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Deuxième souffle (Le)

  • Deuxième souffle (Le)
    Le braqueur Gustave, dit "Gu", Minda s'est échappé de prison après dix ans de détention. Avec le commissaire Blot à ses trousses, il se cache à Marseille, en attente d'un dernier coup qui lui permettra de se refaire une santé financière et de s'enfuire en Italie.

Critique de tootpadu

  • En reprise cette semaine dans quelques salles parisiennes, ce polar d'un certain âge ne l'accuse presque pas, tellement il fournit un nouvel exemple de la maîtrise et de l'élégance de la mise en scène de Jean-Pierre Melville. Alors que le cadre paraît quelque peu daté (il ne faut plus quelques jours pour traverser la France en auto-car, et l'on ne doit plus non plus monter dans ceux-ci par l'arrière), l'histoire en elle-même relève de la meilleure tradition du policier à la française, avec ses petites frappes qui se font descendre à la première occasion, ses gros durs qui tiennent encore à l'honneur et au pacte de silence, ses femmes désabusées dont la fidélité est néanmoins sans reproche et ses commissaires joviaux mais sans merci.
    Que tous ces stéréo-types arrivent à nous scotcher à l'écran pendant la durée considérable du film est avant tout dû à l'efficacité et à la précision du scénario et de la réalisation de Melville. En dépit d'un récit qui couvre plus d'un mois avec des pistes qui mènent nulle part et un nombre important de personnages secondaires, l'impression d'ensemble est celle d'une élégance d'exécution sans reproche, sous peine d'être émotionnellement froid. Peu importe, ce genre de film n'est pas fait pour vous faire sortir les mouchoirs, et l'acuité de la description des personnages et le déroulement inéluctable de l'intrigue en font un autre film de genre très réussi de l'auteur.
    A la limite, il suffit d'observer Lino Ventura, ici plus que jamais un Bogart français, à la fin, pour mesurer la classe haletante du film !

    Vu le 28 octobre 2003, au MK2 Bibliothèque, Salle 7

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