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Folles de joie

  • Folles de joie
    Beatrice est une mythomane bavarde au comportement excessif. Donatella est une jeune femme tatouée, fragile et introvertie. Ces deux patientes de la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux, se lient d'amitié. Une après-midi, elles décident de s'enfuir bien décidées à trouver un peu de bonheur dans cet asile de fous à ciel ouvert qu'est le monde des gens « sains».  

Critique de Mulder

  • Folles de joie marque la seconde collaboration entre le réalisateur Paolo Virzi et la comédienne Valeria Bruni-Tedeschi. Présenté le mois dernier dans la section de la quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes, Folles de joie s’apparente à un hommage à l’italienne de Thelma et Louise mais également à Vol au-dessus d’un nid de coucou (1975). Ses deux semblent ainsi être à l’origine de ce film tant les nombreux clins d’œil qui ponctuent le récit sont nombreux.

    On découvre ainsi dans un asile psychiatrique deux femmes qui vont se lier d’amitié. La première Béatrice est une mythomane très bavarde et n’arrivant pas à contrôler ses instincts. Son déséquilibre est en partie dû à une vie passée dans laquelle elle s’était éprise d’une personne mal attentionnée. Elle est interprétée par la comédienne Valeria Bruni Tedeschi qui lui apporte une véritable force et présence. Donatella Morelli quant à elle souffre d’un déséquilibre mental ayant amené à une tentative de suicide avec son enfant en sautant d’un pont. Elle est interprétée par Micaela Ramazzotti (Ton absence (2013), La prima cosa bella(2010)).. Parfaitement campé le duo formé par ces deux grandes comédiennes nous interpelle, nous renvoie à notre propres erreurs et blessures secrètes. Loin de chercher constamment à nous lamenter sur le sort de ces deux femmes, le film au contraire est une invitation permanente au voyage, à la conquête du monde qui s’ouvre à nous.

    Le film retrouve le ton romantique des grandes fresques sociales italiennes. Loin de vouloir présenter une histoire de manière traditionnelle, le réalisateur nous invite à revivre un pan complet du cinéma italien passé. Ce n’est donc pas un pur hasard si les deux héroïnes se retrouvent malgré elle à être deux figurantes dans un film en tournage dans la maison de la mère de Beatrice Morandini Valdirana. Cela serait plutôt un véritable hommage à peine déguisé à l’âge d’or du cinéma italien. Si Folles de joie réussit également à capter notre attention c’est par sa manière de donner à chacun des personnages une véritable profondeur tout en laissant une empreinte indélibile mélancolique guidée par leur destinée.

    Une nouvelle fois la comédienne Valeria Bruni Tedeschi est parfaite dans son rôle de mythomane et donne au film ses lettres de noblesse. Son jeu cristallin nous montre une nouvelle fois que la frontière entre le théâtre et le cinéma peut totalement s’effacer et laisser place à une harmonie totale. On repense ainsi en suivant ce film aux grands films de notre enfance dans lequel les films par leur scénario et leurs comédiens n’avaient pas à recourir à des effets spéciaux spectaculaires pour masquer leur nombreuses faiblesses. Dès sa découverte Folles de joie redonne au cinéma sa noblesse et surtout nous livre tout simplement une histoire forte en émotions merveilleusement orchestrée

    Vu le 30 mai 2016 au Gaumont Opéra Capucines, Salle 02, en VO

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