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Bande des quatre (La)

  • Bande des quatre (La)
    Quatre filles habitent ensemble dans une maison de la banlieue parisienne. Elles suivent toutes les quatre les cours de théâtre de Constance Dumas, où elles croisent encore Cécile qui faisait partie de la bande auparavant, mais qui s'en est éloignée pour suivre un prince charmant mystérieux. Lorsque un homme inconnu approche les filles pour retrouver Cécile, elles s'inquiètent et lui tendent un piège.

Critique de tootpadu

  • Film fleuve, comme toujours chez Rivette, qui traite à la fois du théâtre et des femmes, cette "Bande des quatre" permet de s'immerger dans ce monde particulier des actrices débutantes, un univers dont on ne sort qu'à travers des voyages en train de banlieue, répétitives et apparemment sans but. En effet, la durée du film se partage équitablement entre les cours de théâtre, donnés magistralement par Constance (Bulle Ogier), et la vie quotidienne des filles chez elles ou dans des cafés. Rivette prend toujours son temps, mais cette lenteur nullement pesante - apaisante plutôt - , facilite la connaissance des personnages, habilement dessinés, et approfondit cet environnement propre au réalisateur qui considère le théatre plus comme une oeuvre de création, d'interprétation que comme un spectacle. A ce propos, il est utile de souligner, qu'à aucun moment des spectateurs purs et simples n'assistent aux répétitions et que le film s'arrête bien avant que la pièce ne soit prête. A la limite l'on pourrait dire que le monde de la scène et celui de tous les jours co-existent dans ce film, qu'ils s'enrichissent mutuellement, cependant, sans se confondre ne serait ce qu'à la toute fin, lorsque l'intrigue policière prend le dessus sur l'espace hermétique du théâtre.
    Quant aux pérégrinations des filles dans la vie quotidienne - une fois de plus faudrait-il insister sur ces prises des trains, sans comédiens et sans réelle action - elles se servent d'un prétexte à fond policier pour faire tourner les quatre co-locataires autour de cet homme mystérieux qui donne à chaque fois un nom différent et qui prétend que Cécile soit mêlée à toutes sortes d'activités criminelles. Cet aura impénétrable fait écho aux indications parfois brumeuses de Constance qui veille également à préserver un côté secret. En observant les filles dans leur activité domestique, Rivette révèle également leur rapport à l'homme, en dépit d'une absence toute relative de la gente masculine dans ce film-ci.

    En dehors de quelques choix de mise en scène discutables, mais loins d'être inutiles (les trains, l'usage des inter-titres qu'au dernier tier du film), ceci n'est certes pas un Rivette majeur, quoique toujours un bon film. Il permet, entre autres, de revoir certains acteurs à leurs débuts (Laurence Côte, Nathalie Richard, voire Albert Dupontel dans un tout petit rôle méconnaissable) et de briller aux plus chévronnés (Bulle Ogier, Benoît Régent). En attendant le nouveau Rivette qui sortira dans les mois à venir ...

    Vu le 23 septembre 2003, au MK2 Hautefeuille, Salle 4

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