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Figures de l'ombre (Les)

  • Figures de l'ombre (Les)
    Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn.  Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.

Critique de Mulder

  • Les figures de l’ombre s’impose aisément comme l’une des plus belles surprises de l’année et surtout un message fort et important contre les discriminations raciales, sociales et sexistes de notre société actuelle. L’intelligence du scénario signée par Allison Schroeder (Lolita malgré moi 2 (2011)..) est de nous relater une histoire vraie restée longtemps inconnue. On découvre ainsi le portrait de trois afro-américaines engagées par la NASA alors que les lois ségrégationnistes Jim Crow toujours en vigueur continuaient à frapper par son injustice tous les afro-américains de cette époque guère flatteuse pour les Etats- Unis. Le manque de main d’œuvre faisant, de nombreuses sociétés américaines comme le laboratoire de Langley devaient avoir proposé à des femmes des emplois tenus jusqu’alors par des hommes. Même si un cloisonnement continuait à persister (la scène des toilettes est une des plus belles de ce film et nous conforte à notre idée que Kevin Costner est l’un des plus grands comédiens actuels), comme le montre si bien ce film chaque salarié avait son rôle à jouer au sein de ce qui deviendra plus tard la NASA.

    Le film est l’adaptation du roman Hidden Figures de Margot Lee Shetterly qui relate ainsi l’importance de la physicienne, mathématicienne et ingénieure spatiale américaine Katherine Johnson (Taraji P. Henson) qui a eu un rôle crucial dans la course à la conquête de l’espace. Elle a ainsi permis une réelle avancée au niveau des programmes aéronautiques et spatiaux de la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Ses brillantes compétences ont permis de calculer parfaitement les trajectoires du programme Mercury et de la mission Apollo 11 vers la Lune en 1969. Epaulée par ses deux amies Dorothy Vaughn (Octavia Spencer) et Mary Jackson (Janelle Monáe) travaillant aussi au sein du laboratoire de Langley, elles ont non seulement pu permettre une réelle reconnaissance de l’importance des femmes au sein du monde du travail mais aussi bravé de nombreuses interdictions des lois ségrégationnistes.

    Après de nombreux courts-métrages (The Beneficiary (2008), Roshambo (2010), I Want Candy (2010)) et un premier film remarqué St Vincent avec Bill Murray, Melissa McCarthy et Naomi Watts (diffusé directement en France sur Netflix), son second film s’impose aisément comme une réussite totale non seulement par son scénario prétexte à de nombreux rebondissements mais aussi à une analyse intéressante de la société américaine mais surtout par une réalisation en parfaite osmose avec celui-ci. Une nouvelle fois, Le figures de l’ombre comme ce fut le cas récemment dans l’excellent Imitation Game (2014) de Morten Tyldum montre à quel point les mathématiques occupent une part importante dans notre société actuelle et est une science aussi complexe à décrypter qu’à utiliser dans plusieurs applications. La force de ce film est de rendre compréhensible et intéressante de telles recherches.

    Derrière la conquête de l’espace et une lutte acharnée contre les scientifiques russes, ce film s’impose non seulement comme un film universel à découvrir d’urgence mais aussi par un des meilleurs castings vu depuis longtemps au cinéma. On retrouve ainsi dans les trois rôles féminins principaux Taraji P. Henson (Katherine Johnson), Octavia Spencer (Dorothy Vaughn), Janelle Monáe (Mary Jackson), Kevin Costner (Al Harrison), Kirsten Dunst (Vivian Michael), Aldis Hodge (Levi Jackson), Jim Parsons (Paul Stafford) et Mahershala Ali (Jim Johnson). Parfaitement campés, tous les personnages retiennent notre attention et imposent Les Figures de l’ombre comme l’une des excellentes surprises de ce début d’année.

    Vu le 8 février 2017 au Forum des Images, Salle 300, en VO

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