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Sales gosses

  • Sales gosses
    Alex, 20 ans, vient encore de rater médecine. Comme promis, il devra donc travailler tout l'été plutôt que de partir en vacances avec ses potes. Ses parents lui ont même trouvé un job : moniteur… mais d'une "colo" très particulière. Pas vraiment ce qu’il espérait. Car ici point d'enfants et de têtes blondes... juste des retraités et des cheveux blancs !

Critique de Faith

  • Après une carrière en tant qu’acteur (La nuit ne me fait pas peur de Noémie Lvovsky (1999), Poupoupidou (2006) de Gérard Hustache-Mathieu…), Frédéric Quiring revient sur le devant de la scène en tant que réalisateur. Sales gosses, son premier long métrage est une comédie familiale produite par Mikaël Abecassis, un habitué du genre (Mon poussin (2017), 16 ans ou presque (2013), Do not disturb (2012)…). Avec une sortie en salles prévue le 19 juillet prochain, le film relate les péripéties d’Alex, jeune étudiant looser, obligé de travailler comme moniteur de colo pendant l’été… Rêvant de drague et de soleil, le jeune homme va rapidement déchanter en découvrant ses pensionnaires…

    Avec son Sales Gosses, Frédéric Quiring tente sa première expérience derrière la caméra. Et c’est sur le devant d’un parking que l’histoire commence… Le décor ainsi planté, le réalisateur présente les différents protagonistes : Alex, son héros, stéréotype d’une génération Y et ses parents poules ; Sophie Bonheur, responsable de colonie shootée au Bisounours ; Touré et Blanche, collègues d’Alex dont la niaiserie deviendrait (presque) attachante mais également tous les vieux, ceux dont les quatre comparses vont veiller durant ce séjour… Premières minutes, l’esprit oscille entre curiosité, interrogation et perplexité.

    Arrivée dans un sublime manoir en pleine forêt française, la joyeuse troupe descend alors du bus après s’être égosillé sur la Macarena. Les chambres choisies, les affaires sorties des valises et rangées, le réalisateur dévoile alors les petites histoires et les traits de personnalités de chaque personnage : un couple en transition dont le mari tente le tout pour le tout pour récupérer l’amour de sa vie, une cougar en manque d’amour toujours prête à faire la fête, une Tatie Danielle perpétuellement ronchon, un représentant de Bigard à l’humour gras et grivois, une vieille dame dont le chien semble être l’unique trésor sur Terre… Dès lors, a lieu le carnage : enchaînements de blagues faciles, personnages creux dont il semble très difficile de s’attacher et cela malgré l’implication des acteurs, intrigue soporifique et évidente, répliques atterrantes où les sexagénaires parlent djeun’s et enchaînent les bolosses à tour de bras. Dérapage total : le film - alors bon enfant - devient une caricature de cette confrontation des générations, entre incompréhension et parodie. Assis dans son fauteuil, on en est atterré et terriblement gêné.

    Intéressant par son mélange de jeunes acteurs en devenir et talents confirmés, le casting – pourtant prometteur – ne sauve pas le film. Sales gosses réunit Thomas Solivéres (Intouchables, Respire), Issa Doumbia (Comme un chef Le Crocodile du Botswanga), Barbara Bolotner (Malavita Qui c’est les plus forts ?), Frédérique Bel L’amour dure trois ans Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?), Carmen Maura (Volver Les femmes du 6e étage), Liliane Rovère (Harry un ami qui vous veut du bien Dix pour cent), Jacques Boudet (Marius et Jeannette L’Ivresse du Pouvoir), Albert Delpy (Ridicule Two days in Paris), Claude Aufaure (Le Mari de la coiffeuse Les Emotifs anonymes), Tanya Lopert (Viva la vie, L’Homme qu’on aimait trop ) ainsi que Michèle Moretti (La guerre est déclarée, Five). Multi générationnel, le casting de Sales gosses est la bonne surprise du film : il rassemble, le temps d’une séance, des pépites d’acteurs dont on aura plaisir à suivre la carrière (Thomas Solivéres et Issa Doumbia) et quelques grands noms qu’il est toujours plaisant de voir apparaître (Carmen Maura, entre autres).

    A la fin de la séance, on se sent partagé entre plusieurs sentiments et recommandations. Bien qu’atterrant pour les plus de 20 ans, Sales gosses sera surement un moment de complicité entre jeunes enfants et grands-parents, heureux de partager l’affiche et quelques expressions. Amoureux de la langue française et autres d’jeuns, rentrez-vous terrer dans vos foyers, ce film sera pour vous une torture. Pour les brulés au troisième degré des vacances d’été, le film sera parfait pour un enveloppement de Biafine bien mérité. Pour les cinéphiles curieux, attendez sagement sa retransmission à la TV, le film sera parfait un dimanche soir pluvieux d’automne.

    Vu le 20 avril 2017 à l’UGC George V, salle 1

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