Logo
Accueil > Critiques de films > Braquage à l'ancienne

Braquage à l'ancienne

  • Braquage à l'ancienne
    Pour Willie, Joe et Al, trois amis octogénaires – ou presque –, la retraite, c'est du passé. Quand ils apprennent que leurs pensions sont parties en fumée, ils décident de passer à l'action. Bousculant tous leurs principes, ils tentent l'impensable : braquer la banque qui les a ruinés !

Critique de Mulder

  • <iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/oqAtRR6yNYc" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>

    Après l’excellent Garden State (2004) avec Natalie Portman dans lequel Zach Braff portait un regard mélancolique sur l’industrie hollywoodienne actuelle, le réussi Le Rôle de ma vie (2014) qui lui permettait de continuer dans la même voie et l’imposait comme un réalisateur intéressant et passionnant, la déception de découvrir une comédie aseptisée dont il n’a pas signé le scénario à notre grand désespoir nous a totalement déçus. Comment ne pas voir non plus dans ce remake du film de Martin Brest avec George Burns, Art Carney, Lee Strasberg une manière pour son réalisateur de rentrer dans le moule hollywoodien en abandonnant les idées qu’il défendait si brillamment dans ses deux films précédents.

    On découvre donc dans ce film trois retraités qui révoltés suite à la perte de leur fonds de pensions décident d’unir leur force pour monter un braquage dans une banque aux méthodes douteuses. Morgan Freeman (Willie Davis), Michael Caine (Joe Harding), Alan Arkin (Albert Gardner) forment donc ce trio de retraités au grand cœur et leurs nombreuses scènes ensemble donnent au film sa seule raison d’être. Malheureusement la mise en scène manque cruellement d’originalité et n’arrive pas à retenir notre attention. Même si les nombreux seconds rôles sont réussis et nous permettent de retrouver des comédiens que nous apprécions comme Matt Dillon (L'agent du FBI Arlen Hamer) et Christopher Llloyd (Milton Kupchak) cela ne justifie pas un rythme d’une telle lenteur.

    Certes ce film marque une certaine volonté de ne pas proposer un reflet parfait du film de Martin Brest mais on aurait aimé être plus surpris et surtout avec des rebondissements mieux amenés. Certes Zach Braff passionné de cinéma et brillant réalisateur n’a sûrement pas eu la même liberté artistique que ces deux films précédents mais connaissant le brillant comédien qu’il est, le scénariste passionnant et le réalisateur convaincant dont il a déjà pu témoigner, on est déçu de voir un tel film impersonnel et qui semble uniquement là pour proposer des rôles sur mesure à trois grands comédiens prêts à cabotiner au maximum et pour une fois assez décevant.

    Un film hollywoodien est souvent conçu comme un produit marketing sans âme et prêt à plaire à un large public quitte à livrer des œuvres impersonnelles ou boursouflées d’effets spéciaux à outrance. On peut aisément comprendre la volonté de proposer des remakes d’œuvres marquantes. Pourtant après avoir vu ce film on se demande réellement ce qui a poussé les Studios Warner Bros pourtant habitués à nous livrer de grands films à nous proposer une comédie aussi mollassonne pour un public plutôt âgé et tentant de jouer maladroitement sur la nostalgie des spectateurs. On espère donc retrouver Zach Braff dans une œuvre nettement plus personnelle pour son prochain film et qu’il ne deviendra pas l’un de ses nombreux réalisateurs à perdre leur identité pour continuer à pouvoir travailler dans une industrie Hollywoodienne trop formatée.

    Vu le 27 avril 2017 dans la salle Warner Bros (Neuilly Sur Seine), en VO

  • 2