Logo
Accueil > Reviews > Gothika

Gothika

  • Gothika
    Le docteur Miranda Grey, psychologue pour criminels de renom, travaille au sein du pénitencier psychiatrique pour femmes que dirige son mari. Elle sait mieux que personne ce qui est rationnel... Jusqu'au jour où elle se réveille dans l'une des cellules de l'institution, accusée du meurtre de son mari. Un crime dont elle n'a aucun souvenir. Dans sa quête pour retrouver la mémoire, elle devra faire face à un esprit vengeur... (Source Allociné)

Critique de tootpadu

  • Pour les débuts de notre "Kasso" national en tant que réalisateur outre-atlantique, on aurait souhaité un prétexte plus convenable que ce film d'horreur immonde. En fait, s'il n'y avait pas tous ces noms prestigieux de la partie, cette histoire de possession, de folie et de nature humaine décadente aurait très probablement fini sur une chaîne obscure du câble en plein milieu de la nuit. Car rien n'est, ne serait-ce que de façon éloignée, à la hauteur du travail antérieur des cinéastes et acteurs impliqués.
    Prévisible du début jusqu'à la fin et par là particulièrement énervant, un scénario amateur est encore enfoncé dans les méandres du mauvais cinéma - mauvais comme irregardable, pas mauvais comme tellement mauvais qu'il devient bon - par une mise en scène prétentieuse et ostentatoire qui abuse d'une bande son sur-saturée, et par une interprétation hystérique. Seul Robert Downey Jr., à défaut de donner vie à son personnage terne, s'aventure sur une piste intéressante dans la mesure qu'elle nous rappelle par moments le travail de feu Anthony Perkins. Quant au reste, ils feront mieux d'effacer cet épisode de leur filmographie !
    L'Amérique n'est pas la France et là où Kassovitz pouvait tromper la foule avec ses "Rivières pourpres" à l'histoire tout aussi vaine que "Gothika" au point d'en faire un des plus gros succès de son année, il échoue misérablement avec cette entrée en matière hollywoodienne, véritable resucée des recettes à la mode, écrasée par une couche de psychanalyse primaire et bête. Ne s'ouvrira donc vraisemblablement même pas le chemin d'un Luc Besson devant lui, mais seulement celui d'un faiseur de la trempe du regretté Carl Schenkel, un autre expatrié qui, après quelques succès chez lui, s'est vite retrouvé à faire des téléfilms. Et en vue de cette insulte à l'intelligence du spectateur, cela ne sera même pas dommage !

    Vu le 8 janvier 2004, à l'UGC Ciné Cité Bercy, Salle 33, en VO

  • 1.5

Critique de Mulder

  • Critique élaborée à partir de critiques lues sur Allo Ciné et revue par mes soins.

    Le résultat a beau être un pur film de genre, on constate rapidement que le réalisateur de " La haine " n'a rien perdu de son énergie formelle en traversant l'Atlantique. Kassovitz est un réalisateur talentueux. De ceux qui, au-delà de l'opportunisme commercial, savent s'adapter à toutes les formes de récit. Mathieu Kassovitz insuffle véritablement à l'oeuvre toute sa puissance et son inventivité visuelle. Car, même si le sujet tient en haleine, il est loin d'être totalement innovant une oeuvre maîtrisée de bout en bout, qui manque simplement d'un peu de folie.

    La première partie de Gothika laisse augurer le meilleur : quelques effets chics et acérés, une photographie envoûtante de Matthew Libatique, un réel suspense et un casting de choix. Hélas, l'illusion ne dure qu'un temps : la surenchère visuelle devient pesante, rendant la peur factice. On sent le cinéaste tiraillé entre les exigences du genre et ses propres fantasmes. Et c'est là qu'il rencontre ses limites : à trop hésiter entre fascination pour un certain cinéma américain et volonté de se démarquer, il ne parvient pas à faire totalement sien le film.

    Pourtant, Kassovitz soigne les cadrages et les mouvements de caméra, met en valeur les comédiens et les décors, distille les ambiance, intègre les effets spéciaux, recycle les clichés et orchestre efficacement frissons et sursauts. Il parvient ainsi, souvent, à nous faire revenir dans l'histoire quand les lacunes du scénario menacent de nous larguer.

    Ce film est un plagiat à peine voilé d'Hypnose, de David Koepp. Malgré l'atmosphère oppressante, angoissante du début, Gothika tourne très vite au film standard américain, qui n'apporte rien de nouveau au genre. Kassovitz emploie un vocabulaire double : celui de Joel Silver, grand producteur du cinéma d'action américain celui des Rivières Pourpres, et avec lui d'un certaine tendance de l'horreur à la française. Certes, il y a un problème de scénario, qui oscille entre horreur, mysticisme et thriller, avant de sombrer dans le fait divers racoleur. Certes, un montage à la hache rend la dernière scène incompréhensible. Mais Gothika souffre surtout d'un cruel manque d'originalité, qui le fait paraître poussif et déjà vu.

  • 3