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Twentynine Palms

  • Twentynine Palms
    En repérage, Katia et David parcourent le désert californien à bord de leur 4X4. Ils s'arrêtent dans un motel, utilisent la piscine, y font l'amour, de même qu'en pleine nature. Malgré leurs problèmes de communication, ils s'aiment jusqu'à ce que leur idylle soit ébranlée par une agression.

Critique de tootpadu

  • Pour son troisième film, Bruno Dumont quitte le nord de la France, un milieu qui avait fortement imprégné son travail précédent. Ainsi, le champ qui était enfermé auparavant par les fronts de maisons en bordure de rue s'ouvre sur les étendues du désert californien. Dumont lui laisse tellement de place que les deux personnages s'y perdent, y disparaissent dans des nuages de poussière ou dans l'obscurité après le cône de lumière d'un réverbère. Cet endroit est comme un retour aux sources, au point que certains poses et actes de Katia et David renvoient à la création du monde. Comme meilleur exemple, l'on citera cette séquence dans les rochers, lorsque le couple, nu, en ressort au milieu et s'y repose dans une position cyclique. Mais cette beauté plastique des lieux trouve sa continuité dans les rapports entre les deux amants ...
    En effet, comme déjà dans "L'humanité", Bruno Dumont s'emploie à dépeindre une sexualité crue, sans fard et maladresses, et pourtant jouissif. Le rapport sexuel paraît comme un lien fort entre David et Katia, comme l'assouvissement de leur désir, un contre-poids pour équilibrer avec leurs autres problèmes de couple. Effectivement, autant ils sont unis dans leurs ébats, autant leur communication est défectueuse et incertaine. Cela ne se limite pas aux simples difficultés de langue, puisque David, américain, ne parle que peu le Français et Katia, d'origine russe, le fait avec un accent parfois inintelligible, mais leur incompréhension résulte surtout des discussion qui tournent en rond. De même, cette barrière de langage s'érige d'une façon semblable et, à mon avis, tout à fait assumée, entre le spectateur et le film.
    Autant dire que "Twentynine Palms" n'est pas fait pour plaîre à tout le monde, une affirmation encore plus vraie en vue de la fin particulièrement choquante, à éviter aux âmes sensibles. Toutefois, Bruno Dumont réussit une fois de plus à faire un film éminemment personnel et fort qui dérange autant qu'il interpelle. Que son univers ait survécu à l'émigration n'est qu'un plus fort témoignage à son talent et son regard particulier !

    Vu le 3 octobre 2003, au MK2 Hautefeuille, Salle 2

  • 3.5