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Hero (Ying Xiong)

  • Hero (Ying Xiong)
    Il y a deux mille ans, la Chine était divisée en sept royaumes. Chacun d'eux combattait les autres pour obtenir la suprématie, tandis que le peuple endurait la souffrance et la mort. De ces sept royaumes, Qin était le plus virulent. Le roi de Qin était obsédé par la conquête de la Chine et le désir de devenir son premier Empereur. Les autres royaumes dépêchèrent leurs plus redoutables assassins pour l'éliminer. Le seul nom de trois de ces tueurs suffisait à répandre la terreur : Lame Brisée, Flocon de Neige et Ciel Etoilé. A quiconque anéantirait ces trois assassins, le roi de Qin promit puissance et fortune. Pendant dix ans, personne n'y parvint. Lorsque le mystérieux Sans Nom se présenta au palais, avec en sa possession les armes des assassins abattus, le roi fut impatient d'entendre son histoire. Assis à dix pas du monarque, Sans Nom commença alors à la raconter... (Source Allociné)

Critique de tootpadu

  • Ce qui semblait au premier abord n'être qu'un "Tigre et dragon" de plus, à la distribution duquel il ne manquerait que Chow Yun-fat et Michelle Yeoh pour que la confusion et la répétition d'ennui seraient complètes, s'avère en fin de compte être une oeuvre fascinante qui célèbre le retour de l'enfant prodigue Zhang Yimou qui, après des films plus beaux les uns que les autres au début des années 1990 s'était fourvoyé plus récemment dans des oeuvres plus intimistes, lénifiantes et conformistes au point que l'on se désintéressait entièrement de son parcours. Admettons que son nouveau film puisse être mal compris comme une oeuvre de propogande au service de l'Etat chinois, qui justifierais ainsi une philosophie qui prône la suprématie des masses sur le bonheur individuel. Mais si l'on met entre parenthèses cet aspect du film, ou mieux encore, si l'on cherche à l'analyser à la lumière de la structure même du film qui, tel un "Rashomon" se permet son petit jeu avec la vérité et le mensonge, la voie est libre à l'admiration de ce que je n'hésiterais point à qualifier comme le meilleur film de l'année !
    Fresque spectaculaire avec des masses de figurants réels qui ne sont que rarement remplacés par des images de synthèse, et drame relationnel, voire intimistes, à la fois, cet "Héro" séduit par la maîtrise de ses moyens, par la capacité de Zhang Yimou d'imprimer à un film d'une ampleur gigantesque la beauté plastique à base des jeux de couleurs qui faisait la grandeur de ses films d'alors (à partir du "Sorgho rouge", en passant par "Judou", jusqu'à "Epouses et concubines"). Ainsi, chacune des histoires racontées se fonde sur une couleur précise, le rouge et jaune de la passion, le bleu de la trahison et le vert de la désillusion. Ces touchés épurées, en contraste avec l'obscurité et la sobriété du palais royal, sont magnifiées dans les scènes de combat qui, tout en restant dans les règles du genre, sont des exemples jubilatoires de l'adaptation du réalisateur dans un univers qui n'était guère le sien auparavant. Cependant, ces affrontements ne prennent jamais le dessus sur l'intrigue et s'intègrent plutôt comme la suite logique des récits. Inutile de s'émerveiller longuement ici devant la beauté plastique et la force de ces scènes, elles feront sans doute leur effet lors de la vision pour chaque spectateur attentif.
    Il n'empêche que "Héro" est plus qu'un 'wu xia pian' (film de sabre) conventionnel, puisqu'il met le déroulement de son histoire en parallèle avec celle avec un grand 'H'. Assumant d'emblée son statut de légende, et même plus, juste une légende parmi tant d'autres, il accède à un niveau d'universalité qui se détache de son cadre temporel et permet de voir plus clairement les implications qu'il veut transmettre, la vision qu'il a de l'existence humaine. Pour tous ceux que ces propos lorgnant vers la philosophie effrayent, soyez rassurés, le film marche également comme un simple divertissement somptueux, mais ignorer ses implications éthiques - tout en gardant dans l'arrière-pensée que la structure se saborde très volontairement et de façon assumée - , ce serait passer à côté d'un niveau supplémentaire de lecture.
    Enfin, techniquement parlant, le film est proche de la perfection, avec une photographie (de Christopher Doyle, chef opérateur habituel de Wong Kar-wai), des décors et des costumes des plus impréssionnants ! L'interprétation est également réussi dans un mélange d'acteurs de films d'action (Jet Li) qui s'essayent avec succès au drame et des acteurs plutôt confinés dans des rôles subtiles (le couple de "In the Mood for Love": Maggie Cheung & Tony Leung) qui manient habilement leurs lames.
    Dans l'année où il nous était finalement donné de découvrir "Pollock", trois ans après sa sortie, nous avons également l'immense plaisir de voir enfin le film que "Tigre et dragon", vieux de trois ans, lui aussi, aurait dû être débarquer sur nos écrans: une fresque puissante et subtile qui enchante les sens et éveille la tête !

    Vu le 25 septembre 2003, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 10, en VO

  • 4

Critique de Mulder

  • Critique élaborée à partir de critiques lues sur Allo Ciné et revue par mes soins.

    "Hero" est un film somptueux, qui transcende les "films de kung fu". Les combats sont chorégraphiés avec talent et magnifiquement filmés. Les acteurs sont tous excellents et se prêtent à merveille aux différents "tempéraments" successivement exposés.

    L'histoire avec ses tiroirs successifs, nous invite à une lecture distanciée et symbolique. La philosophie générale et la noblesse d'âme des personnages en font une épopée "tragique".

    Ce n'est pas un film de combat, mais un tableau vivant, des images époutousflantes, de la poésie dans chaque scène, des paysages de la Chine comme jamais vous n'en avez vu, du respect des hommes et des traditions.. Ce somptueux film de sabre sur les origines de l'empire du Milieu conçu comme une légende de chevalerie, d'une beauté à couper le souffle.

    En final, on assiste à un sommet de virtuosité visuelle où des combats époustouflants prennent place parmi des décors naturelles où tombent des feuilles mortes et des gouttes d'eau. Mais cet esthétisme cache mal un discours qui débouche sur l'apologie du pouvoir et du sacrifice.

  • 4