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Ghost in The Shell

  • Ghost in The Shell
    Dans un futur proche, le Major est unique en son genre: humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.

Critique de Mulder

  • L’adaptation de notre manga préféré Gunnm (Alita : Battle Angel) après un très long développement est enfin annoncée, avec Robert Rodriguez à la réalisation, pour une sortie pendant l’été prochain et aborde un sujet similaire à celui de Ghost In the Shell soit la présence d’une cyborg amnésique et sa quête pour son identité. Ces deux mangas partagent la même approche de la question de l’identité, de l’humanité et du lien entre la machine et l’homme cher à l’auteur Philip K Dick.

    Il faut reconnaitre que ce film, l’un des plus attendus de cette année, s’impose comme une réussite totale tant au niveau de la recherche visuelle permanente que d’une intrigue propice à d’excellentes scènes d’action et à la dominance des grands conglomérats. On redécouvre ainsi le manga culte de Masamune Shirow publié en 1989 et qui a déjà connu deux suites Ghost in the Shell 2: Man-Machine Interface (1991) et Ghost in the Shell 1.5: Human Error Processor (1997), de nombreux adaptations sous forme de films d’animation (Ghost in the Shell 2: Innocence, Ghost in the Shell: SAC Solid State Society et Ghost in the Shell: The New Movie), trois séries d'animation (Ghost in the Shell: Stand Alone Complex, Ghost in the Shell: Stand Alone Complex 2nd GIG et Ghost in the Shell Arise: Alternative Architecture) et des jeux vidéo.

    Le scénario astucieux de Jamie Moss, William Wheeler, Ehren Kruger aura connu plusieurs réécritures afin d’obtenir des fondements suffisamment solides non seulement à ce film mais également aux prochains à venir. Le scénario reprend ainsi la trame du manga de Masamune Shirow et de son adaptation sous forme de film d’animation et aussi plusieurs éléments afin non seulement de satisfaire les passionnés de cet univers mais aussi de pouvoir plaire à un large public. Loin d’être un simple blockbuster proposant des scènes de combats survitaminées, Ghost In The Shell réussit à proposer un film envoutant, digne descendant de Blade Runner du point de vue de l’utilisation de la musique mais aussi de la création d’un monde futuriste dans lequel la cybernétique a fait des avancées techniques impressionnantes et ainsi a permis à la race humaine de pouvoir s’optimiser en incorporant la robotique comme élément de notre corps. Ce concept est parfaitement illustré par la scène d’introduction du film dans lequel on découvre le personnage du major, un être humain dont le cerveau a été implanté dans le corps d’une androide.

    Les premières scènes du film nous présentant cette mégapole futuriste nous renvoie directement aux films de Ridley Scott Blade Runner (1982) et Black Rain (1989)et aussi à d’autres films de science-fiction tels Total Recall (1990) et Le cinquième élément (1997). L’approche intéressante sélectionnée pour ce film s’oriente nettement vers la quête du personnage principal, le Major (Motoko Kusanagi) en quête de ses origines et son rapport particulier avec un dangereux cybercriminel qui peut prendre le contrôle de l’esprit de certains humains. La complexité du scénario et ses différents niveaux de lecture permettent d’obtenir un film de science-fiction très réussi aux nombreuses scènes d’action spectaculaires.

    Pour son second film, Rupert Sanders (Blanche-Neige et le Chasseur (2012) excelle dans sa manière d’aborder l’intelligence artificielle et la question de l’identité humaine. Loin de ces blockbusters ne recourrant qu’à des effets spéciaux spectaculaires pour gagner les faveurs du public , son film interroge les spectateurs, leur propose un voyage à travers le temps et les technologies et surtout nous livre une des plus belles scènes de ce début d’année pleine de compassion et parfaitement interprétée par Scarlett Johansson et Michael Pitt tels des amants maudits pris à leur propre piège.

    L’autre grande qualité du film est non seulement de s’appuyer sur la musique de Clint Mansell (Requiem for a Dream (2000), Blood the lost vampire (2009), Black Swan (2011),Man Down (2015)), compositeur fétiche de Darren Aronofsky mais aussi sur un casting cosmopolite composé de Scarlett Johansson (Le Major), Pilou Asbæk (Batou), Michael Pitt (Kuze), Juliette Binoche (Dr. Ouelet), Takeshi Kitano (Daisuke Aramaki), Yutaka Izumihara (Saito), Tawanda Manyimo (Borma), Lasarus Ratuere (Ishikawa). Enfin les nombreux effets spéciaux de Weta Digital servent à la perfection le récit et confère à celui-ci toute sa force et sa tonalité luxueuse.

    Le film respecte totalement le manga original mais surtout lui apporte des ramifications supplémentaires élevant Ghost in the Shell à la frontière du manga et du film de super héros traditionnels. Certaines scènes du film renforcent aisément cette impression notamment les scènes de combats et celle du saut nous renvoyant aussi bien au manga original qu’aux adaptations récentes de comics. Cette alchimie parfaite confère donc à Ghost in the shell des éléments suffisamment solides pour en faire un divertissement à découvrir d’urgence en IMAX voire 4DX pour en saisir toute l’ampleur.

    Vu le 22 mars 2017 au Pathé La Villette, Salle IMAX, place M11 (pass ilimité) et VO

  • 4.5