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Anything else - la vie et tout le reste

  • Anything else - la vie et tout le reste
    Entre Jerry, jeune écrivain comique, et Amanda, ça a été le coup de foudre. Tout les rapprochait, une vie de bonheur s'ouvrait et pourtant... Pas si simple la vie au jour le jour avec Amanda, un peu névrosée, boulimique, jamais ponctuelle et qui devient hystérique dès que Jerry la touche, pas facile de se séparer de son agent quand on est son unique client, dur de partager son appartement avec sa belle-mère. Heureusement pour Jerry, il y a Dobel, un confrère qui a un avis sur tout : les femmes, la vie, l'art, la survie et comment sauver le couple de Jerry et Amanda... (Source Allociné)

Critique de tootpadu

  • Woody Allen est un des rares réalisateurs dont on peut admirer exactement un film par an, avec la précision d'une montre. Devenu une sorte d'icône du monde du cinéma, surtout en France, et du moins une fois les accusations peu flatteuses de sa séparation de Mia Farrow oubliées, son oeuvre s'apprécie plus dans son ensemble, comme une vigne, avec des bons crus, et des moins bons, tout comme des bons films et ceux qui essaient un peu trop à être drôles ou tristes ou les deux à la fois. A défaut d'innover depuis un certain temps, il se trouve toujours dans la troisième grande étape de son oeuvre, après les comédies légères des années 1970 (période Diane Keaton), les films plus inspirés par la psychanalyse sombre à la Bergman des années 1980 (période Mia Farrow), et depuis, des comédies généralement plus sophistiquées que celles d'il y a 25 ans (période Judy Davis ou des actrices qui lui ressemblent, comme Stockard Channing, ici).
    Une fois qu'on a goûté au cru de cette année, il convient de le déclarer le meilleur depuis trop longtemps, c'est-à-dire, à notre humble avis, depuis "Tout le monde dit 'I love you'", il y a sept ans déjà. Pas dépourvu de défauts, tels les adresses à la caméra par le personnage de Jerry trop nombreux ou un certain essouflement vers la fin, l'impréssion générale est néanmoins positive, grâce aux feux d'artifices d'esprit et à l'interprétation remarquable.
    Avec l'âge, Woody, comédien, semble se mettre un peu en retrait, et c'est donc tout naturellement Jason Biggs qui prend la relève en tant que jeune héro névrosé. Et la bonne surprise du film réside avant tout là, dans son jeu encore un peu hésitant, imprégné visiblement des maniérismes de son mentor. En tout cas, rien ne laissait présager un tel potentiel, pas encore complètement en éclosion ici, quand on pense à son autre petite marque dans l'histoire du cinéma dans la série des "American Pie" ! On n'ira pas jusqu'à dire qu'un grand comédien est né, mais dans ce film, il nous fait part de promesses que l'on aimerait bien voir tenues dans le futur ! L'autre interprétation réjouissante est celle de Christina Ricci, dont on pense depuis longtemps le plus grand bien, mais qui n'avait pas eu de rôle aussi juteux depuis au moins cinq ans. Enfin, remarquons l'apparition, plus qu'un véritable second rôle, de Stockard Channing qui habite chaque petit moment qu'elle apparaît à l'écran.
    Quant à l'univers de Woody Allen, il trouve ici plus une continuité réussie qu'une rupture ou transformation. Le fond et la forme des blagues sont généralement semblables aux films précédents, sauf que la Shoah nous paraît prendre une place plus grande et plus triste qu'auparavant. Il n'en reste pas moins que l'humour à la Woody fonctionne encore très bien et que ses jeux de mots et d'esprit remportent notre adhésion !

    Vu le 03 novembre 2003, au Pathé Wepler, Salle 8, en VO

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