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Ken Park

  • Ken Park
    La vie de quatre jeunes, Shawn, Claude, Peaches et Tate, dans une petite ville américaine. Abandonnés tous d'une façon ou d'une autre par leurs parents, ils passent leur temps à fumer toute sorte de drogues ou à coucher entre eux.

Critique de tootpadu

  • Le regard que l'ancien photographe Larry Clark, épaulé ici par le chef-opérateur Ed Lachman ("Loin du paradis"), porte sur l'Amérique de nos jours dans toute sa banalité est un regard à la fois plein de désillusion et de compassion. Le monde des jeunes qu'il dépeint dans ses films, que ce soit "Another Day in Paradise" ou "Bully", est entièrement dépourvu de repères, un univers où les parents ont perdu tout contrôle sur leur progéniture au point d'être encore plus déboussolés qu'eux. De même dans ce film, où l'alcool ou la religion fanatique constituent leur refuge face à l'absence absolue d'autorité. Faute de guide, les ados se précipitent à leur tour dans le monde de la drogue douce ou des rapports sexuels débridés, cherchant en vain une occupation qui les dérobe à l'atmosphère ennuyeuse de la bourgade. Dans ce sens, Larry Clark n'est point un prêcheur simpliste qui ferait philosopher ses protagonistes à longueur de film, ni un dénonciateur féroce qui montrerait du doigt les méfaits d'une société. Non, il occupe plutôt la fonction d'un observateur, qui comprend à la fois le désarroi des jeunes et des moins jeunes, sans chercher une solution facile et improbable à ce malaise existentiel.
    D'une structure répétitive, à la limite de l'ennui, "Ken Park" ne possède pas la férocité d'un "Bully" et la dégradation des rapports entre jeunes et parents est quelque peu prévisible dans sa cruauté. Cependant, les scènes de nudité qui avaient dans le passé rapporté à Clark une réputation de vieux gâteux, remplissent ici parfaitement leur rôle de refuge cru et de symbole de la solitude des individus et des rapports de force entre eux.
    "Ken Park" dit autant sur le monde qu'il ausculte qu'il ne tait, et l'impression en sortant de la salle est quelque peu ambigüe face à un film qui est parlant dans son malaise, mais pas assez clair dans ses choix.

    Vu le 10 octobre 2003, au MK2 Quai de Seine, Salle 1, en VO

  • 2.5