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The Young Lady

  • The Young Lady
    1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible.

Critique de Mulder

  • The Young Lady (Lady McBeth) s’impose aisément dès sa découverte comme l’un des meilleurs premiers films vus depuis longtemps au cinéma. Pourtant adapté un roman n’est guère chose aisée surtout si celui-ci a été écrit au 19ème siècle car il faut non seulement en respecter le récit mais également le moderniser. En cela le scénario écrit par Alice Birch dont c’est également le premier scénario pour un long métrage réussit à doser à la perfection une ambiance oppressante et développer de manière très intéressante les principaux personnages.

    On découvre ainsi en pleine Angleterre rurale, une jeune femme mariée malgré son gré à un homme puissant et riche nettement plus âgé. Celle-ci tombera amoureuse de son palefrenier travaillant pour son mari sans se douter que cette union dangereuse va l’amener à une dangereuse spirale faite de meurtres et d’une passion physique intense. La force du roman original était de dépeindre avec précision le milieu rural et d’une femme fatale en lutte contre son milieu social et prête à tout pour gagner son indépendance y compris en recourant aux meurtres.

    L’histoire déjà adaptée sous la forme d’un opéra en Russie avait choqué les spectateurs par son caractère subversif et de décrire un personnage féminin aux mœurs douteuses. C’est pourtant cela qui a autant passionné le réalisateur plutôt habitué à mettre en scène des pièces de théâtre et la scénariste à en écrire. Pour arriver à une telle liberté artistique, le réalisateur dut se suffire d’un budget très infime pour ce type de production (cinq cent mille euros). Pourtant, il faut reconnaitre que The Young Lady gagne en audace et surtout en inventivité ce qu’il perd en ne pouvant mettre en avant des scènes impressionnantes. En cela ce film revient à l’essence même du cinéma, c’est-à-dire raconter une histoire sans avoir recours à moult effets spéciaux ou non. La mise en scène semble constamment chercher les meilleurs angles de vue pour présenter cette histoire et sur un casting minimaliste.

    Pour que cette histoire puisse être fonctionnelle il fallait également un casting à la hauteur des exigences du réalisateur et des moyens disponibles. En cela la révélation du film est la jeune comédienne Florence Pugh parfaite dans son rôle de femme aussi dangereuse que séduisante. Apparue dans le film Studio City (2015) et prochainement dans le film Fighting With My Family de Stephen Merchant produit par Dwayne Johnson, elle réussit à donner à son personnage toute l’épaisseur nécessaire et on suit avec grand intérêt l’évolution de celui-ci.

    The Young Lady montre une nouvelle fois que le cinéma indépendant permet de permettre à de nouveaux réalisateurs de pouvoir monter des films aussi maitrisés que réussis. Dans ce sens The Young lady est l’un de nos coups de cœur de cette année 2017.

    Vu le 14 février 2017 au Club Marbeuf en VO

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