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Tunnel

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    Alors qu’il rentre retrouver sa famille, un homme est accidentellement enseveli sous un tunnel, au volant de sa voiture. Pendant qu’une opération de sauvetage d’envergure nationale se met en place pour l’en sortir, scrutée et commentée par les médias, les politiques et les citoyens, l’homme joue sa survie avec les maigres moyens à sa disposition. Combien de temps tiendra-t-il ?

Critique de Mulder

  • Véritable succès lors de sa sortie en salles en Corée du Sud avec plus de sept millions d’entrées, le troisième film écrit et réalisé par Kim Seong-hun s’apparente à un hommage aux grands films catastrophes opposant des êtres humains à un milieu hostile. Même si le point de départ du film rappellera à certains le film Daylight (1996) de Rob Cohen, le traitement apporté à l’histoire évite tous les clichés des films catastrophes hollywoodiens actuels misant plus sur des destructions massives à coup d’effets spéciaux spectaculaires et sur des personnages à peine dessinés. Après How the Lack of Love Affects Two Men (2006) et Hard Day (2014), le réalisateur et scénariste adapte avec une véritable efficacité le roman homonyme de So Jae-won.

    Dès les premières minutes de Tunnel, l’histoire nous présent un homme d’affaires qui après avoir fait le plein dans une station-service se retrouve enseveli au volant de sa voiture dans un tunnel sans aucune possibilité de pouvoir s’extirper. La force du film est de chercher en permanence à nous délivrer un film réaliste et brocardant aussi bien la négligence de certaines société plus portées sur leur prospérité que sur des règles de sécurité réglementaire voir également le rattrapage politique de certains afin d’accroitre encore plus leur popularité. De la même manière le réalisateur semble également vouloir régler certains comptes avec les médias (notamment les photographes presse) toujours prêts à chercher le scoop à tout prix. Alors que la plupart des films catastrophes mettent en scène des personnages confrontés à des situations les dépassant et trouvant un moyen malgré tout de faire face à des situations dangereuses.

    On pensera ainsi notamment à San Andreas (2015) de Brad Peyton dans lequel un pilote d'hélicoptère de secours en montagne (Dwayne Johnson) doit se battre face à des événements multiples provoqués par un séisme important relatif à la faille d’Andreas. Pourtant, dans le cas présent, le personnage principal n’a rien d’un surhomme ni d’un héros prêt à découdre à un milieu hostile. Il ne peut en effet que tout faire pour rester en vie et attendre une aide extérieure quitte à passer plusieurs jours sans manger et en économisant l’eau qui lui reste de disponible.

    Tunnel trouve également le juste équilibre entre le grand spectacle (les moyens mis en place pour sauver cet homme) et film intimiste (un homme seul face à lui-même et devant également survivre avec le chien d’une victime de cet accident grave). Par sa forme, le film s’apparente plus à une de nos productions hexagonales qu’une super production hollywoodienne au budget démesuré. Il n’oublie pas non plus de jongler astucieusement avec des séquences de pure comédie que nettement plus dramatiques tout aussi réussies.

    Toute le force de Tunnel revient également à ses trois interprètes principaux Ha Jung-Woo (Jung-soo ) , un homme pris au piège dans un tunnel, sa femme incarnée par la comédienne Doona Bae (Se-hyun) et un agent de l’ordre incarné par Dal-Su Oh (Dae-kyoung) qui sera prêt à se battre jusqu’au bout pour aider cet homme prisonnier malgré lui. Ne possédant pas les mêmes moyens que les grosses productions hollywoodiennes actuelles, Tunnel mise plus sur la psychologie de ces personnages et surtout par un rythme rapide du film mêlant aussi bien ce qui se passe sous ce tunnel que les différents personnages à l’extérieur gravissant autour de cet accident important. La grande originalité du film est de vouloir garder un certain minimalisme dans l’action. Ainsi ce n’est qu’un seul être humain qui se retrouve emprisonné dans ce tunnel et qui nécessitera l’aide de plusieurs personnages pour l’en extraire. Entre des coûts importants nécessaires à ce sauvetage et cette unique personne pris au piège, le film pose clairement la question du coût d’ne vie humaine dans de telles conditions. Tout au long du récit, Kim Seong-hun n’oublie à aucun moment de divertir les spectateurs et de proposer un film catastrophe aussi original que réussi.

    Alors que l’excellent film également une production coréenne de Sang-Ho Yeon Dernier train pour Busan réinventait astucieusement le film de zombis au point de faire oublier le décevant World War Z porté par Brad Pitt, Tunnel opère de la même manière et trouve l’équilibre parfait entre le film d’auteur et celui d’un long métrage catastrophe. Ce film prouve ainsi un véritable renouveau du cinéma de Corée de Sud propice à permettre à des réalisateurs de livrer des films efficaces, librement et avec les moyens nécessaires pour y arriver. On ne peut donc que vous encourager à découvrir ce film lors de sa sortie début mai.

    Vu le 16 mars 2017 au Forum des images, en VO

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