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Furet (Le)

  • Furet (Le)
    Une série de meurtres de petits voyous tient la police parisienne en haleine. Comme l'assassin est un homme moyen qui échappe à tous les pièges, on le surnomme le "Furet". Et effectivement, il s'agit d'un petit serrurier qui tente d'accéder au monde de la grande pègre avec ses grosses bagnoles et ses belles blondes.

Critique de tootpadu

  • Malheureusement un peu passé de mode, les films de Jean-Pierre Mocky en général, et celui-ci en particulier, constituent cependant une partie minoritaire, mais intéressante et résistante du paysage cinématographique en France. Tout cela dégage évidemment un petit goût de la vieille école des années 1970 et un air de vieux qui se fait du plaisir n'est pas très loin - comme preuve la profusion de seins dénudés vers la fin. Cependant, il s'agit en même temps d'un cinéma populaire au meilleur de sa forme, respectueux de ses personnages sans hypocrisie et de son public. Alors que le récent "Tais toi !" de Veber vise dans sa forme lisse et finalement sans âme les spectateurs huppés et bourges des Champs-Elysées, ce petit "Furet" court plutôt du côté du nord(-est) de Paris, des quartiers qui y figurent d'ailleurs avec insistance, au point de frôler la déclaration d'amour. Excusez-nous de cette polarisation usée et, hélas, datée - tout le monde sait que les cinémas sont une denrée rare au nord d'Opéra et de République - mais dans son irrévérence chaleureuse et compatissante, Mocky nous fait un peu regretter le temps révolu où l'on allait au cinéma, et non au super-marché, au coin de la rue.
    Trêve de nostalgie, comment s'en sort finalement ce petit polar aux airs d'antan ? Remarquablement bien, il faut le dire. Assumant pleinement ses choix exacerbés (le cabotinage de Serrault en vieux parrain et ancien spahi), il nous offre un plaisir à la fois rétro et très contemporain par le choix de ses décors. Grâce à la mise en scène simple mais efficace (les champs / contre-champs en gros plan) et à la capacité de Mocky de "choisir des gueules", comme disait mon prof, on se retrouve face à une petite perle authentique d'un cinéma populaire rare et regretté.

    Vu le 30 octobre 2003, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 23

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