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Dernier samouraï (Le)

  • Dernier samouraï (Le)
    En 1876, le capitaine Nathan Algren, sorti victorieux de la Guerre de Sécession, vit avec les souvenirs des batailles sanglantes. Fort de son expérience au combat, il devient conseiller militaire pour le compte de l'empereur japonais soucieux d'ouvrir son pays aux traditions et au commerce occidentaux et d'éradiquer l'ancienne caste guerrière des samouraïs. Mais ceux-ci influent sur le capitaine Algren, qui se trouve bientôt pris entre deux feux, au coeur d'une confrontation entre deux époques et deux mondes avec, pour le guider, son sens de l'honneur. (Source Allociné)

Critique de tootpadu

  • "'Danse avec les loups' au pays du soleil levant", c'est ainsi que cette épopée guerrière pourrait convenablement être résumée. Sans atteindre la portée humaine et la maîtrise cinématographique du western de Kevin Costner, le film suit le déroulement du récit dans ses grands axes. De l'enrôlement forcé pour venir en aide à l'Empéreur japonais, en passant par la captivité, jusqu'à l'appréciation d'un mode de vie étranger, cette histoire est tellement prévisible qu'elle devient à coup sûr ennuyeuse par moments. A l'image de la structure académique de l'ensemble, le message que le scénario cherche à tout prix à transmettre manque particulièrement de finesse. Même la mélancolie qui devrait se dégager due au déclin d'une époque admirée et révolue est écrasée sans pitié, comme par un rouleau compresseur, par les grands moyens pathétiques (musique majestueuse, ralentis, sacrifice des protagonistes) dont le réalisateur se sert en abondance.
    Face à ses bons sentiments assenés à coups de marteau, qu'en est-il des accomplissements techniques ? Assurément au service d'une machinerie hollywoodienne efficace et sans âme, le film se distingue surtout dans les domaines de la photographie, des costumes et de la musique (même si Hans Zimmer ne fait que recycler des thèmes éprouvés dans le passé).
    Quant à l'interprétation, seul Ken Watanabe dans le rôle du samouraï déchu arrive à impressionner, au point qu'il deviendra probablement un des très rares comédiens asiatiques (après Sessue Haykawa, Miyoshi Umeki, Pat Morita et Haing S. Ngor) à être cité aux Oscars. Il suffit en effet de regarder les quelques scènes dont il dispose pour mesurer l'intensité, la détermination et la dignité qu'il leur confère. A côté, Tom Cruise fait presque pâle figure, caché sous une barbe qui ne lui sied pas particulièrement, à la recherche d'un Shangri-La qui pourra guérir ses blessures psychologiques. Comme tout le film, il donne l'impression de faire trop d'efforts, de trop se forcer à habiter ce personnage dont la complexité dépasse ses talents limités d'acteur.
    Après le regard moqueur de "Lost in Translation" la semaine passée, on a donc droit à une révérence lénifiante avec un léger goût colonialiste qui a au moins l'avantage de garder une certaine pureté dans la distinction des langues, n'obligeant que rarement les acteurs japonais à parler en anglais.

    Vu le 15 janvier 2004, à l'UGC Normandie, Salle 1, en VO

  • 2.5

Critique de Mulder

  • Critique élaborée à partir de critiques lues sur Allo Ciné et revue par mes soins.

    Très bien joué, notamment par Ken Watanabé, le film remplit sa fonction de divertissement sans jamais se défaire d'une certaine pesanteur. Seule l'originalité du sous texte politique compense l'emphase du style. Edward Zwick livre une grosse production honorable, sobre, parfois un peu longuette, mais dans laquelle il a su filmer les combats avec une réelle maîtrise de l'espace.

    Le film est un voyage initiatique, la quête d'un homme à la recherche de son honneur perdu, le choc de deux cultures, deux civilisations. C'est un beau moment de cinéma. Entre l'esquisse intimiste d'une romance impossible et les batailles dantesques où se décide l'Histoire, c'est un spectacle universel qui se dessine là. Le réalisateur Edward Zwick et son co-scénariste John Logan ont façonné un univers riche et crédible qui place le film au-dessus des superproductions hollywoodiennes habituelles.

    On regrette cependant que la forme ne soit pas aussi étonnante que le fond, car si la mise en scène est académique, parfois même rébarbative, le film, lui, ne l'est pas. Les deux hommes et leurs troupes donnent à ce Dernier Samouraï un élan, une bravoure, un héroïsme et un lyrisme qui finissent par nous conquérir et nous émouvoir

    Cela aurait pu être un grand spectacle épique. Ce n'est qu'un produit de consommation courante à la gloire de Tom Cruise, ici dans la peau d'un héros aussi increvable qu'indécoiffable. Ce film qui cite méticuleusement des séquences entières du cinéma américain à grand spectacle, peut faire sourire.

  • 3