu en Europe un tel engouement.

    Pourtant On l’appelle Jeeg Robot avec un budget assez faible comparé aux adaptations de supe-héros hollywoodiennes réussit à créer la fusion parfaite entre le film de gangsters et celui du super héros utilisés avec parcimonie les effets spéciaux ici ne servent qu’à renforcer le réalisme des personnages voire rendre un hommage particulier à de nombreux films et personnages à commencer par l’ennemi d’Enzo, Zingaro qui après être tombé également presque mort au même endroit auquel ce dernier a reçu ses pouvoirs se transforment en un Joker plus vrai que nature. Le réalisateur Gabiele Mainetti n’épargne personne dans son premier film y compris la société italienne qu’il critique par ses prises de positions incertaines, le fait que les nouvelles technologies sont un moyen parfait pour épier son voisin voir à créer un super héros de toute pièce.

    Le scénario de Nicola Guaglianone et Menotti se révèle ainsi judicieusement amené et permet de donner une véritable profondeur aux différents personnages y compris dans les nombreux seconds rôles comme Ilenia Pastorelli (lessia), Salvatore Esposito (Vincenzo), Stefano Ambrogi (Sergio), Maurizio Tesei (Biondo), Gianluca Di Gennaro (Antonio), Antonia Truppo (Nunzia). Les nombreux rebondissements du film et la volonté du réalisateur de planter son action dans notre société actuelle dans laquelle le personnage Enzo Ceccotti va prendre conscience peu à peu que son pouvoir doit être utilisé à bon escient. De la même manière impossible de ne pas penser à Darkman de Sam Raimi voire à kick-ass en découvrant ce film qui préfère miser sur des super-héros aux pratiques critiquables et surtout à montrer un super-héros moderne dans lequel le héros reste en civil hormis une scène à la fin du film.

    A ce titre, le dernier plan de On l’appelle Jeeg Robot rappellera non seulement le premier Spider-man (2002) de Sam Raimi mais aussi le désastreux Assassin’s Creed (2016) et imposera aisément ce film comme l’un des événements de l’année. Le succès public remporté en Italie ainsi que les nombreux prix obtenus dans de nombreux festivals sont amplement mérités et on vous encourage à découvrir ce film dès ce mercredi en salles.

    Vu le 19 avril 2017 au Club Marbeuf

     

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