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Brimstone

  • Brimstone
    Dans l’Ouest américain, à la fin du XIX siècle.  Liz, une jeune femme d’une vingtaine d’années, mène une vie paisible auprès de sa famille. Mais sa vie va basculer le jour où un sinistre prêcheur leur rend visite.  Liz devra prendre la fuite face à cet homme qui la traque sans répit depuis l’enfance…

Critique de Mulder

  • Le genre Western a souvent jalonné l’histoire du cinéma hollywoodien et mondial en donnant naissance à de grands films violents, parfaitement chorégraphiés et laissant une part important à la musique. On se remémore ainsi les nombreux films de Sergio Leone (Le bon, la bête et le truand (1966), Il était une fois dans l’Ouest (1968)..), de Sam Peckinpah (La Hord sauvage (1969) et à ceux de Clint Eastwood dont Brimstone se rapproche par plusieurs aspects flirtant avec le fantastique (Pale rider, le cavalier solitaire (1985), Impitoyable (1992). Ce n’est donc pas un hasard fortuit de retrouver également au poste de compositeur de la musique de ce film Tom Holkenborg (Junkie XL) (Night Run (2015), Mad Max Fury Road (2015), Deadpool (2016) et prochainement Justice League et La Tour Sombre). Le Western franco-néerlandais permet surtout de proposer un western féminin aussi violent que passionnant et interprété par un casting international dans lequel on retrouve notamment Guy Pearce (Le Prêcheur), Dakota Fanning (Liz),Kit Harington (Samuel), Carice Van Houten (Anna)et Emilia Jones (Joanna).

    Ecrit et réalisé par Martin Koolhoven (Amnesia (2001), Schnitzel Paradise (2005), Winter in Wartime (2008)), Brimstone se veut autant un hommage aux Westerns qu’une manière d’approcher différmment ce genre tout en flirtant avec le thriller et le film fantastique par la présence d’un prêcheur aussi violent que pratiquement invulnérable (à l’épreuve des balles..). Ce film aborde également comme ce fut le cas dans True Grit (2010), Jane Got a Gun (2016), Shérif Jackson (2013) le western d’un point de vue féminin. On découvre donc la trajectoire dramatique d’une jeune femme d’une vingtaine d’années qui après avoir fui un père d’adoption violent, être vendue à un bordel et avoir réussi à s’en échapper après un difficile sacrifice va refaire sa vie dans une paisible famille. Malgré tout, ce père, un puissant prêcheur la poursuit inlassablement et a décidé de lui faire vivre à elle et à sa fille naturelle et au fils de son mari un véritable enfer. La force de Brimstone est ainsi de ne pas être simplement un western mais aussi d’aborder le fanatisme et la religion et le cinéma de genre avec une véritable rage et une envie de cinéma. Impossible non plus de ne pas voir dans ce film les nombreuses références du réalisateur et scénariste à des films comme La Nuit du chasseur (1955), Les nerfs à vif (1991) et la leçon de piano (1993) par les différentes thématiques abordées par le film. Sur les traces de l’âge d’or du Western et son renouveau grâce à Sergio Leone, Brimstone s’apparente à une résurrection d’un genre de manière convaincante malgré une violence omniprésente.

    Le film est ainsi clairement divisé en quatre chapitres et propose une structure originale (Révelation, Exodus, Genesis et Retribution). Le premier chapitre nous présente donc la jeune héroïne, Liz, muette et ayant parfaitement assimilé le langage des signes pour communiquer avec son mari et leurs deux enfants. Cette famille reconstituée va se retrouver face à un prêcheur ayant suivi Liz à travers le pays par vengeance. La seconde partie revient quant à elle sur les événements ayant précédé l’arrivée de Liz dans cette famille et son passage dans une maison close dans laquelle elle a dû apprendre à survivre. La troisième partie revient sur l’adolescence de Liz et ses rapports entre sa véritable mère et ce prêcheur qui vivait avec celle-ci et sous les couverts de la religion se rapprochait nettement plus vers le leader d’une secte guère avouable. La dernière partie est consacrée à l’affrontement final entre Liz et ce prêcheur aussi acharné que semblant invulnérable. Cette dernière partie aborde le cinéma fantastique et horrifique avec une cruauté et une véritable force faisant de ce film l’une des plus belles réussites et découvertes de cette année.

    L’affrontement psychologique entre Le prêcheur et Liz est ainsi au centre d’un film parfaitement chorégraphié et porté par un scénario original et brillant proposant de nombreux rebondissements. Le soin autant apporté à la photographie, qu’à la musique et à la direction de comédiens confère à Brimstone une certaine grâce naturelle et surtout en fait le digne descendant des grands westerns des réalisateurs précités. Le film donne également à Dakota Fanning l’un de ses meilleurs rôles. Après de nombreux films marquant comme Sam, je suis Sam (2001), Man on fire (2014), La guerre des mondes (2005), la saga Twilight (2009-2012), elle trouve avec ce film un rôle plus adulte, plus mature et surtout le moyen de montrer qu’elle reste toujours l’une des meilleures jeunes comédiennes hollywoodiennes actuelles.

    Vu le 21 février 2017 à l’UGC Ciné-cité Bercy, salle 33, en VO

  • 4.5