Logo
Accueil > Reviews > The Lost City of Z

The Lost City of Z

  • The Lost City of Z
    L’histoire vraie de Percival Harrison Fawcett, un des plus grands explorateurs du XXe siècle.Percy Fawcett est un colonel britannique reconnu et un mari aimant. En 1906, alors qu’il s’apprête à devenir père, la Société géographique royale d'Angleterre lui propose de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Sur place, l’homme se prend de passion pour l’exploration et découvre des traces de ce qu’il pense être une cité perdue très ancienne. De retour en Angleterre, Fawcett n’a de cesse de penser à cette mystérieuse civilisation, tiraillé entre son amour pour sa famille et sa soif d’exploration et de gloire…

Critique de Mulder

  • James Gray s’est imposé dès son premier film Little Odessa comme un des plus brillants scénaristes et réalisateurs américains. Préférant garder un contrôle total sur ses œuvres et proposer des œuvres aussi fortes qu’intimistes, sa filmographie témoigne de l’importance qu’il attache à créer un univers qui lui est proche, des personnages sur lesquels la fatalité semble constamment s’abattre. Pour lui c’est l’étude des comportements qui importe, la place de l’individu dans la société qui est constamment sa préoccupation première. Signant le scénario de chacun de ses films, il porte la même attention sur l’écriture d’un scénario aux multiples ramifications qu’à la forme adaptée pour narrer son histoire. En seulement six films en plus de vingt-deux ans de carrière, The Lost City of Z s’impose tout simplement comme la synthèse de ses films précédents, celle d’un homme marqué par la fatalité, un homme intègre, un bon père de famille, aimant et chérissant sa femme , qui n’a pas connu son père, qui souhaite rétablir la crédibilité de son nom de famille suite aux débordements de celui-ci alcoolique et joueur invétéré.

    Dès les premières minutes du film, l’ambiance sonore semble préparer psychologiquement les spectateurs au film qu’ils vont découvrir. Ce grand film d’aventure retrouve toute l’essence d’un cinéma hollywoodien des années 30 à 70 qui n’avait que faire de masquer le manque de profondeur d’un scénario par des effets spéciaux artificiels uniquement présents pour pallier à la faiblesse d’écriture. En adaptant le roman de David Grann au titre homonyme inspiré de l’histoire vraie d’un des plus célèbres explorateurs britanniques Percy Fawcett disparu en pleine jungle brésilienne alors qu’il cherchait une cité perdue. Le scénario ingénieux nous présente donc la destinée tragique d’un véritable aventurier envoyé en pleine Amazonie par la société géographique royale d’Angleterre dans un but de cartographier les limites de la frontière entre le Brésil et la Bolivie qui va finalement trouver une meilleure quête, celle de découvrir une civilisation perdue et riche par son enseignement. The Lost city of Z nous rappelle aisément ce grand cinéma d’aventures et on pense à de multiples reprises à des réalisateurs comme David Lean (Le pont de la rivière Kwai (1957)..) ou John Boorman (La forêt d’Emeraude (1985).) Ces réalisateurs qui privilégiaient les personnages et leur destinée plutôt que de proposer des films de consommation rapide sans originalité et souvent conçus uniquement à des fins mercantiles. Les multiples scènes d’action du film et surtout l’interprétation solide des comédiens confèrent au film une illustre patine nous rappelant une fois de plus que le cinéma doit se concevoir librement et non répondre à des mécanismes artificiels.

    Toute la force de ce récit aux multiples rebondissements est de montrer la conviction intègre d’un aventurier qui n’aura de cesse de partir en Amazonie et d’y faire de nombreuses explorations pour y trouver l’objet de convoitise qui l’obsède au point de relayer sa famille, sa femme et ses trois enfants au second plan. Cette même obsession qu’il transmettra à l’un de ses fils et qui les entrainera à partir tous les deux à la recherche de cette civilisation perdue. Loin de proposer comme c’est souvent le cas actuellement un film superficiel, le réalisateur attache une aussi grande importance à la réalisation qu’à l’écriture de son film. Il choisit également parfaitement son casting et on retrouve ainsi Charlie Hunnam (Col. Percival Fawcett), Robert Pattinson (Henry Costin), Sienna Miller (Nina Fawcett), Tom Holland (Jack Fawcett), Edward Ashley (Arthur Manley), Angus Macfadyen (James Murray), Ian McDiarmid (Sir Georges Goldie) dans des rôles importants et parfaitement maitrisés.

    The lost city of Z réussit parfaitement à retranscrire la société du début du siècle dernier et nous propose des scènes de la première guerre mondiale (tranchées) d’un réalisme total et envoutant. Lorsque Percival Fawcett est appelé pour aller combattre pour défendre son pays de l’invasion allemande, le réalisateur nous livre une vision violente d’une guerre qui happe les soldats dans l’horreur pure. The Lost city of Z permet de nouveau au réalisateur de montrer la difficulté de certains à trouver leur place dans la société que cela soit par l’intermédiaire d’un rang social ou de titre de reconnaissance militaire ou non. Une nouvelle fois, le réalisateur continue à traiter des thématiques qui lui tiennent à cœur et surtout pour la première fois ne se contente pas d’un film dans un cadre minimaliste. La jungle amazonienne est ainsi décrite comme aussi dangereuse qu’immense.

    Impossible non plus de ne pas voir dans ce film un hommage de la part du réalisateur aux nombreux films qui ont nourri son imagination. Impossible non plus de ne pas penser le temps d’une scène de course poursuite entre le héros et son film et une tribu amazonienne à la scène d’introduction du film Les Aventuriers de l’arche perdue (1981) de Steven Spielberg. C’est dire à tel point The lost city of Z s’impose comme l’un des meilleurs films d’aventure vu depuis longtemps au cinéma. De la même manière, le film reste réaliste en permanence et ne fait pas forcément de Percival Fawcett un homme parfait mais plutôt un homme tiraillé entre une quête de reconnaissance et surtout rester intègre et fidèle à des valeurs morales et irréprochable aux yeux de sa femme et de ses proches. Le réalisateur se révèle être une nouvelle fois un grand directeur de comédien et donne à Charlie Hunnam, Robert Pattinson et Sienna Miller la possibilité de livrer une de leur meilleure composition à ce jour.

    The lost city of Z s’impose aisément comme l’une des plus belles surprises cinématographiques de ce premier trimestre. Un film qui trouve le bon rythme et surtout témoigne de l’attachement d’un réalisateur et scénariste à livrer de grands films originaux, intègres et pétris avec un tel amour du cinéma que nous ne pouvons que vous encourager à découvrir celui-ci au cinéma dès le 15 mars…

    Vu le 13 mars 2017 au Club Lincoln, en VO

  • 5