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Les Schtroumpfs et le village perdu

  • Les Schtroumpfs et le village perdu
    La Schtroumpfette, le Schtroumpf costaud, le Schtroumpf à lunettes et le Schtroumpf maladroit ont filé en douce pour suivre une carte vers un mystérieux village. Mais le chemin qui y mène regorge d'embuches, de créatures magiques et de souterrains labyrinthiques. Il leur faudra par ailleurs redoubler de prudence puisque Gargamel n'est pas loin et compte bien les arrêter.

Critique de Mulder

  • Les schtroumpfs et le village perdu nous permet d’oublier les deux films réalisés par Raja Gosnell avec Neil Patrick Harris mélangeant animation 3D et prises de vue réelle (2011 et 2013) pour nous proposer de revenir aux sources mêmes des aventures de ces étranges personnages créés en 1958 par Peyo. Après seize premiers albums créés par Peyo puis par d’autres histoires créées par son fils Thierry Culliford, on comptait ainsi l’année dernière trente-quatre tomes à cette bande dessinée. Les schtroumpfs ont également donné naissance à plusieurs séries animées (celle des studios TV animation Dupuis en 1959, celle de Hanna-Barbera en 1981 (427 dessins animés au total répartis sur neuf saisons)) et deux films d’animation (Les aventures des schtroumpfs (1965), La flute à six schtroumpfs (1975)..).

    Cette nouvelle aventure reprend ainsi le relais en nous proposant une histoire inédite et en revenant aux sources de la bande dessinée aussi bien graphiquement que par son ambiance parfaitement maitrisée permettant une réelle immersion. Ce nouveau film trouve ses fondations par la volonté des deux scénaristes Stacey Harman et Pamela Ribon de proposer un complet reboot de cet univers et surtout une animation colorée et très rythmée. On retrouve le fameux village des schtroumpfs avec le même plaisir mais surtout cette fois avec un scénario nettement plus abouti et on suit avec attention les nouvelles aventures de la Schtroumpfette, du schtroumpf à lunettes, du maladroit et du costaud pour lutter de nouveaux contre le malfaisant.

    Alors que les deux précédents de Sony Pictures Animation revenaient à plonger nos fameuses créatures dans le monde réel et jouer ainsi sur les différentes oppositions entre celui-ci et leur univers, le scénario ici plus astucieux préfère miser totalement sur une immersion totale en plein univers des schtroumpfs. Ce n’est donc pas un hasard si le film commence par une présentation sommaire de ce fameux village ou chaque schtroumpf est indentifiable à son comportement ou caractère. Loin de la redite, ce processus permet de revenir à ce qui fait toute la force et la saveur de cet univers auquel nous sommes très attachés pour avoir grandi en lisant leurs nombreuses aventures et en regardant leurs dessins animés à la télévision à une période où la créativité et le talent étaient de mise. Chacune des scènes du film présente une réelle inventivité et réussit aussi bien à nous attendrir qu’à nous faire vivre une aventure aussi bien sur terre, sur l’eau que dans le ciel. Les nombreux dangers que cette bande de schtroumpfs va croiser permettra surtout à mieux comprendre que la schtroumpfette malgré qu’elle soit une création de Gargamel est malgré tout une schtroumpf à part entière.

    Le réalisateur Kelly Asbury montre une nouvelle fois qu’il maitrise parfaitement la tonalité d’un film d’animation. Après avoir réalisé les très réussis Gnomeo et Juliette (2011) et co-réalisé Spirit, l’étalon des plaines (2002), Shrek 2 (2004)il nous livre ici tout simplement son meilleur film. Loin de chercher à reproduire l’exemple des deux films d’animation et relayer les schtroumpfs au second rang, il préfère les placer en permanence au centre de l’histoire. Les scénaristes plutôt inspirés réussissent également à travers de nombreux clins d’oeil aussi bien à des jeux vidéo, aux bandes dessinées et surtout à de nombreux films (hommage au genre western, Retour vers le futur (1985), Indiana Jones et le temple maudit (1984)) réussissent ainsi là où les deux films avaient en partie échoué ressusciter les schtroumpfs et leur redonner toute leur force.

    Le casting original est également une réussite et on retrouve ainsi Demi Lovat (La Schtroumpfette), Julia Roberts (Schtroumpf Willow), Mandy Patinkin (Le Grand Schtroumpf), Rainn Wilson (Gargamel), Joe Manganiello (Schtroumpf Costaud), Jack McBrayer (Schtroumpf Maladroit), Danny Pudi (Schtroumpf à lunettes), Michelle Rodriguez (Schtroumpf sauvage) et pour la version française ), nettement moins glamour Laëtitia Milot (La Schtroumpfette), Gérard Hernandez (Le Grand Schtroumpf Arié Elmaleh (Schtroumpf Maladroit) mais parfaitement fonctionnel.

    Tout en gardant un style d’animation proche de celui des années 40 fonctionnant sur une caricature à peine déguisée de notre société et un univers magiques dans lequel une autre tribu de schtroumpfs existe, Les schtroumpfs et le village perdu réussit le pari difficile de connecter aussi bien les passionnés et véritables fans des schtroumpfs avec toute une nouvelle génération de jeunes spectateurs. Le film plaira ainsi totalement à toute la famille. Il nous proposera aussi une des scènes les plus attendrissantes vues dans un film d’animation autres que ceux proposés par The Walt Disney Animations studios récemment. On ressort du film heureux d’avoir enfin retrouvé intact tout le plaisir pris à lire les aventures de nos chères créatures toute bleues.

    Vu le 26 mars 2017 au Gaumont Disney Village, Salle 9, en VF

  • 4.5