Logo
Accueil > Critiques de films > Monsieur et Madame Adelman

Monsieur et Madame Adelman

  • Monsieur et Madame Adelman
    Comment Sarah et Victor ont-ils fait pour se supporter pendant plus de 45 ans ? Qui était vraiment cette femme énigmatique vivant dans l'ombre de son mari ?  Amour et ambition, trahisons et secrets nourrissent cette odyssée d'un couple hors du commun, traversant avec nous petite et grande histoire du dernier siècle.

Critique de Mulder

  • Monsieur et Madame Adelman marque les débuts très réussis à la réalisation de Nicolas Bedos. Comédien, scénariste, metteur en scène et humoristique, ce dernier franchit une étape de plus dans la création artistique en nous livrant une comédie romantique universelle sur un couple qui s’aime et se déchire sur plus de quarante cinq ans. Son premier film qu’il a co-écrit avec sa compagne et également comédienne dans ce film Doria Tillier révèle une réelle maturité et un regard critique sur un métier qu’il affectionne particulièrement celui relatif à l’écriture. Que cela soit ici un célèbre écrivain ou comme lui un scénariste l’inspiration et l’art de l’écriture montrés à travers ce film est tout autant passionnant que les deux personnages principaux.

    Le film commence par la fin soit l’enterrement d’un écrivain célèbre, Victor Adelman (Nicolas Bedos) et par la rencontre entre un journaliste (Antoine Gouy parfait une fois de plus) et Sarah Adelman (Doria Tilliers) qui fut l’épouse du défunt écrivain. De cette rencontre, celle-ci va raconter librement les quarante-cinq années communes de sa première rencontre avec son mari à la mort tragique de celui-ci. Une telle histoire aurait pu donner un long film manquant cruellement de rythme et de vie pourtant il faut reconnaitre que le scénario est propice à de nombreux rebondissements et surtout à une description du milieu de l’écriture et de ses nombreux travers. Ente des parents aisés et des relations difficiles avec son entourage Victor Adelman se trouve être un homme cherchant sa liberté artistique et voulant vivre de sa passion pour l’écriture. Sa muse et compagne va ainsi lui permettre en l’aidant de se bâtir une véritable carrière artistique échelonnée de réussites et d’échecs professionnels et sentimentaux.

    Comment ne pas voir à travers l’écriture de ce film à quatre mains une manière d’exorciser les démons d’un jeune couple se trouvant en osmose et souhaitant garder leur amour aussi fort malgré les nombreuses complexités de la vie. Les nombreuses thématiques universelles sont abordées par le film comme la vieillesse, l’infidélité, la famille, la réussite professionnelle et de sa descendance. Il fallait ainsi oser créer un enfant aussi curieux et dangereux que celui du couple Adelman. De la même manière, on sent aisément que ce film est un moyen pour le réalisateur de régler certains comptes personnels comme la critique d’une gauche aisée et vivant selon ses propres principes bons ou mauvais.

    Le réalisateur Nicolas Bedos a également pu s’entourer d’un casting intéressant dans lequel on retrouve des comédiens que nous apprécions Denis Podalydès (Le psy), Antoine Gouy (Le journaliste), Christiane Millet (Mme de Richemont), Pierre Arditi (Claude de Richemont), Zabou Breitman (La directrice d’école), Julien Boisselier (Antoine de Richemont). Le scénario particulièrement soigné donne à chacun des personnages secondaires une réelle épaisseur et un réalisme concret. On retiendra particulièrement la scène du repas de Noël en famille chez les parents de Victor Adelman irrésistible et celle d’un repas du couple Adelman en pleine séparation et de leur fille. Aussi touchant que réaliste, Monsieur et Madame Adelman montre qu’un bon film repose non seulement sur un excellent scénario mais aussi sur une interprétation forte et une réalisation aussi nerveuse que méticuleuse.

    Alors que l’on aurait pu s’attendre à une comédie romantique commerciale ponctuée de scènes choc, le résultat ici est plutôt une réflexion intelligente sur le couple et les travers de la société actuelle. Aussi émouvant que sarcastique Monsieur et Madame Adelman s’impose comme une réussite majeure d’un cinéma français trop souvent décevant ou prévisible.

    Vu le 20 février 2017 au Club 13

  • 4