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Patients

  • Patients
    Se laver, s'habiller, marcher, jouer au basket, voici ce que Ben ne peut plus faire à son arrivée dans un centre de rééducation suite à un grave accident. Ses nouveaux amis sont tétras, paras, traumas crâniens.... Bref, toute la crème du handicap. Ensemble ils vont apprendre la patience. Ils vont résister, se vanner, s'engueuler, se séduire mais surtout trouver l'énergie pour réapprendre à vivre. Patients est l'histoire d'une renaissance, d'un voyage chaotique fait de victoires et de défaites, de larmes et d’éclats de rire, mais surtout de rencontres : on ne guérit pas seul.

Critique de Mulder

  • Patients marque les débuts de réalisateur de Fabien Marsaud (aka Grand Corps malade) épaulé par Mehdi Idir (le réalisateur des vidéoclips de celui-ci). Il s’agit de l’adaptation du roman homonyme et autobiographique de ce réalisateur et de son parcours dans un centre de rééducation suite à un accident qui l’a rendu paralysé. Cependant le film n’est pas l’adaptation complète de ce livre mais une synthèse judicieuse, juste et brillante permettant à Grand Corps Malade de révéler une nouvelle facette de son identité. Loin de vouloir livrer une version édulcorée d’un milieu hospitalier, le film frappe par sa justesse et sa manière d’aborder le handicap avec une sincérité totale et surtout de rester proche de la réalité. Dès la première scène du film dans laquelle le personnage fictif reprend connaissance à l’hôpital témoigne de la volonté des deux réalisateurs de rester fidèle au livre homonyme et surtout de livrer un message fort sur la manière de survivre suite à un accident grave.

    Alors que la plupart des films actuels préfèrent maximiser le nombre de lieux différents et les moments forts afin de capter toute l’attention des spectateurs voire utiliser des effets spéciaux spectaculaires, Patients est surtout un drame humain et surtout un message d’espoir et de courage qui ne laissera personne insensible. La justesse du scénario, la réalisation solide d’un duo en parfaite osmose est renforcée par un casting audacieux composé de jeunes comédiens tous parfaits. On retrouve ainsi dans le rôle principal du film le jeune comédien Pablo Pauly (Ben, une version imagée de Grand Corps malade) et dans les seconds rôles importants Soufiane Guerrab (Farid), Moussa Mansaly (Toussaint), Nailia Harzoune (Samia, sa présence illumine chaque scène du film), Franck Falise (Steeve), Yannick Renier (François), Jason Divengele (Lamine) et Rabah Aït Ouyahia (Eddy). La mention diffusée au début du film rappelle aisément que même si les prénoms ont changé ces personnages sont rattachés pour la plupart à des connaissances rencontrées dans le centre qui a accueilli Fabien Marsaud suite à son accident grave.

    On suit donc le parcours de Ben et ses nombreuses rencontres dans un centre de rééducation. De ses nombreuses tentatives à retrouver partiellement l’usage de certains de ses membres aux liens qu’il entretient avec le personnel médical et d’autres victimes de graves accidents, le film trouve parfaitement le juste équilibre. Préférant tourner sans recourir à la méthode de caméra sur l’épaule qui aurait pu rapprocher encore plus cet excellent premier film à un documentaire immersif et passionnant, Patients préfère aisément rester dans le cadre d’une fiction. De la même manière, malgré la gravité de la thématique abordée, il réside ici malgré tout une bonne dose d’humour non seulement de la part des nombreux personnages mais aussi de situations habituelles. On remarquera aussi que la télévision en prend réellement pour son grade pour la qualité souvent médiocre de ses programmes (notamment le télé-achat) mais aussi pour le manque par moment de recul de certaines personnes du milieu hospitalier.

    Patients aurait pu également être un moyen pour Grand Corps malade de proposer un album inédit avec certaines nouvelles compositions de sa part. Il faut reconnaitre que cela aurait amoindri l’impact de son film et son choix judicieux fut donc de confier à un de ses collaborateurs Angelo Foley la réalisation de la musique de ce film. On ne retrouvera donc pendant le générique de fin du film qu’une seule composition de Grand Corps malade (Espoir adapté). Par ses nombreux choix judicieux, par un investissement total de la part de cet artiste, le film nous touche droit au cœur et devient ainsi un de nos films préférés de cette année. On passe ainsi du rire aux larmes en permanence et on ne peut que vous conseiller de découvrir Patients.

    Vu le 3 mars 2017 au Gaumont Disney Village, Salle 3

  • 4.5