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C’est beau la vie quand on y pense

  • C’est beau la vie quand on y pense
    Loïc Le Tallec ne s’est jamais vraiment occupé de son fils. Quand ce dernier disparaît dans un accident de la route, Loïc est dévasté. Il n’a plus qu’une idée en tête : retrouver celui qui vit désormais avec le cœur de son fils. Il va tomber sur Hugo, un jeune que ce cœur tout neuf rend totalement déraisonnable et incontrôlable. Leur rencontre promet d'être explosive.

Critique de Mulder

  • Gérard Jugnot fait partie de ces grands comédiens populaires qui ont pu gagner le cœur des spectateurs et s’imposer comme la personnalisation parfaite du français ordinaire. Après une longue carrière prolifique dans une multitude de comédies avec ou sans certains membres de la troupe du Splendid, il s’est tourné depuis 1984 vers la réalisation afin de trouver des rôles sur mesure lui permettant de mettre en avant ses acquis. Ainsi au gré des années, en dix films il a pu témoigner d’une véritable aisance à bien diriger ses comédiens et surtout prendre un véritable plaisir à jouer des rôles en adéquation avec son naturel de bon vivant. Ainsi après Pinot simple flic (1984), , Scout toujours... (1985), Sans peur et sans reproche (1988), Une époque formidable… (1994), Casque bleu (1994), Fallait pas !... (1996), Meilleur Espoir féminin (2000), Monsieur Batignole (2002), Boudu (2005) et Rose et Noir (2009), son nouveau film C’est beau la vie quand on y pense lui permet d’aborder des sujets qui lui tiennent à cœur, la paternité, le conflit de génération.

    Nous découvrons donc le personnage de Loïc Le Tallec (Gérard Jugnot) qui se rend au cimetière dans lequel son fils unique vient d’être enterré et y croise son ancienne femme, mère de celui-ci et son nouvel ami. Celle-ci lui reproche amèrement de ne pas avoir été là pour celui-ci et qu’il a fait don de son cœur pour sauver une vie. Démoralisé et ayant décidé de quitter son emploi, il souhaite alors retrouver celui à qui on a greffé ce cœur et se prend d’amitié pour lui car il voit à travers ce jeune adulte désorienté (du surnom de Chaussette) un moyen de se racheter. Il ne faudra pas chercher plus loin le cœur de ce film reposant sur un duo de comédiens Gérard Jugnot et François Deblock très réussi et fonctionnel.

    Véritable reflet de son temps, C’est beau la vie quand on y pense revient aux sources du cinéma populaire, un cinéma reposant sur un scénario simple et efficace et surtout des comédiens parfaitement assortis. Son nouveau film permet aussi à Gérard Jugnot de rendre hommage à une très belle région de France, la Bretagne à travers non seulement des stéréotypes (le temps pluvieux) mais aussi par ses nombreux restaurants (crêperies, restaurants spécialisés dans les produits de la mer). A ce titre, la scène de dégustation du tourteau est très réussi et renvoie bien à l’esprit très convivial du film.

    Comme dans chacun de ses films, le réalisateur Gérard Jugnot aime à mélanger les genres et C’est beau la vie quand on y pense réussit le parfait dosage de la comédie et de la dramaturgie mélancolique. En abordant le deuil, le regret de ne pas avoir faire nécessairement les bons choix à travers le personnage principal, le film réussit à nous divertir intelligemment, à nous faire passer du rire aux larmes tout simplement. Impossible non plus de ne pas voir dans le personnage interprété par Gérard Jugnot, Loïc Le Tallec, quelqu’un d’assez proche de celui du film Monsieur Batignole, quelqu’un comme son comédien au grand cœur, un passionné qui souhaite partager ses coups de cœur. Une nouvelle fois, le réalisateur, co-scénariste a su parfaitement s’entourer de comédiens confirmés comme Bernard Le Coq, Isabelle Mergault mais aussi de jeunes comédiens dont son fils Arthur Jugnot, François Deblock et surtout la révélation féminine Gaia Weiss qui irradie de sa présence chacune de ses trop courtes scènes. On l’avait déjà découverte dans la série Vikings (saison 2 et 3) et dans le décevant Les profs 2 (2015). On se doute que sa carrière au cinéma sera des plus prometteuses.

    C’est beau la vie quand on y pense ne révolutionne pas la comédie dramatique mais réussit son pari de nous divertir et de proposer un film qui a non seulement du cœur mais aussi une belle âme..

    Vu le 10 avril 2017 à l’UGC Ciné-cité Bercy, salle 33

  • 3.5