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Max

  • Max
    L'Allemagne en 1918 est encore complètement dévastée par la défaite récente qui mit fin à la Première Guerre Mondiale. Max, marchand d'art juif, a perdu son bras droit et ses névroses s'accentuent face au monde déréglé qui l'entoure. Au cours d'une exposition, il rencontre un autre vétéran, intelligent et instruit qui cherche à mettre en image l'expérience de la guerre, lui, qui a tout perdu à cause d'elle et qui cherche sa voie entre une ambition de peintre démésurée et son engagement politique fondé sur ses discours frénétiques et la méfiance antisémite. Son nom: Adolf Hitler.

Critique de tootpadu

  • Quel intérêt de faire un film sur la vie de jeune homme d'Adolf Hitler, ses tentatives de percer en tant que peintre et sa désillusion qui a mené au parcours politique que l'on connaît ? Est-ce qu'il peut y avoir des enjeux pertinents avec un personnage principal dont le destin est connu de tous et qui a une réputation fortement négative, pour rester poli, même si la politesse avec ce genre d'individu s'interdit d'elle-même ? Le parti pris de Menno Meyjes, de confronter Hitler, plutôt employé comme un personnage secondaire, à un personnage principal juif qui éprouve une sorte de sympathie pour ce jeune en quête de vérité, ne convainc que partiellement.
    En fait, le seul intérêt du film réside dans cet affrontement qui n'en est pas vraiment un, dans cette relation entre un fils de riche qui a appris dans la guerre que "tout le monde chie de la même façon", qu'il ne sert à rien d'être snob ou hypocrite, et un homme fortement complexé, embrouillé par mille idées dans sa tête, qui cherche à assouvir son talent présumé, au risque de faire de lui-même une oeuvre d'art politique complète. Cependant, les traits de caractère des personnages, et surtout de Hitler, manquent de clareté, au point que le futur dictateur devienne incrédible dans ses choix irraisonnable en conflit avec ses capacités de compréhension et de clairvoyance, telles que le film les dépeint. Naturellement, l'homme qui est responsable pour la mort de plusieurs millions d'être humains n'était pas fou, en tout cas pas au moment où se déroule le film, mais son esprit tortueux, sa folie propre, ne deviennent pas plus accessibles, voire compréhensibles, à travers "Max".
    Il reste une oeuvre d'une facture classique, dont seul le montage déconcerte de temps en temps (le champs/contre-champs de la première rencontre de Max avec sa maîtresse) et qui a comme seul attribut particulier et appréciable l'interprétation de ses deux acteurs principaux. A l'excès justifié de Noah Taylor, qui en fait un peu trop à certains moments et qui arrive presque à donner au rôle écrit sans fil conducteur une dimension impressionnante et terrifiante, à cet acte de bravoure haut en couleurs répond la retenue de John Cusack comme Max, profondément névrosé mais désireux de vaincre ses démons de la guerre à travers l'art.

    Vu le 26 septembre 2003, à l'UGC Forum Orient Express, Salle 5, en VO

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