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si j'etais un homme

  • si j'etais un homme
    Qui n’a jamais imaginé ce que ça ferait d’être dans la peau du sexe opposé, ne serait-ce qu’une journée ? Eh bien, pas Jeanne !  Fraichement divorcée, séparée de ses enfants une semaine sur deux, pour elle les mecs c’est fini, elle ne veut plus jamais en entendre parler. Mais un beau matin, sa vie s’apprête à prendre un drôle de tournant, à première vue rien n’a changé chez elle… à un détail près !  De situations cocasses en fous rires avec sa meilleure amie, de panique en remise en question avec son gynéco, notre héroïne, tentera tant bien que mal de traverser cette situation pour le moins… inédite.

Critique de Mulder

  • Il serait simpliste de réduire le nouveau film de la comédienne, scénariste et Audrey Dana à un simple pitch dans lequel une femme divorcée se réveille un matin dotée du sexe d’un homme. Il faut plutôt aller vers le sens véritable de son deuxième film après Sous les jupes des filles (2014) dans une volonté de livrer un mixte aussi intéressant que réussi entre le conte fantastique et la comédie romantique d’un point de vue féminin. Comme pour son premier film, la réalisatrice et scénariste retrouve pour l’occasion la dialoguiste Murielle Magellan afin de soigner non seulement l’écriture de son scénario mais aussi donner aux nombreux dialogues un véritable sens et une crédibilité certaine. On retrouve également dans un second rôle important la jeune comédienne Alice Belaïdi qui ne cesse de nous étonner et nous avait convaincus dans la comédie L’ascension de Ludovic Bernard (2017).

    Dans une société dans laquelle les hommes continuent à prédominer dans les postes les plus importants et dont les films sont toujours tournés majoritairement par eux, Si j’étais un homme présente suffisamment de qualité, de rythme et une véritable recherche au niveau de l’écriture pour nous avoir conquis. Alors que Sous les jupes des films était un film choral, un constat sur la gente féminine actuelle, Si j’étais un homme se veut plutôt une photographie séduisante de notre société actuelle à travers le portrait d’une mère de famille qui va devoir retrouver confiance en elle et fait fi de ce changement important au niveau de son corps humain. Autant femme que homme, le personnage de Jeanne séduit par sa fragilité et sa manière de s’adapter malgré tous les ennuis lui arrivant (divorce, collègues de travail, gynécologue dépassé par les événements..).

    Alors que de nombreuses comédies romantiques nous déçoivent par leur manque d’originalité et le fait d’appliquer des formules toutes faites auxquels les spectateurs ne sont plus si sensibles et surtout nettement plus critiques. Le film si j’étais un homme est également nettement plus personnel et abouti que son premier film mais en même temps plus risqué car le piège serait de ramener ce film à une comédie graveleuse ce qu’elle n’est pas. Au contraire, la réalisatrice y apporte une véritable sensibilité féminine et aborde aussi des thématiques qui lui tiennent à cœur comme l’amitié, l’écologie (l’importance de l’orage comme déclencheur) mais aussi une vision plutôt juste du monde de l’entreprise.

    L’inspiration certaine du film se trouve vers les grandes comédies romantiques et on pense à travers certaines scènes au film Quand Harry Rencontre Sally (1989) par cette relation homme-femme traitée subtilement. La réalisatrice a ainsi pu s’entourer sur un casting intéressant dans lequel on retrouve parmi les seconds rôles masculins Christian Clavier (dans l’un de ses meilleurs rôles depuis longtemps), Eric Elmosnino et Antoine Gouy. Avec un tel casting, on ne peut que défendre ce conte fantastique, cette comédie romantique attachante .

    Vu le 15 février 2017 à la Salle Universal, en VO

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