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Warcraft : Le commencement

  • Warcraft : Le commencement
    Le pacifique royaume d'Azeroth est au bord de la guerre alors que sa civilisation doit faire face à une redoutable race d’envahisseurs: des guerriers Orcs fuyant leur monde moribond pour en coloniser un autre. Alors qu’un portail s’ouvre pour connecter les deux mondes, une armée fait face à la destruction et l'autre à l'extinction. De côtés opposés, deux héros vont s’affronter et décider du sort de leur famille, de leur peuple et de leur patrie.

Critique de Mulder

  • Durant le mois de juillet dernier les premières images du nouveau film très attendu de Duncan Jones (Moon (2009) et Source code (2011) furent présentées en présence de ce réalisateur et du casting dans un des panels du San Diego Comic-Con. Il ressortait de celui-ci une véritable passion du réalisateur pour cet univers créé par la société Blizzard. Véritable passionné de cinéma, son approche de la science-fiction d’une manière aussi originale qu’attachante ont ainsi démontré un véritable talent de narrateur et surtout une direction de comédiens convaincante et une utilisation des effets spéciaux avec parcimonie. Refusant constamment la facilité son premier film Moon avait démontré les talents du réalisateur également à écrire un scénario original et suffisamment sophistiqué pour retenir toute l’attention. Son nouveau film Warcraft était ainsi non seulement attendu par les joueurs des jeux vidéo de l’univers homonyme mais aussi par ceux du réalisateur souhaitant retrouver son style intact dans un des blockbusters les plus attendus de cette année.

    Adapter un univers de jeux vidéo n’est jamais chose aisée. De nombreux films ont ainsi totalement raté leur approche comme ce fut le cas pour Prince of Persia : les sables du temps (2010), Max Payne (2008) et autres Resident Evil, Silent Hill.. La plupart du temps le scénario laborieux n’arrivait ni à rendre l’ambiance du jeu et manquait cruellement d’idées originales et intéressantes pour retenir totalement notre intérêt. Pourtant Warcraft tient particulièrement du miracle tant la tâche a dû être ardue de respecter non seulement l’univers du jeu vidéo mais aussi savoir donner vie à des personnages appréciés du public. A l’origine du film le premier jeu vidéo Warcraft fut publié en 1994. Il s’agissait d’un jeu de stratégie en temps réel développé par le studio Blizzard Entertainment. De nombreuses suites à ce jeu vidéo furent proposés tels Warcraft II: Tides of Darkness (1995) et Warcraft III: Reign of Chaos (2002). Le jeu vidéo World of Warcraft l’imposa comme un de jeux de rôles les plus adulés du public et comptait en 2010 plus de douze millions d’abonnés. Face à un tel succès de nombreux produits dérivés virent régulièrement le jour comme des romans et nouvelles ((2001-2014), des comics (2007-2013) , des mangas, (2005-2011), des jeux de sociétés (2003 et 2005), un jeu de rôle (2003). Il était donc inévitable que l’industrie du cinéma s’intéresse à une telle licence. Le film Warcraft s’inscrit aisément dans la volonté de proposer au public un divertissement flamboyant dans la continuité de la première trilogie du Seigneur des anneaux mais aussi du premier Avatar. Dans ce contexte, le scénario était l’élément principal indéniable pour proposer une transposition mémorable et non l’utilisation d’effets spéciaux spectaculaires pour combler fes faillles de celui-ci. Ce mélange d’héroic-fantasy opposant les humains d’Azeroth à des Orcs de plusieurs tribus se devait de reposer sur un scénario suffisamment ingénieux pour éviter au film un rythme trop linéaire et dénué de rebondissement.

    Dès la première scène du film l’opposition entre la caste des humains et des orcs est clairement donnée et un souffle épique instauré qui ne quittera à aucun moment les deux heures du film. On découvre donc les guerriers Orcs fuyant leur monde pour coloniser celui du royaume des humains d’Azeroth. La magie omniprésente dans le film permet d’amener de nombreuses scènes spectaculaires. La volonté certaine du réalisateur se ressent à chaque plan du film. Loin de vouloir proposer un simple film d’héroic-fantasy à grand budget, celui-ci tient particulièrement à donner à ses personnages principaux une réelle épaisseur. Le scénario co-écrit par ce réalisateur et Charles Leavitt (Au cœur de l’océan (2015), Blood diamond (2006)) témoigne totalement de leur volonté d’utiliser les meilleurs éléments et idées de l’univers des jeux vidéo Warcraft et d’apporter aussi des éléments originaux nombreux.

    Une des principales difficultés du film tenait également à proposer un casting suffisamment attractif et intéressant pour créer un véritable lien entre ces personnages et le public. Le film permet ainsi de retrouver notamment les comédiens Dominic Cooper et Ruth Negga dans des seconds rôles (tous les deux présents au casting de la nouvelle série Preacher) mais aussi les comédiens Travis Fimmel (série Viking), Toby Kebbell, Paula Patton et Ben Foster dans des rôles importants du film.

    L’autre grande difficulté du film était de donner vie à ces nombreux Orcs de manière réaliste. Le réalisateur a ainsi notamment eu recours à la technique de la motion capture pour créer ces personnages. Un grand soin fut aussi apporté aux nombreux décors et accessoires afin qu’ils reflètent l’univers du jeu vidéo mais aussi n’est pas à pâlir de la concurrence inévitable avec la trilogie du Seigneur des anneaux. Le film se réfère à la première guerre entre les humains et les Orcs traitée dans le premier jeu vidéo. Le film bénéficie ainsi de la présence de Bill Westenhofer, à la supervision des effets visuels (auréolé de deux Oscar). Le plaisir pris au réalisateur également passionné de jeux vidéo à donner vie à cet univers se ressent tout au long du récit.

    Warcraft s’impose de ce fait comme l’un des films majeurs de cette année 2016, une adaptation royale d’un jeu culte et adulé par de très nombreux joueurs. L’attente fut longue pour découvrir ce film mais le résultat final a retenu toute notre attention. On vous conseille donc de le voir en format IMAx. Warcraft est une nouvelle réussite indéniable d’un réalisateur talentueux dont nous continuerons à suivre la carrière avec le plus grand des intérêts.

    Vu le 24 mai 2016 au cinéma Le Grand Rex en VO et 3D

  • 4.5