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Sage Femme

  • Sage Femme
    Claire est la droiture même. Sage-femme, elle a voué sa vie aux autres. Déjà préoccupée par la fermeture prochaine de sa maternité, elle voit sa vie bouleversée par le retour de Béatrice, ancienne maîtresse de son père disparu, femme fantasque et égoïste, son exacte opposée.

Critique de Mulder

  • « J’ai moi-même été sauvé à la naissance par une sage-femme. Elle m’a donné son sang et m’a ainsi permis de vivre. Elle a fait cela avec une discrétion et une humilité incroyables. Quand ma mère m’a raconté la vérité sur cette histoire, c’était il y a un peu plus de deux ans, je suis immédiatement parti à sa recherche, sans même savoir son nom. Les archives de l’hôpital où je suis né étant détruites tous les vingt ans, il ne demeure aucune trace. Ma mère se rappelait qu’elle n’était pas toute jeune. Je suis convaincu qu’elle est morte. J’ai donc décidé de lui rendre hommage à ma façon et de lui dédier ce film, et à travers elle, de le dédier à toutes ces femmes qui œuvrent dans l’ombre, vouant leur vie aux autres, sans jamais rien attendre en retour. » - Martin Provost

    Le nouveau film du réalisateur et scénariste Martin Provost (Le vente de Juliette (2003), Séraphine (2008), Ou va la nuit (2011) et Violette (2013)) pose un regard admiratif sur un métier souvent manquant de reconnaissance, celui de sage-femme (maïeuticien) et nous livre le portrait d’une femme partagée entre son métier qu’elle affectionne et qui lui donne sa raison de vivre et son fils. Alors que rien ne la prédisposait à être contacté par l’ancienne maitresse de son père qui s’est suicidé et son fils en plein doute existentiel et souhaitant abandonner ses études supérieures de médecine pour suivre les traces de sa mère et une rencontre fortuite avec un homme de son âge, fils du propriétaire de son cabanon à la campagne, sa vie va s’en retrouver bouleversé.

    Ne cherchant à aucun moment à dénaturer la portée de son scénario, le réalisateur nous livre deux beaux portraits de femmes dont les nombreuses différences dont le parcours et la raison de vivre diffèrent totalement. Ces différences pourtant rapprochera Claire (Catherine Frot) et Béatrice (Catherine Deneuve) et donnera à ce film toute sa raison. De la même manière, l’approche quasi-documentaire du métier de Sage femme apparait comme le respect d’un héritage d’un ancien temps dans lequel le cinéma d’auteur pouvait encore trouver aisément sa place au cinéma à côté de nombreux films hollywoodiens. Certes le rythme assez lent du film et une absence de rebondissements laissent toute leur place à un angle contemplatif de notre société actuelle.

    De la même manière, impossible de ne pas penser à certains films de Claude Sautet (César et Rosalie (1972), Garçon ! (1983), Nelly et Monsieur Arnaud) par cette manière de construire la structure du film de manière romanesque et en donnant une plus grande importance aux personnages qu’à l’action elle-même. Certes, Sage Femme ne s’impose pas comme l’un des films mémorables de cette année mais permet de retrouver deux grandes comédiennes qui semblent trouver un véritable plaisir à jouer ensemble.

    Sage Femme montre une nouvelle fois que le cinéma indépendant reste un terrain propice pour proposer des rôles originaux et vastes sans chercher à plaire constamment et à séduire un public plutôt habitué à des films sans âmes produits à la chaîne afin de satisfaire la demande d’un public friand d’un cinéma artificiel. On ne peut donc qu’apprécier ce film véritable lien entre le cinéma d’antan et celui actuel. De la même manière le film semble nettement plus destiné à un public adulte (âgé) qu’à un public familial qui risquera de passer à côté d’interprétation de qualité.

    Vu le 20 mars 2017 au Gaumont Opéra Capucines, Salle 1

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